KTM 950 & 990 (Adventure, SuperMoto, Super Duke)
Par Nicolas Baudon
29 mars 2010
L’exception autrichienne. Qualité de fabrication hors pair et fiabilité avérée. Hormis d’inévitables soucis de jeunesse, le lancement du bicylindre KTM (2002 - 2007) s’est déroulé sous les meilleurs auspices, tant en termes que fiabilité que d’endurance. Une réussite qui se négocie au prix fort.
| POUR | CONTRE |
| + Performances| – Hauteur de selle |
| + Finition | – Maniabilité |
| + Fiabilité | – Coût d’entretien|
Surfant sur l’aura de ses succès en rallye-raid, KTM a réinvesti le créneau du gros trail originel, déserté petit à petit par la concurrence au profit de pseudo-GT. Campée sur ses roues de 21’ et 18’, l’Adventure se place en dévoreuse de piste avérée. Les versions Supermotard (Super Moto) et roadster (Super Duke) ont permis à la firme Autrichienne d’imposer son bloc « LC8 » comme une nouvelle référence dans le cercle très fermé des bicylindres européens. Sur route, ce triptyque de choc s’avère impérial, notamment sur itinéraires sinueux. Toutefois, le moteur au caractère « affirmé » et le châssis incisif requièrent une expérience confirmée pour révéler tout leur potentiel.
A surveiller :
Ne retenir les premiers millésimes de chaque version qu’à la seule condition qu’ils soient accompagnés d’un carnet d’entretien à jour, dans lequel sont consignées les interventions SAV consécutives aux rappels effectués. Ainsi, un clapet de reniflard a été modifié sur les premiers modèles de 990 Super Duke (2005). La marque a aussi procédé au remplacement de la bride de fixation de l’amortisseur de direction sur la 990 Super Duke R de 2007 (risque de rupture) et des durites de frein arrière sur l’Adventure 990 ABS (modèles 2006 et 2007).
Injection oblige, les modèles motorisés par le bloc « 990 » sont sensibles aux pots adaptables (qui requièrent une cartographie adaptée), surtout si ces derniers impliquent la suppression d’une sonde (risques de casse mécanique par surchauffe). Les à-coups au ralenti et autres creux à mi-régime sont d’ailleurs le signe d’une injection déréglée. Au démarrage, traquer tout bruit parasite en provenance du démarreur (risque de roue libre HS). Une commande d’embrayage excessivement dure ou imprécise (à-coups) est le signe d’une avarie du récepteur embrayage (fuite, axe faussé…) ou de la cloche (fixation desserrée ou cassée). Pour juger sereinement du caractère moteur, vérifier préalablement à l’essai la démultiplication adoptée car nombre d’utilisateurs ont modifié cette dernière (souvent en réduisant le Ø du pignon).
Cette modification peut d’ailleurs engendrer une usure prématurée des patins de guide-chaîne situés côté carter de sortie de boîte (chaîne « trop longue »), déjà fortement sollicités en temps normal (souvent en limite d’usure dès 20 000 km). Les articulations de partie-cycle (roulements de direction, roues, amortisseur…), bien que de bonne facture, peuvent avoir souffert prématurément (grondement et points durs possibles dès 20 000 km). Les vibrations conséquentes du LC8 peuvent malmener les soudures d’échappement (collecteur fendu) ainsi que la visserie, parfois dispersée sur la route…
Points faibles :
Dans toutes ses déclinaisons, le « Katoche » pâtit d’un rayon de braquage démesuré et d’une hauteur de selle importante (Adventure 88 cm, Super Moto 86,5 cm, Super Duke 85 cm), ce qui ne facilite ni les manœuvres, ni les évolutions en milieu urbain.
Quel que soit le modèle, les utilisateurs sont unanimement (et intimement…) agacés par le rembourrage « en béton armé » de la selle. Si les qualités dynamiques ne sont pas critiquées (voir Points forts), de nombreux utilisateurs déplorent que l’abondance de réglages rende complexe les accords des trains roulants et regrettent de ne pas avoir trois ou quatre configurations préréglées à disposition pour faciliter les manipulations (par exemple : route, sport, duo, montagne…). Cela leur éviterait aussi d’être confrontés à des imprécisions parasites de la tenue de route (surtout sensibles sur les Super Moto et Super Duke).
L’instrumentation des premières versions déplaît, tant pour son manque de lisibilité que pour son côté « jouet de pacotille ». Le manque d’aspects pratiques n’est sans doute pas le principal critère de raillerie des propriétaires. Mais à l’épreuve du quotidien, l’exiguïté du compartiment sous la selle ou l’implantation des silencieux qui limite les possibilités de chargement deviennent plus que de simples détails…
Points forts :
Quelle que soit la version, les qualités louées par les utilisateurs restent constantes. Le moteur, à la fois souple, vif et puissant, rallie tous les suffrages. La tenue de route est elle aussi l’un des atouts de l’autrichienne. La précision du châssis (bien réglé, voir Points faibles) permet en effet toutes les excentricités, tant sur route que sur circuit pour les nombreux amateurs qui tentent l’expérience. Le freinage est unanimement apprécié, surtout par les possesseurs de SuperDuke qui le jugent « carrément diabolique » (disques Ø 320 mm, étriers à 4 pistons).
