Triumph 675 Daytona

Par Nicolas Baudon

1 février 2010

Radicale polyvalence. Finition exemplaire et fiabilité correcte, mais coût d’utilisation élevé. La Triumph 675 Daytona (2005 - 2009) étonne. En revenant aux fondamentaux du "triple" cher à la marque, la Daytona sème le trouble dans la meute des quatre-cylindres nippons. Un pari d’autant plus réussi que finition et fiabilité sont au rendez-vous.

| POUR | CONTRE |
| + Caractère moteur| – Position extrême |
| + Précision du châssis| – Confort |
| + Finition | – Souvent débridée |

Aujourd’hui, pour se démarquer dans la catégorie des hypersportives de moyenne cylindrée, il faut pouvoir jouer la carte de la polyvalence routière. C’est l’indéniable point fort de cette anglaise atypique, même si l’on ne peut rêver à un périple en amoureux avec armes et bagages… La 675 Daytona se contente d’un comportement intuitif, qui permet aussi bien de se rendre au travail les petits matins brumeux sans se muer en pilote de MotoGP que de jongler avec aisance entre le revêtement aléatoire des routes secondaires et le tarmac des circuits. Peu répandue, elle fait payer cette performance au prix fort, même en seconde main.

A surveiller :

S’il ne s’agit pas d’une opération généralisée à l’ensemble des machines en circulation, le débridage est assez courant, surtout sur les machines utilisées ponctuellement sur piste. Le contrôle de cette modification impose un démontage important pour vérifier la présence de la cale « légale ». Demander au vendeur de jouer franc-jeu ou solliciter un concessionnaire. Un rappel SAV a été effectué au deuxième semestre 2007 pour modification du circuit d’alimentation (pose d’un relais au niveau de la pompe à essence). Des fuites de liquide de refroidissement sont possibles. Vérifiez les raccords de durits sur le bloc (collier desserré), l’état du radiateur (impact), le niveau dans le vase d’expansion (surpression, dépôt opaque), ainsi que l’état du raccord supérieur en « T ». Les divers échappements adaptables peuvent occasionner une casse du support de plaque d’immatriculation. Faute d’une reprogrammation du boîtier électronique, ils peuvent aussi engendrer des à-coups à la remise des gaz et/ou des calages intempestifs. Plusieurs cas de valve d’échappement défaillante ont donné lieu à un remplacement sous garantie (câbles cassés, valve bloquée). Certains utilisateurs ont supprimé ou condamné cette valve, généralement dans l’optique d’une utilisation sur circuit (ou pour augmenter le niveau sonore…). Cette modification entraîne une perte de souplesse à bas régime et provoque généralement à terme l’allumage du voyant d’anomalie moteur. De rares cas de casse du haut moteur (soupapes, piston, bielle…) ont été pris en charge en SAV. Traquez tout bruit anormal au démarrage et moteur chaud, ainsi que volutes d’échappement chargées d’huile. Pour limiter les risques de déjaugeage en cas de niveau d’huile faible, un nouveau type de joint de carter inférieur a été commercialisé depuis fin 2008. S’assurer que cette pièce a bien été installée sur la machine convoitée (généralement à l’occasion de la dernière révision).

Points faibles :

Profiter de la 675 Daytona implique de ne pas lésiner sur l’entretien et la qualité des consommables, qui fondent comme neige au soleil en cas d’utilisation intensive. Une trésorerie solide s’impose… En ville, la position de conduite, en appui sur les poignets et avec une selle haut perchée (840 mm), ne facilite pas les manœuvres, surtout pour les conducteurs(/trices) de petit gabarit. En outre, elle ne fait pas l’unanimité en terme de confort et beaucoup de propriétaires déplorent qu’il faille un certain temps d’adaptation avant de trouver ses marques (sauf sur circuit, voir « Points forts »). Nombre d’utilisateurs estiment que l’instrumentation placée trop bas se révèle peu lisible (surtout le tachymètre). Le réglage des suspensions laisse plus d’un utilisateur démuni (pas de molettes ni de positions de préréglage type « route », « sport » ou « duo »), d’autant que l’outillage de bord se résume à un tournevis et une clef allen (la trousse à outils est une option facturée 49 €…). Enfin, d’aucuns soulignent certains détails agaçants au quotidien (pas de rangement pour l’antivol en U sous la selle, béquille latérale malaisée à déployer, tiges de rétroviseurs trop courtes…).

