L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a annoncé, le 10 novembre, une hausse de la mortalité routière de 7,2 % en octobre 2015 : 372 personnes ont perdu la vie sur les routes de France contre 347 en octobre 2014, soit 25 personnes décédées de plus qu’au mois d’octobre 2014.

« Les autres indicateurs de l’accidentalité du mois dernier sont orientés à la baisse », poursuit l’ONISR :
- les accidents corporels diminuent de 12 % : 4.949 en octobre 2015, contre 5.627 en octobre 2014, soit 678 accidents avec blessures en moins ;
- le nombre de personnes blessées sur les routes recule de 10,5 % : 6.207 personnes le mois dernier, contre 6.933 en octobre 2014, soit 726 personnes blessées en moins ;
- le nombre de personnes hospitalisées diminue quant à lui de 9,3 % : 2.257 personnes ont dû être admises plus de 24 heures dans un établissement hospitalier après un accident de la route en octobre 2015, contre 2.488 en octobre 2014, soit 231 hospitalisations de moins.

Dramatique accident de car
Parmi les 372 décès figurent les 43 victimes du terrible accident survenu le 23 octobre à Puisseguin (33). « Cet accident est le plus meurtrier survenu en France depuis la tragédie de Beaune, en 1982, au cours de laquelle 53 personnes avaient perdu la vie », précise la Sécurité Routière.

Loin de nous l’envie d’occulter ce drame qui a choqué la France entière. Il conviendra toutefois de nuancer le chiffre de ce mois d’octobre 2015. Si l’on retire ces 43 victimes, le nombre de décès sur la route s’élèverait (provisoirement) à 329 tués. Octobre 2015 serait considéré comme bon car affichant une statistique en baisse par rapport à octobre 2014.

Un accident aux conséquences si lourdes montre la limite de l’utilisation de ces statistiques : hausse, baisse, quel rapport avec les faits ? En fin d’année, le lourd bilan humain de Puisseguin sera noyé, par les ordinateurs, dans le chiffre total des décès routiers. On calculera une hausse ou une baisse globale du nombre de tués sur la route en France en 2015, et le politique en déduira qu’il y a urgence à agir, s’emportant sur des mesures répressives de court-terme.

Pour les motards, tendance plutôt bonne
C’est ce qui se passe avec la moto : la Sécurité Routière considère que, les motards représentant 24 % des tués, c’est trop, il faut agir. Pourtant, le nombre de décès en un an dans cette catégorie d’usagers de la route (comme on dit à la Sécurité Routière) n’a jamais été aussi bas, et le dernier bilan produit par l’ONISR le confirme : 595 décès entre octobre 2014 et octobre 2015.

Au passage, on constate que même les statistiques sont fragiles : le mois dernier, l’ONISR publiait le bilan du mois de septembre 2015. Le graphique de la catégorie moto affichait le même nombre de tués qu’un mois plus tard : 595, entre septembre 2014 et septembre 2015.

Or, en ce mois de novembre, le graphique moto produit par l’ONISR affiche 602 tués entre septembre 2014 et septembre 2015. Pourquoi ? Il s’agit d’un résultat en « année glissante », c’est-à-dire qu’entre la publication des deux tableaux, 7 personnes de plus sont décédées d’un accident survenu fin septembre 2015.

Cela n’a pas autant d’incidence que le drame de Puisseguin, mais remet en cause la stratégie de sécurité routière basée sur la communication de ces chiffres chaque mois, puisqu’ils sont approximatifs.
En résumé, la politique de sécurité routière en fonction des statistiques a tout d’une politique au pifomètre. Ou au radar…

La bagnole mérite des torgnoles

Les motards sont les vilains petits canards de la sécurité routière mais que dire des automobilistes ! Si l’on en croit le rapport de l’ONISR publié ce 10 novembre, le nombre de tués en voiture repart bigrement à la hausse : 1.809 entre octobre 2014 et oct. 2015, contre 1.795 entre septembre 2014 et sept. 2015. Le nombre de tués en voiture était à 1.652 entre oct. 2013 et oct. 2014. Bigre, voilà qui alourdit le bilan. Pour des véhicules légers...

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