Choisir un lèche-roue moto
Par Nicolas Baudon
Guillaume Dayan
5 novembre 2010
Catalogué "tuning", le lèche-roue d’une moto ne répond pourtant pas qu’à une exigence esthétique. En coiffant la roue arrière, il préserve la moto des projections. Mais de la théorie à la pratique, il y a parfois un monde.
La mode est clairement favorable aux roadsters. Dépouillés, compacts, leur train arrière se réduit donc à sa plus simple expression : un axe de roue, une jante, un pneu. Résultat : une esthétique ravageuse… au sens propre comme au figuré. Ce dénuement a en effet un inconvénient : le dos du passager, la boucle de cadre arrière mais surtout le monoamortisseur ne sont plus préservés des projections d’eau, avec à la clé une usure prématurée. Pour pallier cet inconvénient, le lèche-roue entend résoudre la quadrature du cercle : contenir – dans un volume minimaliste pour ne pas nuire à l’esthétique – les trombes d’eau soulevées par un pneu de 170. Une gageure. Soyez donc vigilant lors du choix d’une telle pièce, qui coûte 200 €.
L’esthétique
La ligne joue un rôle primordial, sans quoi l’antique et efficace bavette ne serait pas tombée en désuétude… Ce que les fabricants ont parfaitement compris en soignant à l’extrême les catalogues de pièces adaptables. Ne vous laissez pas abuser par ces images de rêve et choisissez toujours votre lèche-roue en l’ayant en main. Seule la lumière du jour vous permettra de voir si la teinte est fidèle à celle de la moto. Et vous évitera aussi d’acheter un modèle mal fini (application de vernis non homogène, variation de teinte sur la même pièce, défaut de ponçage, aspect granité lié à la présence de poussières lors de la mise en peinture…). Solution de repli : acheter une pièce brute et la confier à un bon peintre. L’opération n’est pas plus économique, mais si vous connaissez un artisan soigneux (les forums Internet sont une bonne piste pour en trouver), vous êtes au moins assuré de monter sur votre machine une pièce qui ne dépareillera pas.
La protection mécanique
Un lèche-roue minimaliste est beau et c… à la fois. Cette pièce est en effet d’autant plus efficace qu’elle est large et longue. L’essai avant achat étant ici impossible, ne négligez pas Internet pour recueillir des infos auprès d’autres motards. Interrogez-les sur d’éventuels frottements du lèche-roue sur le pneu (une situation possible aussi si vous roulez en duo et chargé). Un défaut moins probable si le lèche-roue est « taillé » dans un plastique épais et rigide (ABS).
Il faut également être attentif à la qualité de conception. Il n’est pas rare, une fois l’objet déballé, de se rendre compte que les trous ne tombent pas au bon endroit ou ne sont pas au bon diamètre (investissement alors indispensable dans une fraise au carbure pour adapter la prétendue pièce adaptable à votre moto !). Après un achat à 150 à 200 €, ce genre de surprise agace.
Pour finir, attention lors de la commande. Le plus souvent, votre concessionnaire n’aura pas la pièce en stock. Le délai pouvant être très long (2 mois lors de notre dernier test), ne payer qu’une part infime en acompte afin de pouvoir vous retourner vers un autre accessoiriste si le premier tardait à livrer.
Polyester ou ABS ?
Les lèche-roues sont majoritairement en fibre de polyester. Ce matériau compte parmi ses atouts une bonne résistance à l’abrasion et un coût de fabrication modéré. Sa réparation est également accessible à un bricoleur soigneux.
Le recours à l’ABS, plus complexe à mettre en œuvre, ne se justifie d’un point vue industriel que si de grands volumes doivent être produits, d’où son utilisation massive pour la fabrication de casques et beaucoup plus anecdotique pour celle de lèche-roues. Les pièces en ABS présentent souvent moins de défauts d’aspect – le travail de finition avant peinture est moindre que pour le polyester – mais ont l’inconvénient d’éclater facilement en morceaux sous l’effet d’un choc. Leur réparation est une affaire – coûteuse – de professionnel.
Bien vu
- Un lèche-roue fourni avec ses petites fournitures évite de partir en quête de visserie après avoir constaté que la surépaisseur de la pièce empêchait de réutiliser ses vis d’origine.
- Une notice de montage est toujours bienvenue.

Mal vu
- Un mauvais ajustage garantit une crise de nerf au montage et un résultat pas toujours à la hauteur de ses espérances (risque de craquellements sur la peinture du fait des contraintes imposées à la pièce au montage).
- Un gabarit minimaliste cessera de vous charmer à la première grosse pluie. Aussi beau qu’inefficace.

À retenir…
Monter un lèche-roue n’est pas qu’une coquetterie.
Cette pièce préserve des éclaboussures, notamment l’amortisseur.
Recueillez le plus d’information possible avant d’investir tant les mauvaises surprises sont légion.






