Sur la route ou en voyage, il manquera toujours l’outil nécessaire – et parfois la compétence – pour réparer les vraies pannes. Mais quelques accessoires, bien choisis, peuvent faciliter la vie et éviter les petits ennuis.
La sélection commence à la maison. Détaillez la trousse d’origine. Les outils y sont rarement de qualité, mais leurs dimensions donnent une piste de ce qui est nécessaire pour réaliser l’entretien courant (Étape 1). Certaines trousses ne comportent que deux clefs BTR et un tournevis minable, sur des motos pourtant souvent très chères !
Effectuez le réglage des suspensions, surtout sur le ressort arrière, en prévision du duo et des bagages. L’été, la chaleur vient à bout des amortisseurs fatigués, et la moto perd de la garde au sol dans les bosses. Ajoutez à la trousse les outils nécessaires à ces réglages, pour les adapter au besoin en route (Étape 2).
La trousse d’origine est souvent insuffisante, même pour des interventions très simples.
Simulez à la maison l’accès aux éléments cruciaux, et retenez les outils nécessaires.
Bien sûr, ne partez pas avec des consommables en fin de vie : pneus, freins, huile…
1 L’examen de la trousse à outils révèle souvent son indigence, mais donne une indication des dimensions utiles aux opérations courantes. Vérifiez qu’il y a de quoi régler les commandes, les rétros, la chaîne, et accéder à la batterie et aux fusibles. Au besoin, remplacez les outils par les mêmes de meilleure qualité.

2 Le réglage des suspensions est à faire avant le départ. Et principalement celui du ressort arrière, souvent peu accessible. Faute d’une clef bien adaptée d’origine, procurez-vous en une à l’avance. Un excellent investissement pour adapter facilement à l’avenir le ressort au solo/duo.

3 Les outils d’origine ne permettent pas toujours le réglage de tension de chaîne. Il manque parfois les clefs pour desserrer l’axe de roue. Dans ce cas, privilégiez une douille et son manche au carré de 3/8” (env. 10 mm), qui avec quelques autres prennent moins de place que les clefs correspondantes.

4 S’il n’est pas question de faire de grosses réparations, il serait dommage de gâcher une belle journée de vacances pour une simple vis baladeuse : rétro desserré, levier qui descend tout seul, habillage flottant, etc. Généralement, deux ou trois dimensions d’outils permettent d’y remédier. Sont-ils dans la trousse ?

5 Vérifiez à la maison l’accès à la batterie, la propreté et le bon serrage de ses bornes. Ceci peut éviter des faux contacts sources d’aléas mystérieux. Par ailleurs, les fortes chaleurs sont peu appréciées de la batterie. Si par malheur celle-ci rend l’âme en route, la manipulation vous aura toujours permis d’avoir les outils nécessaires à son accès.

En étant raisonnablement optimiste, vous n’aurez en chemin qu’à vérifier les niveaux d’huile, graisser la chaîne et la retendre. Simulez la tension de cette dernière, corrigez-la au besoin (Étape 3). Elle ne devrait pas demander d’ajustement ensuite. Veillez à laisser assez de mou, car on tend souvent trop (Moto Mag n° 261). Un kit tubeless, peu encombrant, permet par ailleurs de réparer provisoirement une crevaison, roue en place.
Même sans provoquer une vraie galère, une simple vis baladeuse peut jouer des tours pénibles : rétroviseur qui se dérègle ou cocotte de frein qui pivote. Vérifiez d’avoir de quoi les régler (Étape 4). Ajustez les commandes main/pied en route peut d’ailleurs être souhaitable, car un trajet plus long que d’habitude peut mettre en évidence une position inconfortable : poignets « cassés » à cause d’un guidon mal positionné, ou vitesses loupées à cause d’un sélecteur trop haut, par exemple.
Toujours à la maison, vérifiez l’accès aux ampoules (MM n° 264) et aux fusibles, et prévoyez en de rechange. Assurez-vous d’atteindre facilement la batterie : les fortes chaleurs lui sont parfois fatales (Étape 5). Bien sûr, ajoutez à la trousse les outils adaptés. Un « accessoire » parfois bienvenu, si la station est plus loin que prévu, est une durite transparente de 1 m, pour siphonner le réservoir d’un collègue. Enroulée, elle se loge aisément sur la moto. Enfin, une réserve d’essuie-tout fait merveille pour se laver les mains après toute cette mécanique. Et une feuille humide, appliquée trois minutes à la pause sur l’écran, fait décoller sans efforts les moucherons récoltés en route. Bon voyage !

La marque Leatherman a presque donné son nom à ce genre d’outil. Il en existe de toutes sortes, auxquelles s’ajoutent les couteaux suisses exhaustifs. Leur utilité dépend de la qualité de fabrication : pince qui se tord, lame qui ne coupe pas, absence de cran d’arrêt sur les outils… Même avec un bel objet, il est illusoire de penser détenir une boîte à outils. La pince permet toutefois d’extraire des fusibles peu accessibles avec les doigts, d’ouvrir un bouchon-jauge à huile récalcitrant, ou de ressertir une cosse. Le couteau, lui, peut dénuder un fil coupé pour faire une épissure. Reste bien sûr les usages domestiques (poinçon pour dénouer des nœuds, ouvre-boîtes…). Nous avons même eu besoin en essai d’un tel couteau-pince pour ôter la vis qui donne accès à… la trousse à outils d’une 750 Custom. Un comble !

Phil Defer - 22/08/2011
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