Choisir ses bottes racing
Par Nicolas Baudon
Guillaume Dayan
12 janvier 2009
Par rapport à leurs homologues routières, les bottes de circuit gagnent en sécurité ce qu’elles perdent en polyvalence et en confort. Il faut donc bien réfléchir avant de débourser quelques beaux billets. Explication.
Les bottes racing sont pensées pour la piste, non pour la marche. Avant d’investir, interrogez-vous donc sur l’usage réel que vous en ferez.
S’il n’est pas indispensable, pour justifier un tel achat, de tourner sur circuit, il l’est par contre de cantonner son usage à la stricte pratique de la moto. Le confort sommaire des bottes racing interdit en effet de les garder aux pieds une journée de travail ou d’effectuer des balades avec. Mais pour qui dispose d’un vestiaire à son bureau et place sa sécurité au premier plan, elles constituent le nec plus ultra.
Essais qualif’

Des pièces saillantes qui risquent de stopper la glissade et de provoquer de sérieuses blessures.
La botte racing est avant tout conçue pour la vitesse et son pendant naturel : la chute. Sa conception pointue vise à minimiser les lésions en cas de glissade et à préserver les 26 os, 33 articulations et plus de 100 tendons, muscles et ligaments du pied.
Une botte sportive digne de ce nom doit réunir les qualités suivantes :
Une bonne résistance à l’abrasion. Ici, le cuir reste la matière reine. L’économique simili (type Lorica) résiste moins bien au bitume et au temps. Il peut aussi, une fois la botte enfilée, former d’inconfortables plis.
Une surface antigrip à grand renfort d’inox et de plastique. Recouverte de ces matériaux, la botte risque moins d’être happée lors de la glissade et donc de blesser le pied.
Une semelle épaisse afin d’éviter tout percement par une partie métallique saillante.
De vrais renforts aux endroits stratégiques que sont les malléoles et les orteils, les premières étant souvent fracturées, les seconds écrasés en cas d’accident.
Pour préserver au mieux la malléole, certains bottiers placent une protection intérieure et une seconde extérieure. Bien vu. Un renfort tibia est également fondamental.
Son principe de fonctionnement est calqué sur celui des casques : répartir sur la plus large zone possible l’énergie d’un impact afin d’en limiter les conséquences. Il devra donc être de bonne dimension.
Des sliders (orteils, chevilles, mollets). S’ils sont démontables, il suffira de les changer en cas de glissade ou d’usure. Vérifier juste leur prix et leur disponibilité avant l’achat.
Les fabricants à très forte image sportive (Spidi, Alpinestars, Dainese) ont breveté des dispositifs visant à limiter les lésions à la cheville.
Ces systèmes, dits d’anti-torsion latérale, constituent l’ultime raffinement en termes de sécurité et de marketing.
Sur la grille de départ

Des rétro-réfléchissants pour optimiser la sécurité passive.
Un système de ventilation évite de macérer dans ses bottes les jours de grand beau temps.
Certaines bottes se portent sous le pantalon, d’autres par dessus. Moins discrète, la deuxième solution a pour elle de maintenir fermement le pantalon et donc d’éviter qu’il ne découvre les mollets en cas de glissade.
Comme pour n’importe quelle paire de chaussures, essayer ses bottes est indispensable avant l’achat. Par ailleurs, le pied ayant tendance à gonfler au fil de la journée, il vaut mieux choisir ses bottes à la fin du jour qu’au lever. Rappelons une dernière fois que la lutte contre le froid et la pluie n’est pas le fort des bottes racing. La plupart négligent cet aspect (sauf sur option) pour éviter de se surcharger d’inserts techniques qui nuisent à la légèreté de la botte et à la sensibilité du pilote sur les repose-pieds et commandes.
Une garantie supplémentaire

Des pièces saillantes qui risquent de stopper la glissade et de provoquer de sérieuses blessures.
Il existe une norme européenne (pr EN 13634) pour les « chaussures de protection pour pilote moto professionnels ». Son respect n’est pas obligatoire. Les fabricants peuvent donc s’y conformer ou pas. Ceux qui apposent l’estampille EN dans leurs bottes garantissent leurs conformités aux exigences du règlement européen en termes de conception, de qualité des coutures, de résistance à l’abrasion et d’ajustement.
Une garantie supplémentaire, facturée au prix fort (surcoût imposé par l’examen de la botte par un organisme). Attention, ceci ne veut pas dire que les bottes qui ne la respectent pas sont forcément mauvaises.
A retenir…

Amateur ou pro de la course, c’est bien sur piste que s’apprécie les bottes racing.
Les bottes racing sont quasi exclusives.
Elles constituent le meilleur rempart possible contre les blessures.
La sécurité de certains produits peut avoir été jugée par un organisme officiel.
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