Premier semestre du marché 2RM en France : chiffres, perspectives et évolutions
Par Nicolas Baudon
16 juillet 2025
Le point presse de la CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle) a été l’occasion de faire le point sur la situation du marché du deux roues motorisé (2RM) au premier semestre en France, entre repli conjoncturel et rôle clé du 2RM pour la mobilité.
Lors de son point presse du 10 juillet, la Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle (CSIAM) a livré son bilan du marché du 2 et 3RM après un premier semestre 2025 en repli. En effet, le secteur des motos et scooters recule, bien que son rôle dans la mobilité reste plus que jamais d’actualité.Sur le marché européen, les ventes de cyclomoteurs plongent de -19,3 % et celles des motos baissent de -6,9 %.
En France, on note une chute de -29,4 % pour les cyclomoteurs (21 341 unités contre 30 215 en 2024) et de -14,4% pour les motos (98 182 unités contre 114 728 en 2024).Les causes sont multifactorielles. Après un retour à la normale post-COVID, le climat économique et géopolitique pèse sur les consommateurs. Logique, d’autant plus que la concurrence des vélos et trottinettes électriques, plus économiques et accessibles à l’achat, concurrencent les 2RM en milieu urbain. Un repli également accéléré fin 2024, par l’immatriculation des véhicules Euro 5 à l’arrivée de la norme Euro 5+.
Petites cylindrées et 3RM en retrait, reprise pour les moyennes et grosses cylindrées
En France, le marché du 2RM de 50 à 125 cm3 accuse un sérieux coup de frein, avec -29,4% pour les cyclomoteurs et -16,6% pour les motos légères. Seules les petites motos électriques progressent avec +12,8%. Les scooters 3RM 300-500 cm3 évoluent positivement (+13,8%) bien que le résultat global de ce segment soit en chute libre avec -40,9% par rapport à 2024.
Ceci dit, le marché des motos et scooters de plus grosses cylindrées envoie des signaux positifs. Tandis que les ventes motos ont un recul modéré (-12,2%), les scooters 300-800 cm3 progressent (+8,7%).
Des freins structurels à lever
Malgré leur attrait, les motos et scooters font face à de nombreux obstacles. D’abord économiques (assurance, financement du permis de conduire, coût du véhicule et entretien) mais aussi politiques, avec un manque d’intégration du 2RM dans le paysage de la mobilité : stationnement, fiscalité, infrastructures… Bien qu’il soit une solution de mobilité pertinente à tous points de vue.
Sacha Houlié, député de la Vienne :
Le permis moto n’est pas un luxe, ni un loisir : pour beaucoup, c’est la seule solution de déplacement viable pour accéder à un emploi, à une mission, ou à une formation. C’est une réponse concrète aux déserts de transport, aux contraintes des ZFE, au coût d’usage de la voiture, et à la nécessité de se déplacer plus rapidement, plus sobrement, plus intelligemment.
La FFMC, présente dans la salle s’est félicitée de l’accent mis sur la prise en compte de la moto-solution dans les problématiques de transport et présenté sa campagne de communication pour agir sur les comportements lancée lors du salon de Lyon sur les motards « super héros de la mobilité« .
Une campagne pour changer les mentalités dès septembre 2025
Pour contrer les clichés sur les motos et scooters et remettre ce moyen de transport au cœur des solutions de mobilité, la CSIAM prévoit une campagne nationale de sensibilisation dès septembre 2025. L’objectif est de faire reconnaître le 2RM et 3RM comme une solution intelligente et durable, un levier clé pour la transition des mobilités, appuyé par des chiffres et des exemples concrets.






