Ça se précise pour la circulation interfile (CIF) des deux-roues motorisés (2RM). Les modalités de l’expérimentation ont été détaillées par le ministère de l’Intérieur aux préfets de région et de département concernés, via une note écrite de 13 pages que s’est procurée Moto Magazine.

Voici ce qu’il faut retenir :

  • La CIF sera expérimentée sur des autoroutes et routes à caractéristique autoroutière des départements de l’Ile-de-France, du Rhône, des Bouches-du-Rhône et de la Gironde. Ces secteurs ont été choisis puisque leurs routes connaissent une congestion récurrente. Les préfets devront déterminer les sites d’implantation précis des dispositifs.
  • L’expérimentation débutera à l’automne 2015, après acceptation des textes réglementaires par le Conseil d’État et publication de ces textes, puis installation des capteurs de comptage sur les voies sélectionnées par les préfets.
  • La CIF ne sera autorisée que sur les routes et autoroutes sans croisement, à deux chaussées séparées par un terre-plein central et dotées d’au moins deux voies chacune.
  • Est appelée « interfile » une circulation entre les deux files de véhicules situées sur les deux voies ayant le même sens de circulation et étant situées le plus à gauche d’une chaussée.
  • Seuls seront autorisés à rouler entre les files, les véhicules de catégories L3e et L5e et d’une largeur limitée à un mètre maximum. Ca passe juste pour les Honda Goldwing des motos-taxis…
  • La vitesse entre les files est limitée à 50 km/h.
  • Pour remédier au défaut de saillance visuelle des 2RM, il est proposé que les conducteurs de ces véhicules puissent « utiliser leurs feux antibrouillards lorsqu’ils circulent en interfile ». Permission louable, qui ne concerne qu’une minorité de machines équipées de cette option. Ne revenons pas sur la méconnaissance de nos chers motos et scooters par les fonctionnaires. Mais rappelons que les warnings et autres clignotants ne sont pas habilités à remplacer les antibrouillards.

Dans les Yvelines, ça commence mal…
Recevant cette missive, les préfets l’interpréteront à leur façon. Et certains se montrent déjà prêts à en profiter pour contrôler les conducteurs de motos et scooters, ce qui n’est pas l’objectif de cette expérimentation.

Le premier exemple vient des Yvelines où, d’après le quotidien Le Parisien, le préfet Érard Corbin de Mangoux, à l’annonce de cette mesure, a promis que les « imprudents allaient être traqués ». Comprenez un renfort de contrôles pour savoir si les motards respectent bien les 50 km/h maximum…

Le représentant de l’État a qualifié les usagers à 2RM de « pilotes », sous-entendant qu’ils prenaient bien des risques. Les préjugés ont la vie dure, et les associations défendant les conducteurs auront fort à communiquer pour les faire cesser.

- À lire, l’interview du délégué du gouvernement à la Sécurité routière qui explique l’expérimentation de la CIF

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