Une étude menée par l’Inrets et l’INVS remet en question les chiffres officiels du nombre des blessés sur les routes. Ces derniers seraient bien plus nombreux que ce qu’annonce la Sécurité routière.
L’Inrets (Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité) émet un sérieux doute concernant la véracité des chiffres officiels donnés par la Sécurité routière. À la suite d’une enquête menée par l’Inrets de Lyon, il s’avère que si les morts sont assez bien recensés, pour les blessés, on serait loin du compte.
Le gouvernement tenterait-il, en minimisant et biaisant les chiffres, de faire passer sa politique de sécurité routière pour plus efficace qu’elle n’est ? On n’ose l’imaginer. L’Inrets de Lyon a complété les données fournies par les « forces de l’ordre » avec les données médicales concernant le département du Rhône. Elles avaient donc besoin d’être complétées…
Des chercheurs de l’Inrets et de l’INVS (Institut de veille sanitaire) ont ensuite collaboré pour effectuer une projection de ces résultats sur la France entière.
« En France, comme dans les autres pays européens, les blessés de la route sont recensés par les forces de l’ordre, mais contrairement aux tués, leur dénombrement est incomplet et biaisé. » Ainsi est introduite la projection dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’INVS, paru le 6 mai.
encore un pretexte bidon pour augmenter le nombre de flash :-s.
Retrouvez un autre éclairage sur le sujet et un graphique comparatif dans Moto Magazine de juin (en kiosque le 29 mai)
Le DVD - Eviter les pièges de la route
Pour la période 1996-2004, on dénombre chaque année 514.000 blessés contre 150.000 indiqués par les forces de l’ordre. Pour 137.000 hospitalisés, la police n’en dénombre que 61.500. Quand la projection trouve 60.800 blessés graves, la police n’en « avoue » que 28.000.
Concernant les usagers de deux-roues motorisés et les cyclistes, les travaux des deux instituts démontrent que les handicapés – pudiquement dénommés « blessés avec séquelles majeures » – sont plus nombreux que les tués.
Si tout ceci se vérifie pour les périodes à venir, cela signifierait, en gros, que les pouvoirs publics, en privilégiant la répression n’ont pas choisi la bonne méthode pour obtenir plus de sécurité sur les routes.
La manne financière pourtant rapportée par cette politique de « radarisation » intensive aurait sans doute largement de quoi financer une formation et une prévention plus efficace.
Pascal Girardin, G.A. - 27/05/2008
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