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Testées depuis plusieurs mois en Normandie, les voitures-radar privatisées sont rentrées en fonction ce matin. Difficilement détectables dans la circulation, conduits par un prestataire privé 6 à 8 heures par jour (contre 1h30 pour un radar embarqué confié aux forces de l’ordre), ces nouveaux pièges promettent une rentabilité hors pair par rapport aux radars embarqués traditionnels. Un pas de plus dans la politique de répression routière.

Redoutable d’efficacité
Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, a fait le déplacement à Évreux vendredi 20 avril pour le lancement officiel sur nos routes de l’ultime trouvaille de la Sécurité routière. Annoncée depuis des mois, la voiture-radar privatisée est désormais opérationnelle en Normandie. Il faudra donc redoubler de vigilance pour ne pas risquer de perdre points et euros. Conduites par une seule personne - un salarié du secteur privé donc, en l’occurrence de la société Mobiom - ces voitures ne se distinguent que très difficilement des autres véhicules en circulation. Son radar est dissimulé sous la plaque d’immatriculation, son flash infrarouge ne flashe pas et elle est capable de constater l’excès de vitesse d’un véhicule la dépassant ou arrivant de face.

Rassurer l’usager
Face à un tel arsenal, dont l’efficacité n’a d’égal que l’impopularité, la sécurité routière se veut rassurante. Ainsi, avant de prendre son service, le conducteur devra souffler dans un éthylotest anti-démarrage. Il s’agit sans doute ici de se prémunir de tout scandale, ce que n’a pas su faire Paris en confiant le contrôle de son stationnement notamment à Streeteo dont certains agents ont été contrôlés positifs au cannabis. Le Ministère de l’Intérieur nous indique également que les sociétés privées ne sont pas rémunérées au nombre de flashs, dont le conducteur de la voiture lui-même ignore s’il s’est déclenché ou non. Il n’y aura donc pas de culture du chiffre nous assure-t-on. Pour éradiquer toute tentation de zèle de la part du prestataire, la Sécurité routière précise que le prestataire s’expose à une amende de 1000 €/jour s’il ne circule pas à la vitesse adaptée ou s’il s’écarte du parcours que lui impose son GPS. On nous précise enfin que les marges de manœuvre sont doublées par rapport aux radars fixes. Ainsi à moins de 100 km/h, la marge technique est de 10 km/h et, au-delà de 100 km/h, cette marge est de 10%. Alors rassurés ?

Bientôt partout en France
Si les Normands sont les premiers à faire les frais d’une telle technologie, ils ne tarderont pas à être rejoints par toute la France métropolitaine. Le Ministère de l’Intérieur prévoit d’équiper l’ensemble du territoire de sa trouvaille en 2020.

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