Points forts :

Après le caractère moteur qui recueille tous les suffrages, ce sont la ligne et la sonorité très typées de l’anglaise qui sont principalement citées comme arguments d’achat par les propriétaires.
Les anciens possesseurs d’hypersportives nippones apprécient le caractère plus coupleux du trois-cylindres à bas régime,
ce qui lui confère un avantage décisif lors des reprises face aux « quatre-pattes ». Comme il se doit, l’engin est une invitation permanente à fréquenter les circuits et peu s’en privent. Dans ces conditions, la position de conduite radicalement basculée sur l’avant permet de profiter au mieux d’une partie-cycle aussi homogène qu’incisive. La qualité des suspensions est unanimement louée, car elles travaillent en harmonie et sans rugosité quels que soient les types de revêtements (guidonages ou coups de raquette rarissimes). Ces spécificités font que la Daytona passe allègrement de la piste à la route sans sourciller, ce que certains se plaisent à souligner. Enfin, et comme c’est généralement
le cas sur les Triumph, le niveau de finition générale est très apprécié (peinture, assemblages, valves de roues coudées, durits « Aviation »…)

Au baromètre de l’occasion :

Tout ce qui est rare… (vous connaissez la suite de l’adage). Et dénicher une 675 Daytona au tarif de référence qui n’ait pas tâté du bitume se révèle une véritable quête du Graal ! Conséquence, il faut souvent consentir à une surcote de 15 à 20 % pour prendre le guidon d’un engin dans sa livrée d’origine et au passé limpide… Un vrai challenge !

Délai de revente : jusqu’à 3 mois

Premier prix en occasion : 6 500 €

Exemplaires immatriculés : 1 800

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Évolutions

2005

  • Après le flop de la 600 éponyme à quatre cylindres, la marque d’Hinckley revient à ses fondamentaux en présentant la 675 Daytona.
  • Le bloc moteur à trois cylindres en ligne et à injection électronique séquentielle multipoint est d’autant plus compact que la boîte de vitesses est constituée d’arbres superposés. Il développe 123 ch en version libre.
  • La partie-cycle est totalement inédite (treillis tubulaire en aluminium).
  • La fourche inversée (ø 41 mm, déb. 110 mm) et le monoamortisseur (déb. 130 mm) sont réglables en précharge, détente et compression.
  • Le freinage est confié à trois disques (avant ø 308 mm, étriers radiaux à 4 pistons ; arrière ø 220 mm, étrier simple piston).
  • Le réservoir contient 17,4 litres. Le kit de bridage en 34 ch est disponible sur demande (49 € + montage).

2008

  • Habillage redessiné et allégement général (- 3 kg).
  • Gestion moteur modifiée (zone rouge remontée de 450 tr/min, 128 ch en version libre). Freins optimisés (étriers monoblocs, maître-cylindre radial) et réglages de suspensions améliorés.
  • Version « édition spéciale » (SE) noire et dorée (jantes, décorations).

2009

  • Nouvelle SE avec habillage blanc et cadre bleu, pièces carbone, silencieux titane (Arrow) et shifter.

BUDGET :

L’entretien

  • Révision majeure Fréquence : tous les 20 000 km Coût : 450 €
  • Pneu avant de 4 000 à 15 000 km Moy. 10 000 km de 100 à 180 €
  • Pneu arrière de 5 000 à 10 000 km Moy. 8 000 km de 120 à 230 €
  • Plaquettes avant de 6 000 à 15 000 km Moy. 12 000 km de 25 à 90 €
  • Mâchoires arrière de 10 000 à 25 000 km Moy. 20 000 km de 20 à 60 €
  • Kit chaîne de 10 000 à 25 000 km Moy. 15 000 km de 150 à 280 €
  • Filtre à air/huile 35 €/15 €

*coût moyen avec : vidanges, filtres, bougies, vérifications et M.O.

La remise en état

  • Embrayage Moy. 40 000 km 160 € + 2h30 de M.O.

La casse

  • Rétroviseur 80 €
  • Clignotant 48 €
  • Levier d’embrayage 35 €
  • Levier de frein 55 €
  • Réservoir 710 €
  • Silencieux d’échappement 435 €
  • Boîtier d’allumage électronique 1 450 €

La TRIUMPH 675 Daytona idéale d’occasion :

Un modèle en configuration d’origine (échappement, bridage), équipé d’une selle confort (gel) et d’une bulle haute, deux accessoires « routiers »proposés en option constructeur.

Fiche technique :

  • Moteur 3 cyl. en ligne ref. par eau, 675 cm3, 4T, 2 ACT, 4 soup. par cyl.
  • Puissance 106 ch (78 kW) à 12 500 tr/min
  • Puissance vérifié MM 104,7 ch (77 kW) à 11 900 tr/min
  • Couple 7,3 m.kg (72 N.m) à 11 750 tr/min
  • Couple vérifié MM 6,7 m.kg (65,7 N.m) à 9 400 tr/min
  • Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disque ø 308 mm (4)
  • Frein Ar (étrier à x pist.) : ø 220 mm (1)
  • Poids tous pleins faits vérifié mm 187,8 kg
  • Poids à sec 165 kg

Consommation moyenne 6,5 l/100 km

 

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