« Diantre ! les Français se sont rendu compte que c’était de l’esbroufe. » C’est ce que semble s’être dit Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, constatant la grogne des Français suite à l’annonce du train de mesures sécuritaires prises, dans la précipitation, par le CISR du 11 mai. « Le peuple râle, toujours réfractaire au changement et aux mesures de bon sens ? Passons-lui une noisette de pommade lénifiante », a pu conclure le premier flic de France.

Hier, lors du « Grand Rendez-vous » du « Parisien »-« Aujourd’hui en France » sur Europe 1, il a donc annoncé la pose future de « radars pédagogiques » sur le bord des routes. Des radars qui indiquent au conducteur la vitesse à laquelle il roule, mais qui ne flashent pas en cas d’excès.

"J’achète tout le stock !"
Il semblerait que la mesure, encore une fois, n’ait pas fait l’objet d’une réflexion poussée. Au moins pas au point de prendre contact avec les fabricants desdits appareils pédagogiques. C’est en tout cas ce que laisse penser un entrefilet du Parisien de ce lundi 23 mai 2011 intitulé « La bonne affaire d’un vendeur de radars ».

Dimanche à l’heure de l’intervention de M Guéant, Gérard Poirot, directeur commercial de la société Radars Eko, écoutait Europe 1 dans sa voiture. Entendant les intentions du ministre, il flaire effectivement la bonne affaire et, avec son patron, décide de prendre la direction des locaux de la station de radio. Objectif : présenter à Claude Guéant les produit de leur entreprise, des radars « pédagogique », justement.
« Quand le ministre est sorti, il nous a demandé comment ça marchait », relate M Poirot. « On lui a fait une démonstration. Il a dit : "C’est génial, vous en avez combien en stock ?" Je lui ai répondu qu’on en avait soixante, il m’a dit de tous les réserver ! »

Bref, on annonce une mesure et on réfléchit ensuite à sa faisabilité. Il y a comme un air de déjà-vu dans la méthode. Bien sûr, on ne doute pas que les fabricants de radars pédagogiques ne se seraient pas fait prier pour répondre en cas d’appel d’offre préalable à l’annonce. Mais voilà une anecdote qui tend à prouver que nous ne nous trompons pas trop lorsque nous évoquons la démagogie du ministre de l’Intérieur.

(Photo constructeur)

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