Essai KTM RC8 R

Par Axel Mellerin

10 mars 2011

Pour 2011, KTM simplifie sa gamme hypersport. Exit la RC8 standard, seule la R défendra les « orange ». Mais la vraie bonne nouvelle, c’est que le tarif de cette machine de pointe baisse de 4.000  euros !

| POUR | CONTRE |
| + Confort/ergonomie réglable | – Pas d’antipatinage |
| + Audace technique et stylistique | – Monte pneumatique d’origine |
| + Plaisir distillé à son guidon | – Tableau de bord compliqué |

L’essai de la KTM RC8 R est paru dans Moto Magazine de mars 2011 (n°275), en kiosque jusqu’au 27 ou à commander en ligne

Pour tirer le tarif, KTM a dû faire des sacrifices… Exit les pièces carbone, les jantes forgées, les gommes extra-tendres et autres babioles « qui font course » ! En revanche, cette RC8 évolue en profondeur sur le plan moteur, avec l’arrivée de masses de vilebrequin différentes, d’un double allumage, d’une cartographie d’injection améliorée avec un « mapping » en fonction du carburant utilisé (95 ou 98), ou encore d’un capteur sur la boîte de vitesses pour gérer le couple lors des rétrogradages. Au final, ce sont 5 ch et un demi m.kg de gagnés.

Une partie-cycle presque parfaite

Côté châssis, l’amortissement est revu pour plus de souplesse sur la route, avec un amortissement hydraulique moins taré et une plus grande latitude de réglages au niveau de l’assiette. Ce qui ne change pas, c’est la position, et c’est tant mieux pour les grands ! Cette machine est sans conteste la plus accueillante de la catégorie, et quand les réglages ergonomiques de base ne conviennent pas, il y a toujours la possibilité d’ajuster guidon, repose-pieds, selle et assiette.

Dès les premiers tours de chauffe, sur le circuit de Valence (Espagne), les Dunlop Sportsmart d’origine dévoilent rapidement leurs limites. Ça « glissouille » gentiment en entrée de courbe sur les freins, et l’arrivée massive du couple moteur en sortie demande un dosage millimétrique de la poignée droite pour éviter le travers ! Heureusement, après la « chauffe » de rigueur, on peut commencer à rentrer dans la moto.

L’exercice est toujours aussi plaisant, son équilibre général restant son maître atout. À aucun moment le châssis n’est mis en défaut. Train avant au guidage précis, freinages puissants et dosables, stabilité et motricité en sortie de courbe : la Katoche nous charme, et dans le confort, en plus ! L’essai d’une machine montée en Dunlop D211 GP Racer ne fera que confirmer l’excellence de ce châssis proche de la perfection.

Moteur : quelques défauts subsistent

C’est plutôt du côté de la mécanique qu’il y a à redire. Malgré les améliorations techniques et les chevaux annoncés, le twin manque d’allonge : on se retrouve souvent au rupteur. Sa linéarité efface un poil son caractère et le passage des vitesses à la volée laisse encore à désirer (les vitesses verrouillent mal, par moments), malgré une sélection revue au niveau de la commande externe.

Mais n’exagérons rien, il y a là largement de quoi se faire plaisir, et ce bloc sera toujours bien plus caractériel et « communicatif » qu’un 4-cylindres japonais, même s’il s’est civilisé avec l’âge. Il vibre beaucoup moins que les premiers blocs LC8 et sa cartographie est maintenant douce et précise, un très bon point pour l’utilisation sur route.

Verdict. Belle, performante, généreusement fournie en caractère et originale, la KTM RC8 R est une bonne moto que l’on prend plaisir à conduire. Son tarif, à défaut de son niveau d’équipement, se place au niveau de la concurrence. Dépourvue de cartographie moteur paramétrable, d’ABS déconnectable ou d’antipatinage électronique, la RC8 est la dernière représentante des hypersports « à l’ancienne ». C’est sympa et à Moto Mag, on défend aussi cette politique du simple. Mais à l’heure du chronomètre et (ou) de la sécurité, la Katoche le paiera « cash »…

À lire aussi

consultez aussi :

-*Essai Aprilia RSV4 Factory APRC
-*Essai BMW S 1000 RR
-*Essai MV Agusta F4 1000
-*Essai Yamaha 1000 R1 SP-R
-*Essai Kawasaki ZX-10R
-*Essai Ducati 1198 S

Fiche technique

(données constructeur)

  • Moteur

Type : bicylindre en V à 75° refroidi par eau, 4 T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
Cylindrée (al. x cse) : 1195 cm3 (105 x 69 mm)
Puissance maxi : 175 ch à 10.250 tr/min
Couple maxi : 12,9 m.kg à 8.000 tr/min
Alim./dépollution : injection Ø 50 mm/Euro 3

  • Transmission

Boîte de vitesses : 6 rapports
Transmission finale : par chaîne (17 x 38)

  • Partie-cycle

Frein Av (étrier x pist.) : 2 disques, Ø 320 mm (4 opp. monobloc)
Frein Ar (étrier x pist.) : 1 disque, Ø 240 mm (1)
Réservoir (réserve) : 16,5 litres (3,5)
Poids à sec : 184 kg

  • Pratique

Coloris orange et blanc, orange et noir ; Garantie 2 ans pièces et M.O., assistance ; Prix (tarif 2011) 16.590 €

 

Laisser un commentaire

Règles des commentaires

Comme la loi l’exige, l’adresse IP de votre commentaire est conservée un an, puis effacée automatiquement (voir notre politique de confidentialité).


Sommaire