Circulation interfiles : 1 an après légalisation, le bilan
Par Nicolas Baudon
8 janvier 2026
Indispensable à la sécurité des motards, la circulation interfiles (CIF) est enfin légalisée le 9 janvier 2025. Après 1 an de pratique encadrée par le Code de la route, la FFMC dresse un premier bilan.
Après 26 ans de travaux, la FFMC (Fédération des Motards en Colère) gagne une avancée majeure pour la sécurité des usagers 2RM (deux-roues motorisés) : l’officialisation, le 9 janvier dernier, de la CIF (circulation interfiles) dans le Code de la route. Une pratique indispensable en cas de congestion du trafic, qui permet – on ne le redira jamais assez – de fluidifier la circulation et d’améliorer la sécurité des motards.
Le bilan du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) de fin 2024, suite à 4 ans d’expérimentation préalable, indiquait une accidentalité rarement mortelle et des règles mieux acceptées. Une preuve parmi d’autres, justifiant la légalisation de la CIF, pratiquée depuis toujours par les 2RM. Un an après, l’heure est au bilan : la FFMC, associée à la LDC (Ligue de Défenses des Conducteurs) dévoile les résultats d’un sondage (lien ci-contre) réalisé auprès des usagers de la route.
Entre satisfaction et critique
Les 500 avis argumentés offrent une première tendance. La légalisation de la CIF, connue par 96% des répondants, est admise pour la plupart, automobilistes compris. Deux tiers estiment que le cadre réglementaire de la circulation interfiles (CIF) améliore les conditions de circulation en cas d’embouteillages – dont un tiers parlent d’une « nette amélioration » et les deux tiers restants d’un effet « plutôt positif ».
Citons aussi l’aspect juridique ; un sondé explique qu’il se sent « moins hors la loi et plus serein, notamment vis-à-vis des assurances en cas d’accident« . Et du coté de la sécurité routière, un autre détaille que « les automobilistes font d’avantage attention. Les motards également, ça a permis de prendre conscience que l’interfiles ce n’est pas n’importe quand, n’importe quoi et n’importe comment. Personnellement je roule plus prudemment depuis en interfiles« .
En revanche, 30 % des répondants considèrent que la légalisation n’a apporté aucun changement, tandis qu’une minorité juge qu’elle a dégradé la situation. Ces résultats dessinent malgré tout un consensus : une CIF légalisée structure la pratique chez tous les usagers de la route, y compris en enseignement à la conduite.
Une communication perfectible
La communication officielle, selon les répondants, n’a pas été à la hauteur. Et pour cause, 80% la jugent insuffisante, voire trop ciblée sur les motards, habitués de la pratique. Ce qui n’est pas (souvent) le cas des autres usagers, majoritaires et parfois déstabilisés par les 2RM circulant entre deux voies d’embouteillage.
La légalisation de la CIF est sensée, outre les règles à respecter par les 2RM, informer tous les usagers de ses bénéfices pour mieux partager la route. Une perspective d’amélioration qui, comme le souligne l’un des sondés, pourrait prendre la forme d’une campagne médiatique sur l’ensemble du territoire français car (…) certains n’ont pas du tout la culture du partage de la route avec les motos. A suivre, donc.
Rappel des règles de la circulation interfiles (CIF)
La pratique est autorisée sur les autoroutes et les routes à deux chaussées séparées par un terre-plein central et dotées d’au moins deux voies chacune, où la vitesse maximale autorisée est supérieure ou égale à 70 km/h (exception faite pour le périphérique parisien limité 50 km/h, où la CIF est tolérée malgré la voie de covoiturage) ;
La circulation entre les files de véhicules à l’arrêt ou roulant à une vitesse très réduite se pratique sur les deux voies, ayant le même sens de circulation, les plus à gauche d’une chaussée ;
L’espace latéral entre les véhicules circulant sur les deux voies les plus à gauche d’une chaussée doit être suffisant ;
La circulation inter-files se pratique à une vitesse de 50 km/h au maximum, avec un différentiel de 30 km/h par rapport aux autres véhicules ;
Aucune des voies de circulation sur la chaussée n’est en travaux ou couverte de neige ou de verglas ;
Avant de circuler en inter-files, le conducteur avertit de son intention les autres usagers ;
Les deux ou trois-roues motorisés ne doivent pas forcer le passage ;
Il est interdit à un véhicule en inter-files de dépasser un autre véhicule en inter-files ;
Lorsque le trafic se fluidifie et que les véhicules circulent à plus de 50 km/h sur au moins une des deux files, les deux ou trois-roues motorisés doivent reprendre leur place dans les voies ;
En cas d’infraction : 135 euros d’amende, 3 points de retrait sur le permis de conduire.






