Essai
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Apparue en 2013, la Honda CB500F, héritière de la lignée CB et destinée aux permis A2, s’avérait trop politiquement correcte et linéaire pour être aussi sympa que l’ancêtre des années 90. Honda corrige le tir en 2016, décidé à montrer un roadster basique plus « agressif », pour se démarquer au milieu d’une concurrence dense dans ce segment de marché.

Percutante…
Le constructeur nippon a surtout travaillé le design : la ligne est clairement plus acérée. Ça se joue sur des détails par rapport à la CB500F de 2013 : caches latéraux et bloc phare présentent un coup de crayon plus sec, plus fin, inspiré manga. On dirait presque une petite Z.

La pointe arrière, modifiée elle aussi, s’achève par une optique à leds, tandis que plaque et clignotants sont supportés par une fine structure métallique. Les repose-pied dédiés au passager passent à l’alu. Globalement, comme sur la version 2013, la finition reste d’une propreté à souligner pour un 500 à 5 000 euros.

… mais peu pratique
Les aspects pratiques restent oubliés, et c’est dommage sur une CB500. Pas de poignée pour le passager mais une sangle « homologuée » traversant l’étroit strapontin arrière ; peu de place sous la selle pour loger une combin’ de pluie en sus du gilet fluo désormais obligatoire, voire un antivol U majuscule (seul un petit u rentre) ; quid des ergots où fixer une araignée, un tendeur ?

On le regrette d’autant plus que la marque ailée annonce un réservoir gagnant en volume par rapport à 2013 (16,7 litres) qui permet une autonomie d’environ 470 km sur un plein car cette moto est peu gloutonne. De quoi donner des ailes...

Prise en main facile
Avec cette CB 2016, la prise en main est facile. On monte sans peine sur cette basique dont la selle du conducteur culmine à 785 mm, accessible à tout gabarit. L’assise est confortable et même un grand trouve sa place entre repose-pied, galbe de réservoir et dosseret de selle. Les commandes tombent sous les gants comme une évidence. Une clé de contact, peu d’électronique et de boutons, ride by wire ou autre mode moteur… On comprend vite le mode d’emploi.

Légère et agile
C’est parti pour un parcours sur la fantastique route aux 600 virages qui débute à Carmona pour rejoindre le parc naturel du nord de Séville, dans le sud de l’Espagne. Alors, agressive la CB 2016 ? À l’usage, cette 500 au bicylindre délivrant 47,5 chevaux de puissance maxi à 8 000 tr/min se montre de facture aussi modeste que chez le concessionnaire. Mais d’une grande aisance.

Sur les calades des villages sévillans comme dans les virages recouverts d’un bitume lisse, on conduit sans peine, sans mauvaise surprise, dans une position agréable au guidon de ce roadster basique. Les 190 kg se font oublier, la CB500F est légère, maniable, agile, son cadre « diamant » en acier empêche qu’elle se désunisse, elle reprend à basse vitesse même si le moteur hoquette sous les 3 000 tours/min.

Quand l’allure s’accélère, quand les courbes se resserrent, l’aimable Honda reste dans sa ligne. Presque trop linéaire, elle rassurera les débutants, rattrapant par exemple un freinage sur l’angle. Les freins se montrent efficaces sans être mordants. Le levier est désormais réglable et l’ABS fait son office.

La moto reste homogène et son bicylindre, s’il ne procure pas d’époustouflantes montées d’adrénaline, n’est pas sans saveur. Il manque juste de caractère, notamment à bas régime. Ce qui ne devrait pas gêner les permis A2.

Verdict
Plutôt utilitaire mais assez valorisante par son esthétique, la Honda CB500F s’offre un lifting qui devenait déjà indispensable à cette moto d’entrée de gamme souffrant d’une concurrence « A2 » assez large dans une plage de cylindrée entre 300 et 700 cm3.

Cette CB affiche de solides atouts pour convaincre néophytes et moto-écoles : un bon rapport qualité-prix (la Honda CB500F est vendue 5 599 euros), un moteur peu gourmand et une prise en main facile. Elle souffre peut-être d’une motorisation linéaire. Mais sans être aussi agressive que le voudrait le marketing de Honda, la CB500F devrait trouver son public et faire perdurer la mythique lignée « Cub Benly ».

Retrouvez l’essai de la Honda CBR500R 2016

(cliquez sur l’image)

Honda CBR500R : position sport

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Fiche technique

Honda CB500F 2016 (données constructeur)
Moteur
- Type : bicylindre en ligne, 4 temps, double ACT et 8 soupapes, refroidi par eau
Cylindrée : 471 cm3
Alésage x Course : 67 x 66,8 mm
Rapport volumétrique : 10,7 à 1
Puissance maxi. : 47,5 ch à 8 500 tr/min
Couple maxi. : 4,4 m.kg à 7 000 tr/min
Alimentation
Type  : injection électronique PGM-FI
Capacité de carburant : 16,7 litres (y compris réserve)
Transmission
Embrayage : multidisque en bain d’huile
Commande : câble
Boîte de vitesses à 6 rapports
Transmission finale : chaîne à joints toriques
Cadre : type Diamant en acier
Partie-cycle
Hauteur de selle : 785 mm
Garde au sol : 160 mm
Poids en ordre de marche : 190 kg
Suspensions
Avant : fourche télescopique ø 41 mm réglable en précharge, débattement 120 mm
Arrière : monoamortisseur Pro-Link réglable en précharge (9 positions)
Pneumatiques avant : 120/70 ZR17 M/C
Arrière : 160/60 ZR17 M/C
Freins Avant simple disque hydraulique ø 320 mm avec étrier 2 pistons, antiblocage ABS
Arrière : simple disque hydraulique ø 240 mm avec étrier simple piston, antiblocage ABS
Pratique
Coloris : Tricolore (bleu, blanc, rouge), Orange Candy Energy, Rouge Millenium, Noir mat
Prix : 5 599 euros

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