BMW R 1150 GS/GS Adventure (1994 – 2003)
Par Nicolas Baudon
13 juillet 2010
Baroudeuse de luxe. Finition exemplaire mais fiabilité en retrait. Comportement routier exemplaire aussi et aptitudes au voyage aux longs cours illimitées : la GS mérite son blason. Une remarque que se fait aussi l’acheteur d’une (chère) occasion ! Néanmoins, elle pâtit des faiblesses des premières séries.
| POUR | CONTRE |
| + Autonomie (+ de 350 km)| – Trop d’options nécessaires |
| + Finition | – Boîte rugueuse |
| + Confort, duo et chargement | – Cote élevée |
A l’instar des gros 4×4 bavarois qui ne fréquentent quasiment jamais l’ornière, la GS joue elle aussi la carte de la bourgeoise encanaillée en baroudeuse de luxe. Pourtant, ceux qui se risquent hors des sentiers battus assurent que là encore elle garde l’avantage sur toutes ses concurrentes. Aussi à l’aise sur route que sur piste, la machine des globe-trotters respecte les standards de la marque en termes de fiabilité et de robustesse, sauf les premières années où elle souffre de faiblesses récurrentes. La surcote impose une sélection rigoureuse au moment du choix.
A surveiller :
Tout comme la 1100, la R 1150 GS a pâti d’une boîte de vitesses et d’une transmission fragiles en 1999 et 2000. Bien que les pièces aient été modifiées, les casses (pignons, couple conique, roulements…) peuvent encore se produire ensuite. Traquez tout bruit ou vibration parasite lorsque le moteur est en charge et lors des changements de rapports, et vérifiez la bonne étanchéité des soufflets de transmission. Plus fréquente est la fuite du joint spi entre moteur et boîte. Elle se détecte au patinage à la remise des gaz et à l’odeur caractéristique d’huile brûlée. Le disque d’embrayage souillé ne résiste pas longtemps. L’instrumentation est sensible à l’humidité (risque de courts-circuits, voyants et jauge fantaisistes…).
Une batterie vétuste ou déchargée peut engendrer des problèmes d’injection (consommation, à-coups), d’ABS (centrale déconnectée inopinément) et de démarreur. Les à-coups à bas régime sont souvent le signe d’une injection déréglée (filtres encrassés, pot adaptable…). Risque de fuite de carburant au joint de la trappe d’accès (sous le réservoir) ainsi qu’aux durites, colliers et raccords rapides du circuit d’alimentation (en série fin 2002 mais souvent montés sur les modèles précédents). Un rappel en SAV a été effectué en mai 2002 (jusqu’au n° de châssis ZE 29355) pour remédier à un risque de détérioration de la durite de frein avant par frottement contre le câble de compteur. Au-delà de 50 000 km, les joints spi de fourche sont à remplacer. En cas de plus fort kilométrage (80 000 à 100 000 km), les rotules de direction peuvent accuser un jeu excessif (claquements sur les cahots). Au-delà de ce kilométrage, préférez une machine ayant eu droit au remplacement des pièces. Vérifiez aussi l’état des butées de direction, souvent endommagées ou cassées par une chute bénigne (y compris à l’arrêt). Un accessoire adaptable permet de protéger ces butées.
Points faibles :
Comme de coutume outre-Rhin, la boîte n’est pas un modèle de douceur et requiert une bonne décomposition du mouvement. L’opération n’est d’ailleurs pas facilitée par la commande au levier, excessivement dure. Le tout fait que l’engin ne se présente pas sous son meilleur profil dans le trafic urbain, où la largeur du guidon limite les circonvolutions entre les files. La hauteur de selle (réglable de 840 à 860 mm) et le poids important, surtout avec le réservoir plein, imposent la plus grande prudence lors de ces manœuvres. Bien que rompus à l’univers du flat-twin, nombre d’utilisateurs soulignent le manque de souplesse du moteur à bas régime.
Les nouveaux venus dans l’univers de la marque à l’hélice déplorent le manque de progressivité du système de freinage « EVO » tandis que les plus aguerris constatent qu’il manque d’endurance, surtout lors des descentes en montagne. Tous les utilisateurs s’accordent pour critiquer la protection limitée de la bulle en position basse et les remous engendrés par l’air qui passe dessous lorsque cette dernière est réglée en position haute. Enfin, les plus acerbes stigmatisent le recours quasi indispensable au pléthorique catalogue des options (pare mains, console d’instrumentation, poignées chauffantes…).
Points forts :
Contrairement à ce que laisseraient présager le gabarit et l’allure massive de la GS, celle-ci fait preuve d’une maniabilité exemplaire à faible allure, grâce à un rayon de braquage très réduit, et d’une agilité redoutable sur petites routes (ou en chemins pour ceux qui osent s’y aventurer). La tenue de route est particulièrement appréciée, tant en termes d’équilibre général que de stabilité en courbe prise à bonne allure. Le Telelever, qui réduit grandement la plongée au freinage, fait d’ailleurs l’unanimité.
