La plupart des observateurs retiendront que le nombre de tués sur la route a augmenté de 2,4 % en 2015 par rapport à 2014 : 3.464 morts en 2015, 80 de plus qu’en 2014. Même si un seul sinistre a abouti à 43 vies perdues (l’accident de car de Puissegin), et si les accidents corporels sont moins nombreux : 56.109 en 2015 contre 58.191 en 2014 ; le nombre de blessés suit la même voie : 70.442 en 2015 contre 73.048 en 2014.

Si l’on zoome sur notre catégorie de véhicules, motos et scooters s’en tirent bien : le nombre de décès est en baisse de 1 %. Nous avons à déplorer 619 morts en 2015, contre 625 en 2014.

Météo favorable
Un bon score, en dépit d’une météo favorable à la pratique du deux-roues. « La mortalité motocycliste est quasiment stable par rapport à l’an passé », constate l’Observatoire interministériel de sécurité routière (ONISR), dont les résultats confirment l’importance du facteur météo : « Un mois de juillet très beau, donc accidentogène, a contrasté avec un mois de septembre particulièrement pluvieux et orageux, pendant lequel la pratique de la moto a été réduite ».

En 2015, les autres usagers vulnérables ont vu leur accidentalité en diminution : -5 % chez les cyclistes (151 décès), -7 % chez les piétons (463 décès) et -10 % chez les cyclomotoristes (149 décès).

La répression, un leurre ?
Face à la hausse du bilan global, le ministre de l’Intérieur veut montrer qu’il agit. « Ce constat vient conforter le plan gouvernemental de 26 mesures en faveur de la sécurité routière que j’ai présenté il y a un an et les 55 mesures décidées par le comité interministériel du 2 octobre : priorité à la lutte contre les comportements dangereux, et en premier lieu contre les excès de vitesse, avec une stratégie radar forte », indique Bernard Cazeneuve dans Le Parisien du 27 janvier 2016.

À lire : 26 mesures du 26 janvier 2015, celles qui concernent les motards et scootéristes

À lire : CISR du 2 octobre 2015, Manuel Valls durcit le ton et les motards sont visés

Le leurre des radars…
« Elle permettra le déploiement dès le début février de zones de radars leurres, poursuit Bernard Cazeneuve. Il s’agit de zones de contrôle, toujours signalées par un panneau, au sein desquelles des radars seront présents ou non. Cela permettra de multiplier par quatre le nombre des zones protégées. Le nombre de radars fixes va également augmenter, pour atteindre 4 700 d’ici trois ans ».

Persistant dans la surenchère répressive, le ministre dégaine donc les « radars leurres » : des boîtiers vides qui ont l’avantage de ne pas coûter très cher… Aucune mesure de prévention et d’éducation n’est avancée.

Le ministre explique qu’il pense toujours parvenir 2.000 décès routiers en 2020… Sera-t-il encore à son poste en 2020 ? Qu’importe, il annonce un triptyque des plus classiques : « des contrôles extrêmement durs, la sensibilisation dès le plus jeune âge, notamment à travers le développement de la conduite accompagnée facilitée par la réforme du permis de conduire, et la lutte sans relâche contre les conduites addictives ».

Et les motards dans tout ça ?
Cette augmentation des décès va mettre sous pression le délégué à la Sécurité routière du gouvernement en 2016. Mais l’injonction de son ministre à poursuivre une politique répressive confortera Emmanuel Barbe dans ses orientations vers la répression contre les motards, et tant pis si ceux-ci ne représentent pas la catégorie la plus accidentogène.

« Les usagers vulnérables représentent toujours 40 % des personnes tuées et 70 % des personnes grièvement blessées alors que leur proportion dans le trafic est très faible », commente la Sécurité Routière dans ce communiqué du 27 janvier 2016. On sait ce que cela signifie…

Les mesures défendues par le ministère de l’Intérieur et son délégué Sécurité Routière restent le contrôle technique à la revente d’un 2-roues, l’obligation échelonnée du port d’équipements de protection, mais aussi le bridage de la puissance d’une moto à 47,5 chevaux pour le novice titulaire du permis A.

Pas de raison que ça change, même si le problème de fond réside plus du côté des jeunes automobilistes, pour ne citer que celui-ci. La moto s’intègre à un ensemble qui est en hausse, et l’homme politique doit montrer qu’il agit. Pour lui, c’est plus facile de viser les conducteurs vulnérables…

Complément d’information

- La FFMC dénonce « un discours dur »

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