La colère gronde chez les représentants des formateurs moto ayant participé à la Concertation nationale sur les 2RM. La cause de leur courroux ? Une vidéo mal à propos, sur le site gouvernemental conduire-un-deux-roues.gouv.fr donnant la parole à un « expert » qui n’a pas participé à la concertation.
C’est un dégât collatéral de la Concertation nationale sur les deux-roues motorisés (2RM), que la Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) aurait difficilement pu prévoir : le collège des professionnels de la formation moto lui a demandé de retirer illico, de son site web, une vidéo diffusant des conseils de conduite. Il s’agit du film intitulé « La vitesse, vidéo d’un expert ».
Durant plus d’une année, les fonctionnaires de la Sécurité routière ont mobilisé tout ce que la France compte comme spécialistes de la moto. Parmi eux, les moniteurs qui enseignent les bases du permis A. Ces hommes et femmes qui se lèvent tôt, sortent par tous les temps pour éduquer nos jeunes, ont donné (souvent bénévolement) de leur temps, pour contribuer à poser les bases de la concertation.
Que la sécurité routière ne cite jamais l’AFDM, qui rassemble les pros de la formation qui ont pris part à la concertation, et lui préfère Monneret-Ultra Brite pour renvoyer l’ascenseur à AXA, c’est déjà salé. Surtout quand la nouvelle formation de 7h est pompée sur ce que fait déjà l’AFDM. Mais que Moto (...)
L’article « Tempête sous les casques » a déclenché nombre de réactions à la Sécurité Routière, mais aussi l’irritation de Philippe Monneret, qui a voulu répondre aux formateurs moto. Nous ne poursuivrons pas éternellement la polémique, mais rajouterons juste que l’article n’était pas destiné à critiquer un motard, Philippe Monneret. Il s’agissait bien d’une critique de la politique médiatique de la Sécurité Routière.
La formation moto Je fais de la formation moto depuis trente ans, et je m’appuie sur une équipe d’enseignants moto compétente et passionnée. Quant aux commentaires sur une formation low coast, je pense qu’il y a une incompréhension auprès du public. Evidemment, l’économie ne doit en aucun cas être faite sur la formation et la qualité des moniteurs mais grâce aux nouvelles technologies, je pense qu’on peut économiser et simplifier l’aspect administratif. Je ne vois pas pourquoi les élèves paieraient plus que l’essentiel : leur formation pour leur sécurité.
La médiatisation Oui, je joue la carte des médias. Mais si vous croyez que c’est facile, détrompez-vous ! A chaque fois que je propose un sujet sur la moto à TF1, je rame. Même dans l’émission « Auto-Moto », le 2-roues n’est pas la priorité et je dois les persuader. Je ne suis pas une star dans ce domaine, la moto est vraiment marginale à la télévision. J’ai la faiblesse de penser qu’à ma manière, je contribue à améliorer l’image du deux-roues auprès du grand public. Et tant pis si cela crée des jalousies au sein même du monde moto. C’est pareil avec le circuit du Castellet : j’ai dû batailler pour obtenir le droit d’y rouler en moto. Maintenant que nous avons réussi, ça me fait mal d’entendre des critiques. Le Castellet est mythique, ce circuit a accueilli le Bol d’Or pendant des années.
La Sécurité Routière Je n’ai pas demandé à faire une vidéo pour le site de la Sécurité Routière. Ils sont venus me chercher, je n’allais pas dire non.
Participation aux réunions de la Concertation Je suis vice-président du premier motoclub de France, Club 14 (qui regroupe les assurés en moto d’Axa). Nous sommes donc présents lors de la concertation, moi ou un autre membre du motoclub. Je veux bien prendre la parole sur une vidéo, apporter mon témoignage sur la formation, mais je ne vais pas passer une journée en réunion. Je suis un homme de terrain, plus que de réunions.
La FFMC Avec la FFMC, nous sommes d’accord sur l’essentiel, qui est la défense de la moto et des motards. Je le fais depuis trente ans au sein de l’entreprise Monneret Formation. Nous avons peut-être une approche différente mais je pense que la finalité est la même.
