BMW F 800 S & ST
Par Nicolas Baudon
3 juin 2011
Sérieusement sportive. Finition avérée mais fiabilité aléatoire sur les premiers millésimes. Aussi ludique que rigoureuse, la F 800 ambitionne d’élargir l’audience de la marque. Bien que la finition soit conforme aux standards de la firme teutonne, les premières moutures ont « essuyé les plâtres ». Ouvrez l’œil !
| POUR | CONTRE |
| + Homogénéité | – Protection symbolique |
| + Consommation réduite | – Sélection dure |
| + Finition durable | – Surcote systématique |
Par sa ligne aussi harmonieuse qu’agressive (surtout en version S), cette « béhème » d’entrée de gamme fait avant tout le bonheur des amateurs de conduite sportive. Son châssis incisif s’apprécie sur tous types de parcours, tandis que son moteur, à défaut d’un caractère affirmé façon twin, ne manque ni d’allonge ni de puissance. Un cocktail homogène cadrant parfaitement avec le blason arboré et qui se paye au prix fort, y compris en seconde main.
A surveiller :
Plusieurs anomalies ont perturbé le fonctionnement des F 800 (S et ST) durant ses deux premières années (2006 et 2007), entraînant des rappels SAV et/ou des prises en charge au cas par cas. L’amortisseur de direction d’abord (dégradation du revêtement interne), qui peut rendre le braquage excessivement dur, voire impossible. Traquez tout point dur ou à-coup lors des manœuvres, sans oublier que la direction reste ferme d’origine (voir « Points faibles »). Une seconde intervention en SAV a consisté à vérifier le cheminement du reniflard de réservoir d’essence (risque de surpression et/ou de fuite). Une détérioration des bougies (mauvais montage en usine) peut engendrer des dysfonctionnements moteur (calages intempestifs, à-coups…). Ces pièces ont normalement été remplacées sur les modèles 2007 sans attendre l’échéance des préconisations constructeur (voir livret d’entretien). Plusieurs cas de bris de roulements dans le moyeu arrière ont imposé le remplacement de tout ou partie du train arrière. Vérifiez le bon alignement de la roue et de la courroie de transmission secondaire. Le respect scrupuleux des préconisations de tension de cette dernière (tous les 10 000 km) garantit un fonctionnement moins rugueux de la sélection. Des courts-circuits dans les circuits de charge et haute tension peuvent entraîner des avaries en cascade (régulateur, batterie, bobines HS). Les vibrations engendrent moult dégâts sur le circuit électrique (cosses desserties) et ont tendance à clairsemer la visserie (partie-cycle, carénage…). Tour d’horizon indispensable. Assurez-vous qu’aucune fuite n’est visible aux différents plans de joints moteur (carters, couvre-culasse…). Enfin, signalons quelques rares cas de peinture des carters moteur qui s’écaillent.
Points faibles :
Les propriétaires de la version ST qui cherchaient une « petite GT » regrettent amèrement le piètre niveau de protection du carénage, peu en phase avec l’image du modèle (bulle trop basse et carénage trop étroit). L’amortisseur de direction, très apprécié au demeurant (voir « Points forts »), en fait pester plus d’un lors des évolutions à basse vitesse, car il n’est pas réglable et rend la direction dure. Si le freinage n’appelle aucune critique au registre dynamique (voir « Points forts »), nombre de nouveaux béhèmistes s’insurgent contre le manque de progressivité de la commande. Beaucoup d’utilisateurs déplorent une sélection dure et bruyante, phénomène qui s’aggrave en cas de tension défaillante de la courroie (voir « À surveiller »). Les oreilles musicales s’émeuvent de la surabondance de bruits mécaniques (distribution, bas moteur, embrayage), tandis que la majorité des propriétaires déplorent les vibrations envahissantes à certains régimes et surtout leurs méfaits (voir « À surveiller »). Nombreux sont ceux qui s’agacent d’un appui de béquille latérale peu sûr (surtout après s’être fait piéger, NDLR) et le passage obligé par la case option pour y remédier avec la centrale. Terminons par l’absence de tout espace de rangement sous la selle, qui complique le quotidien.
