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Un faux témoignage accrédite la thèse du motard fou

jeudi 16 novembre 2006

Sur la route entre Annecy et Rumilly (74), le 9 octobre 2002. Franck, motard, s’apprête à dépasser une camionnette qui roule au pas et semble perdue. Le conducteur de l’utilitaire entame un demi-tour sur les « zébras », alors que la moto arrive au niveau de la cabine. Franck ne se relèvera pas.

Vu son ancienneté, nous aurions pu ne pas faire état de l’affaire. Mais ce qui a primé pour conclure l’enquête a de quoi laisser dubitatif.

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L’objet le plus souvent percuté par les motos est une voiture. Dans 50% des cas son conducteur n’a pas vu le motard. (NB : ceci n’est pas une photo de l’accident dont il est ici question)

Peu après l’accident, les gendarmes d’Alby-sur-Chéran arrivent sur place et établissent un constat. Aucun témoin de la scène ne se présente spontanément. Les gendarmes lancent alors un appel dans la presse locale. Danielle se présente et témoigne avec luxe de détails : « Le motard m’a doublé à toute allure, puis ne s’est pas rabattu ; et en arrivant en haut de la côte, il a percuté la camionnette de plein fouet. » C’est entendu, le motard roulait trop vite. L’affaire est classée, malgré les traces relevées sur les lieux de l’accident.

Encore la vitesse ! Sauf que…
Bruno, le père de Franck, ne croit pas à la version du soi-disant témoin. Il décide de faire ses propres recherches. Après la découverte de témoins oculaires, et après expertise judiciaire, il s’avère que les conditions de l’accident ne sont pas celles retenues par la gendarmerie. C’est bien le chauffeur italien de la camionnette qui est en tort. Il sera condamné à 8 mois de prison avec sursis, 1500 euros d’amende et 1 an d’interdiction de conduire sur le territoire français.
En juillet 2005, Bruno a porté plainte pour témoignage mensonger. Sans suite pour le moment.

Pas question ici de fustiger les enquêteurs ou la justice, qui n’auraient pas mené les investigations et rendu le verdict avec tout le sérieux requis. Force est surtout de constater que l’image du motard fou de vitesse est profondément ancrée dans l’inconscient collectif. Au point, ici, de faire occulter des éléments qui contredisaient les dires du prétendu témoin.

Willy, correspondant 74, avec G. Acerra

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