Méca moto : remplacer un monoamortisseur

Par Nicolas Baudon

Phil Defer

31 mai 2015

Après quelques milliers de kilomètres, l’amortisseur arrière demande à être changé. Son accessibilité, problématique, peut également justifier son démontage pour un simple réglage de ressort. Méthode et astuces..

Procédez d’abord à un déshabillage en n’hésitant pas à retirer toute pièce gênante plutôt que de forcer pour accéder à l’amortisseur. Les vis des organes de suspension étant toutes serrées fort, commencez donc par débloquer celles qui le nécessitent (Étape 1) avant que la moto ne soit en équilibre.

Calage de la moto

Pour la facilité des opérations suivantes, la roue arrière doit à peine appuyer au sol. Il n’y a ainsi plus de contrainte dans les axes de suspension, ce qui aide beaucoup à les retirer et plus encore à les reposer par la suite : les diverses pièces s’aligneront ainsi très facilement. Pour ce faire, disposez quelques cales sous la béquille latérale, puis soulagez la moto côté droit à l’aide d’un cric ou d’une chandelle, pris sous le cadre ou une platine repose-pied (Étape 2). Si vous bénéficiez d’une béquille centrale, disposez simplement sous la roue avant une épaisseur de cales adéquate, pour là aussi faire touchoter le pneu arrière au sol.
Mise en garde : si vous travaillez couché au sol à côté de la moto (pas de table élévatrice), assurez la stabilité du calage de la moto avec le plus grand soin. À revérifier fréquemment, car la moto va bouger au cours de l’opération.

Extraction du combiné

Sous la moto, retirez maintenant la vis de fixation basse de l’amortisseur, préalablement débloquée (Étape 3). Puis demandez à un aide de retirer la vis supérieure (Étape 4). Selon les motos, l’amortisseur est alors facilement extrait par le bas (Étape 5). Sur d’autres, il faut libérer une vis de plus pour faire « pendre » les biellettes et ainsi libérer le passage. Il est même parfois plus simple de retirer en bloc l’amortisseur, le basculeur et ses biellettes. Dans ce dernier cas, débloquez les écrous des biellettes encore en place sur la moto : c’est bien plus facile qu’une fois l’ensemble en main.
Cas extrême : sur certaines motos récalcitrantes, l’amortisseur n’est accessible qu’après dépose du bras oscillant (premières Honda CBR 600 RR, par exemple).

Remontage

Il s’effectue tout simplement dans l’ordre inverse, en commençant par soutenir le combiné par la vis du haut, sans la bloquer. Si le nouvel amorto n’est pas identique (entraxe différent), reprenez le réglage de hauteur de roue. Le but est que les pièces de suspensions s’alignent parfaitement et que la repose des vis et axes s’effectue sans forcer. N’effectuez les resserrages finaux qu’une fois la moto sur ses roues. La dépose de l’amortisseur est aussi l’occasion d’examiner l’état des articulations de biellettes, ce que nous verrons le mois prochain.

Neuf, d’origine, adaptable ou reconditionné ?

Au moment du choix, un adaptable performant est souvent plus intéressant que certains équipements d’origine de piètre qualité. Si l’amortisseur d’origine vous a satisfait, vous pouvez envisager son rachat, ou sa réfection quand c’est possible. Si la base est bonne et l’amortisseur pas usé à l’extrême, le reconditionnement reste en effet le meilleur choix en matière de rapport qualité/prix. Pour une somme limitée, vous retrouvez un amortisseur refait à neuf, bien meilleur qu’un adaptable bas de gamme, voire dans certains cas meilleur encore que celui d’origine, car remonté à la main avec un soin supérieur à celui apporté à l’assemblage automatisé en usine.

A retenir…

  L’amortisseur est relativement facile à déposer sur la plupart des motos. 
  N’effectuez les blocages/déblocages, qu’avec la moto stable sur ses roues. 
  Assurez-vous de la stabilité du calage, et faites vous aider pendant les opérations.

Remplacer un monoamortisseur en 5 étapes

1) Débloquez toute la boulonnerie, qui est serrée assez fort, tant que la moto est stable sur ses roues. Il est bien plus facile de travailler à deux : un retient la tête de la vis, l’autre débloque l’écrou du côté opposé. À ce stade, ne retirez que les écrous et laissez les vis-axes en place.

2) Un calage adéquat facilite le démontage. Une cale sous la latérale évite que la moto ne penche trop à gauche. Soulevez-la ensuite légèrement du côté droit avec un cric ou une chandelle. Le but est que le pneu arrière décolle à peine du sol, mais libère quand même toute contraint sur les axes de suspension.

3) Une fois la moto calée à bonne hauteur et les vis débloquées, celles-ci viennent normalement sans effort. Au besoin, demandez à un aide de soulager légèrement le bras oscillant, et d’assurer également la stabilité de la bécane. Ne travaillez jamais seul sous la moto qui est en équilibre précaire.

4) Après avoir retiré son écrou, la vis supérieure libère alors l’amortisseur. Là aussi, un aide facilite l’opération, pendant que vous retenez l’amortisseur sous la moto. Sur certains modèles, l’amortisseur sort par le haut, mais ce cas est bien moins courant.

5) Une fois ses vis haute et basse retirées, l’amortisseur sort facilement par le bas sur certaines motos. Sur d’autres, les biellettes et le basculeur gênent le passage. Il faut alors déposer également ces pièces, ce qui est facile si leurs écrous ont été débloqués au préalable.

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