Comparatifs

Outre son moteur de GSX-R, elle arbore un bras oscillant tout alu, un habillage design et un tableau de bord ultracomplet. Un long menu déroulant qui pousse doucement la Yamaha FZ6 vers la sortie. Pourtant, la marque aux diapasons a toujours été leader sur ce terrain.
- Sa première 600 Fazer (1998) a fait un tabac en réussissant à réunir performances et facilité d’usage. Sa remplaçante FZ6 (sans carénage), plus exclusive et équipée du moteur de la R6, a donc la lourde tâche de relever le défi des roadsters sportifs depuis 2004. Son « ancienneté » ne démérite pas.

Prise en mains : idéales au quotidien

C’est pour cela qu’on les aime ! D’une prise en mains immédiate, nos deux machines sont vraiment idéales pour le quotidien. Dès les premiers tours de roues, on a l’impression de les conduire depuis toujours. Les raisons : une selle à hauteur raisonnable, un triangle repose-pieds/assise/guidon plutôt confortable, qui bascule le buste juste ce qu’il faut sur l’avant pour la touche de sportivité et, enfin, un poids avec le plein à peine au-dessus des 200 kg. Parfait pour un conducteur ayant déjà fait ses armes sur une « moto du permis ». De plus, un U passe sous la selle. Pas si courant.

Moteur : le velouté de la GSR

Au regard du tableau des reprises, la nouvelle Suzuki est tenue en respect par le performant 4-cylindres de la FZ6. Sur la route, cela se traduit par des relances bien plus musclées à la remise des gaz, sur un rapport de boîte identique bien sûr. Mais ce succès a un revers. Le conducteur de la Yamaha doit en effet composer avec des vibrations moteur et un comportement rugueux lors des montées de régime.
- À l’inverse, le conducteur de la Suzuki profite d’une mécanique au velouté exemplaire. Les montées en régime sont plus agréables, le filtrage des vibrations est efficace (à peine persistent-elles dans le guidon au-dessus de 70 km/h) et la sonorité se montre plaisante, bien moins métallique que sur la FZ6. Pour enfoncer le clou, la boîte de la GSR est plus rapide et plus silencieuse que celle de sa rivale parfois trop ferme.
- Ainsi, la GSR se fait presque pardonner son manque de « niaque » et une injection mal gérée sur le filet de gaz par son bon caractère. Issus de sportives, ces moteurs tournent vite (7 000 tr/min à 130 km/h), mais savent économiser le carburant avec une conso qui tombe sous les 5,5 l/100 en balade. Un bon point pour qui roule beaucoup.

Comportement : la FZ6 assure

Si la GSR recueille la majorité des suffrages à allure normale grâce à un train avant vif et facile qui rend la rend joueuse, elle déçoit quand l’allure augmente. Là, la FZ6 prend les commandes des opérations avec des suspensions certes dénuées de réglages en hydraulique, mais diablement efficaces. Quand il faut garder une marge de chaque côté de la route avec une Suzuki au train avant légèrement flou, la Yamaha trace sa trajectoire avec assurance. C’est d’autant plus élogieux que cette dernière est chaussée de pneumatiques routiers (Bridgestone BT 020) alors que la Suz propose des performants et sportifs BT 014. Mais le quotidien n’est pas ponctué de spéciales de rallyes.
- La GSR séduit, elle, avec cette partie-cycle moderne (superbe bras oscillant) et facile à emmener, notamment en ville. De plus, elle peut se prévaloir d’un équipement vraiment plus valorisant. Pour exemple : son système de freinage avant à étriers 4 pistons opposés, contre des doubles pistons juxtaposés sur la Yamaha.

Verdict

Conçus pour convenir aux balades dominicales comme aux trajets quotidiens, ces deux roadsters assurent brillamment leurs fonctions : à l’aise en ville par leur petit gabarit et efficaces sur route grâce à une conception sérieuse. Pour autant, ce n’est pas bonnet blanc et blanc bonnet.
- La GSR est plus moderne et son équipement pléthorique relègue sur ce point la FZ6 en deuxième division. En revanche, son moteur est moins coupleux et sa partie-cycle « tout alu » est bien mal servie par des suspensions souples. La FZ6 reprend l’ascendant en conduite sportive avec un meilleur coffre et un comportement routier plus rassurant.
- Côté tarif, la Suzuki se monnaie 7 199 euros contre 6 690 euros pour la Yamaha. Une différence de 500 euros : le prix du bras alu ? Un regret dans cette catégorie : l’adoption de l’ABS n’est toujours pas au programme.

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