L’autonomie assurée par le réservoir de 22 l (dont 4,5 de réserve) fait le bonheur des aventuriers dénués de GPS, d’autant que la consommation s’avère faible pour la cylindrée (5,5 l/100 km à allure réduite). Enfin, la finition, tant générale (qualité des peintures et traitements de surface, assemblages…) que dans le détail (porte-paquets, rétros…) fait d’autant plus le bonheur des propriétaires de GS qu’elle garantit un vieillissement limité et donc une bonne tenue à la cote.
Au baromètre de l’occasion :
Comme il se doit, les tarifs pratiqués sont élevés, voire déraisonnables, et l’arrivée de la R 1200 GS n’a pas changé la donne. La présence quasi systématique d’options et d’accessoires contribue encore à faire enfler la note. Impossible d’envisager une transaction sans un surcoût de 10 à 15 % par rapport à la cote. La version « Adventure », très rare, peut même s’afficher 20 % au-dessus.
- Délai de revente : 2 à 3 mois
- Premier prix en occasion : 5 000 €
- Exemplaires immatriculés : 3 145 (dont 604 « Adventure »)
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Évolutions
1994
- Présentation de la R 1100 GS.
1999
- Présentation de la R 1150 GS.
- Remodelage esthétique.
- Le moteur passe de 1085 à 1130 cm3 et hérite d’un système de gestion électronique inédit et d’un échappement catalysé.
- La boîte gagne une 6e vitesse surmultipliée façon « overdrive ».
- Architecture de partie-cycle similaire aux routières avec monobras arrière à amortisseur unique (Paralever) et triangulation avant articulée sur le moteur (Telelever).
- Le bicylindre Boxer à injection est amputé de 10 ch mais doté d’un rapport de pont plus court (démultiplication de cardan).
- Jantes à rayons tangentiels qui permettent le montage de pneus tubeless (idem R 1100 GS).
2001
- Version « Adventure » équipée d’un réservoir de 30 l, d’une bagagerie alu (option), de pare-cylindres, d’optiques additionnels et d’une bulle plus volumineuse.
- Le sabot moteur est plus large
- La selle est en une seule partie
- les pare-mains sont de série.
- Les suspensions gagnent 20 mm de débattement et l’amortisseur est doté d’un ressort à pas variable.
- Le système d’alimentation peut être adapté à l’essence à faible indice d’octane.
- L’ABS débrayable est disponible en option.
- La machine hérite du système de freinage « EVO », couplé avant arrière et équipé d’une assistance électrohydraulique.
2003
Présentation de la 1200 GS.
Commercialisation de la 1150 jusqu’à écoulement des stocks en 2004 et de l’« Adventure » jusqu’en 2005.
BUDGET :
L’entretien
- Révision majeure* fréquence : tous les 20 000 km 350 €
- Pneu Av de 7 000 à 25 000 km moy. 12 000 km de 110 à 180 €
- Pneu Ar de 8 000 à 20 000 moy. 15 000 km de 155 à 220 €
- Plaquettes Av de 8 000 à 30 000 moy. 20 000 km de 35 à 70 €
- Plaquettes Ar de 10 000 à 35 000 moy. 20 000 km de 35 à 55 €
- Cardan vidange tous les 20 000 km
- Filtre à air 18 €
- Filtre à huile 16 €
*coût moyen avec : vidanges, filtres, bougies, vérifications et M.O.
La remise en état
- Embrayage moyenne 80 000 km 120 € + 3 h de M.O.
- Courroie d’alternateur moyenne 50 000 km 16 € + 1/2 h de M.O
- Joint spi moteur-boîte moyenne 30 000 km 30 € + 3 h de M.O.
La casse
- Rétroviseur 45 €
- Clignotant 32 €
- Levier d’embrayage 65 €
- Levier de frein 65 €
- Réservoir 945 €
- Silencieux d’échappement 510 €
- Boîtier d’allumage électronique 825 €
La BMW R 1150 GS idéale d’occasion :
Un modèle totalisant 30 000 km, ayant bénéficié des rappels en SAV nécessaires et équipé de la console d’instrumentation numérique (horloge, jauges…).
Fiche technique :
- Moteur : bicylindre à plat refroidi par air et huile, 4T, culbuté, 4 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 1130 cm3
- Puissance vérifiée MM : 88 ch (64,7 kW) à 6 500 tr/min
- Puissance maxi : 85 ch (62,5 kW) à 6 750 tr/min
- Couple vérifié MM : 11,2 m.kg (110 N.m) à 5 500 tr/min
- Couple maxi : 9,9 m.kg (97,1 N.m) à 5 750 tr/min
- Boîte de vitesses : 6 rapports
- Transmission finale : cardan
- Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques Ø 305 mm (4)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø (2 pistons)
- Réservoir (réserve) : 22 litres (3 l.)/ Adventure : 30 litres (3 l.)
- Poids tous pleins faits vérifié MM 248 kg
- Poids à sec : 219 kg/Adventure : 253 kg
- Conso moyenne : 6,4 l/100 km