Mais voilà, début janvier 2011, ils s’aperçoivent avec stupeur que, sur le site www.conduire-un-deux-roues.g... (orchestré par la DSCR), le référent formateur moto (baptisé « expert ») qui apparaît en vidéo n’est pas l’un d’eux, mais Philippe Monneret. Un pilote reconverti dans la moto-école qui n’a, aux dires de plusieurs témoins, pris part à aucune réunion de la concertation. Monneret dispose d’une image, d’une aura, après avoir commenté les GP sur Eurosport, et présenté des vedettes en goguette sur deux-roues, dans l’émission Auto-Moto de TF1.
Ce qui irrite, c’est que l’éducateur arbore une chasuble rétro réfléchissante à l’effigie de son partenaire, l’assureur Axa. La pub à peine déguisée, pour la moto-école comme pour l’assureur, fait bondir les professionnels. Cette mascarade est diffusée sur un site Internet financé par les deniers publics, tout de même !
Le collège des pros du Conseil supérieur de l’éducation routière (CSER) a réagi en envoyant, le 18 janvier, un direct du gauche sous la forme d’un courrier électronique à la Sécurité routière. Il demande le retrait pur et simple de la vidéo sur le site en question.
Le CSER demande par ailleurs que Philippe Monneret ne soit plus désigné comme expert en formation. « Sur le site de son entreprise, il met en évidence ses propositions commerciales quant à la formation de 7h désormais obligatoire. Or, les 2h de théorie ne sont pas proposées », explique la missive-missile. « 1h dans l’un des "forfaits" et 30 minutes dans l’autre ! L’expert de la DSCR n’appliquerait-il pas les textes en vigueur ? »
Les formateurs reprochent également à Monneret de vouloir créer une moto-école « low-cost ». « Mettre en place des formations moto au rabais… Les professionnels du CSER savent bien ce que cela signifie en termes de qualité d’enseignement, de pérennité des acquis et d’impact sur l’accidentalité ! »
Loin de nous l’idée de faire un procès d’intention à une personnalité incontournable de la moto. On comprend toutefois l’ire des formateurs. D’un côté, la DSCR leur demande de plancher sur les fondements des permis deux-roues en France et de l’autre, elle met en avant un professionnel qui, d’après eux, n’applique pas ces fondements.
Par ailleurs, il est maladroit de laisser s’inscrire, sur un site public, le logo d’une entreprise privée. Cela a comme un goût de publicité subliminale. Même si l’image est diffusée à l’envers. Dans tous les sens, AXA se lit…
Nicolas Grumel - 27/01/2011
La FFMC a quitté la séance plénière de la concertation nationale sur la sécurité des deux-roues motorisés, le jeudi 31 mars. La fédération dénonce le double discours du gouvernement, qui prétend écouter les motards, tout en accentuant les campagnes de verbalisation.
Une trentaine de militants de la FFMC ont pique-niqué, ce 16 juin, sous la Grande Arche de La Défense (Hauts-de-Seine). Ils montraient aux fonctionnaires du secrétariat d’Etat aux Transports que les motards existent, en citoyens comme dans la circulation…
"Le respect des règles", une expression, un leitmotiv rabâché, qui énerve les représentants de la FFMC en cette réunion de rentrée 2010 de la concertation 2RM.
Les réunions sur la concertation 2RM avancent... Moto Mag zoom sur quelques problèmes avancés par les membres des groupes « causes et conséquences de l’accident » et « infrastructures ». Au programme, un défaut de statistiques et une culture pauvre des deux-roues motorisés.
Toutes les semaines, les réunions thématiques dans le cadre de la concertation des deux-roues motorisés (2RM) s’enchaînent. Motomag’ pioche dans ses comptes rendus les curieuses interprétations et propositions mises sur la table. Cette semaine, on apprend que les motards roulent bourrés, et l’arrivée de "quatre" nouveaux permis moto ! Le délire…