Points forts :
Quelle que soit la version, la F 800 se révèle lorsque le rythme s’accélère. Sa prédisposition à la conduite sportive incite d’ailleurs plus d’un propriétaire à s’essayer sur le bitume des circuits. Très maniable et équilibrée (centre de gravité bas grâce à la position centrale du réservoir d’essence), elle profite en plus d’un faible rayon de braquage qui lui permet de se faufiler en ville avec aisance. Le moteur est très apprécié des utilisateurs, tant pour sa souplesse exemplaire, qui lui permet de reprendre dès 2 000 tr/min sur le dernier rapport que dans les hauts régimes. Des qualités dont le conducteur de F 800 peut profiter sans retenue, au bénéfice d’une tenue de route imperturbable et d’un freinage aussi puissant qu’endurant. La faible plongée au freinage et l’amortisseur de direction d’origine, efficace sur mauvais revêtement, font l’unanimité. La position de conduite conviviale, tout en étant typée « sport tourisme », est très prisée des novices. Les amateurs de conduite en duo soulignent les excellentes aptitudes de l’engin du fait d’une position agréable (repose-pieds et poignées bien placés, selle profilée). Enfin, côté pratique, l’emplacement de l’orifice de remplissage de carburant sur flanc droit se rend vite indispensable.
Au baromètre de l’occasion :
Un faible diffusion sur le marché du neuf entraîne une faible disponibilité sur le marché de la seconde main. Et les particularités du blason munichois et de son catalogue d’options s’ajoutent à la pénurie pour faire gonfler les cours de 10 à 20 % ! Attention, cette surcote n’est admissible que pour des modèles n’ayant jamais quitté le réseau officiel (carnet à l’appui).
Délai de revente : 2 à 3 mois
Premier prix en occasion : 5 500€
Exemplaires immatriculés : 1 220
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Evolutions
2006
- Présentation de la F 800
- Déclinée en deux versions S (semi-carénée) et ST (carénée).
- La partie-cycle, constituée de deux longerons en aluminium et de pièces coulées en alliage, est ancrée sur le moteur qui reste porteur. Le bras oscillant en alliage et la transmission secondaire par courroie crantée, issus de la F 650, sont fixés sur la partie arrière de la mécanique.
- Le tout est suspendu par une fourche téléhydraulique (déb 140 mm, Ø 43 mm, non réglable) et un monoamortisseur (déb 140 mm, réglable en précharge et détente).
- La firme autrichienne Rotax a développé le bicylindre parallèle calé à 360 °.
- Contre les vibrations, celui-ci est équipé d’une originale troisième bielle d’équilibrage.
- Le freinage est dévolu à trois disques (avant Ø 320 mm étrier 2 pistons, arrière ø 265 étrier simple piston).
- La version S, dépourvue de flancs de carénage, est équipée d’une bulle basse, de demi-guidons bracelets, de poignées de maintien passager, d’un garde-boue avant et de jantes spécifiques.
- L’étagement de boîte ainsi que la démultiplication finale sont identiques aux deux versions.
- La béquille centrale, l’ordinateur de bord et l’ABS font partie des options.
2008
- Déclinaison F 800 R, dépourvue de carénage, équipée d’une instrumentation spécifique, ainsi que d’un bloc double optique typé roadster.
- La transmission secondaire est désormais assurée par une chaîne.
BUDGET :
L’entretien
- Révision majeure Fréquence : tous les 20 000 km coût : 420 €
- Pneu avant de 5 000 à 15 000 km Moy. 12 000 km de 110 à 180 €
- Pneu arrière de 5 000 à 12 000 km moy. 8 000 km de 130 à 200 €
- Plaquettes avant de 10 000 à 18 000 km moy. 15 000 km de 25 à 80 €
- Plaquettes arrière de 12 000 à 22 000 km moy. 18 000 km de 25 à 55 €
- Courroie préconisation 40 000 km 330 €
- Filtre à air/huile 20 €/15 €
*coût moyen avec : vidanges, filtres, bougies, vérifications et M.O.
La remise en état
- Embrayage moy. 50 000 km 160 € + 2 h 30 de M.O.
La casse
- Rétroviseur 88 €
- Clignotant 45 €
- Levier d’embrayage 65 €
- Levier de frein 55 €
- Réservoir 440 €
- Silencieux d’échappement 920 €
- Boîtier d’allumage électronique 780 €
La BMW F 800 S & ST idéale d’occasion :
Une machine remise à niveau par le réseau (millésimes 2006-2007, voir livret) et équipée des options « indispensables » (béquille centrale, ABS, ordinateur de bord).
Fiche technique :
- Moteur bicylindre parallèle refroidi par eau,
- 798 cm3, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
- Puissance 85 ch (62,5 kW) à 8 000 tr/min
- Puissance vérifiée MM 89,8 ch (66,9 kW) à 8 400 tr/min
- Couple 8,6 m.kg (84,4 Nm) à 5 800 tr/min
- Couple vérifié MM 9 m.kg (88,3 Nm) à 5 900 tr/min
- Frein avant (étrier à x pist.) 2 disques Ø 320 mm (2)
- Frein arrière (étrier à x pist.) ø 265 (1)
- Poids tous pleins faits vérifié MM 217 kg
- Poids à sec 209 kg
- Consommation moyenne 4,5 l/100 km