Quelques bûcherons vosgiens s’avouent ravis des aptitudes en TT de l’Adventure (les plus musclés ont même craqué pour la très confidentielle 950 Super Enduro !). Enfin, chacun se plaît à souligner la qualité « perçue » que dégage leur engin, jusque dans les moindres détails. Un équipement de qualité (sabot moteur, guidon Magura, durites de frein tressées, axes de roues en aluminium, suspensions WP…) et une finition léchée qui font l’unanimité. Cette satisfaction n’est d’ailleurs pas seulement subjective car elle se confirme par la bonne résistance au vieillissement constatée (voir « À surveiller »).
Au baromètre de l’occasion :
Faiblement diffusés mais profitant d’une image de marque en hausse, les twins KTM sont assez recherchés et la tendance n’est pas à la sous-cote. Le phénomène est accentué par la tendance stunt sur la Super Duke (jusqu’à +15 %). Les meilleures affaires se font donc sur l’Adventure, plus ancienne et moins courue que la Super Moto. Toutefois, la cote reste un plancher de négociation difficile à percer !
Délai de revente : 1 à 2 mois
Premier prix en occasion : 6 200 €
Exemplaires immatriculés : 1 265
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Evolutions
2002
- Présentation des 950 Adventure et SuperDuke.
- Le bicylindre en V à 75° inédit prend place dans un cadre treillis en acier avec un bâti arrière en alu.
- Seul le trail est commercialisé début 2003.
- Suspensions : fourche téléhydraulique (Ø 48 mm, déb. 230 mm) et monoamortisseur (déb. 230 mm) réglables (compression, détente, précharge).
- La version « S » gagne 35 mm de débattement.
- Le freinage est confié à 3 disques (Av Ø 300 mm, Ar Ø 240 mm, étriers à 2 pistons juxt.).
- Le réservoir d’essence (22 l.) est scindé en 2 parties (avec bouchons séparés).
- Béquille centrale en option (165 €).
2004
- Présentation de 3 modèles sur la même base : SuperMoto, SuperDuke et SuperEnduro.
- Sur la SuperDuke, la cylindrée passe à 999 cm3 (dénomination commerciale « 990 ») et l’alimentation est à injection électronique.
- Les autres modèles restent motorisés par le « 950 à carbus ».
2006
- L’Adventure profite du bloc « 990 » et voit ses débattements de suspension réduits (- 20 mm, soit 210 mm).
- L’instrumentation est modifiée.
- Version SuperDuke « R » avec nouveau bâti Ar monoplace allégé et amortisseur de direction.
- La puissance passe de 120 à 132 ch.
2007
- Adoption du « 990 » par la SuperMoto
- Instrumentation plus complète.
BUDGET :
L’entretien
- Révision majeure fréquence : tous les 15 000 km coût : 350 €
- Pneu avant de 5 000 à 15 000 moy. 12 000 km de 100 à 180 €
- Pneu arrière de 5 000 à 12 000 moy. 8 000 km de 120 à 220 €
- Plaquettes avant de 6 000 à 20 000 moy. 12 000 km de 25 à 80 €
- Plaquettes arrière de 10 000 à 25 000 moy. 20 000 km de 25 à 60 €
- Kit chaîne de 10 000 à 30 000 moy. 20 000 km de 160 à 250 €
- Filtre à air/huile 35 €/12 €
*coût moyen avec : vidanges, filtres, bougies, vérifications et M.O.
La remise en état
- Embrayage moyenne 50 000 km 130 € + 2 h de M.O.
- Patins de guide chaîne moyenne 25 000 km 40 € + 1/2 h de M.O.
La casse
- Rétroviseur 35 €
- Clignotant 20 €
- Levier d’embrayage 45 €
- Levier de frein 92 €
- Réservoir 950 € (x 2)
- Silencieux d’échappement 570 € (x 2)
- Boîtier d’allumage électronique 360 €
La KTM 950/990 idéale d’occasion :
Une 950 Adventure (parce qu’on trouve des modèles 2003 moins chers) de première main, totalisant 30 000 km (sortie de
révision), avec béquille centrale. La 990 est plus chère (2007 seulement) mais mieux équipée.
Fiche technique :
- Moteur : bicylindre en V refroidi par eau, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 942 cm3 (100 x 60 mm)
- Puissance vérifiée MM : 93 ch (68,4 kW) à 8 700 tr/min
- Puissance maxi : 98 ch (72,1 kW) à 8 000 tr/min
Couple vérifié MM : 9 m.kg (88,3 N.m) à 6 400 tr/min
- Couple maxi : 9,7 m.kg (95 N.m) à 6 000 tr/min
- Boîte de vitesses : 6 rapports
- Transmission finale : par chaîne
- Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques Ø 300 mm (4)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : Ø 240 mm (2)
- Réservoir (réserve) : 18,5 (3) pour la Super Duke
Poids tous pleins faits vérifié MM 225 kg
- Poids à sec : 206 kg
- Conso moyenne : 7 l/100 km










