Yamaha 900 XJS Diversion

Par Jeff Copin

21 septembre 2003

Après avoir réussi des motos comme la Yamaha 900 XJ, apparue en 83, il est bien difficile de présenter une remplaçante, même en essayant de faire "Diversion". La marque au diapason y réussira avec un regret, une qualité de fabrication moindre et plus de vibrations. Sans quoi, onctuosité et souplesse sont au rendez-vous, du moteur jusqu’au cardan. Sur la route, l’engin prend toute sa dimension, surtout à deux avec bagages. D’autant que l’équipement de série très complet facilite le voyage. Une véritable aubaine car, à ce niveau de prix, il s’avère impossible de trouver une autre véritable GT.

| Pour | Contre |
| + Routière infatigable | – Hauteur de selle |
| + Aptitude au duo et au chargement | – Protection insuffisante |
| + Cardan = économie ! | – Manque de fiabilité de la partie cycle (roulements) |

Yamaha a gagné son pari en imposant un nouveau modèle dans la catégorie des GT économiques. Sur la route, la XJS fait oublier son ancêtre (sauf pour les quelques premières séries qui ont connu des défauts chroniques de tenue de route). Et côté fiabilité, elle tient ses promesses. Une bonne occasion à chercher avec peu de kilomètres. `

La lignée des 900 XJS

Présentée fin 94, la grosse « Diversion » est pensée pour séduire les amateurs de vraies routières, à la manière de sa petite soeur de 600 cc. Son cardan est fièrement exhibé pour reprendre la recette expérimentée avec bonheur sur la XJ. Son moteur est dérivé de façon lointaine de l’ancien 900, avec des cylindres plus inclinés et l’adjonction d’un système d’injection d’air frais à l’échappement (baptisé AIS), censé faire des miracles. L’équipement complet (montre, jauge à essence) et le carénage tête de fourche d’origine permettent à la XJS de revendiquer le titre de routière légère. Elle avoue pourtant trente kilos de plus que son aînée sur la balance. Aucune modification n’a été portée à ce modèle depuis sa sortie, hormis les changements d’autocollants annuels !

Les points forts

La XJS 900 est un engin que l’on n’hésite pas à sortir sous les pires conditions météorologiques, qui démarre au quart de tour tous les matins. De plus, il ne nécessite pas un entretien hors de prix pour rouler loin et longtemps. Il n’en fallait pas plus pour que cette machine, proposée à un prix très serré dans les concessions, ne devienne la préférée des motards au long cours. Elle permet d’envisager les voyages en duo, avec armes et bagages, sans le moindre soucis. L’économie engendrée par la transmission secondaire par cardan est d’ailleurs vite investie dans une paire de valises et un top case, accessoires destinés tôt ou tard à garnir l’arrière des XJS. Un appendice en forme de panier pousse d’ailleurs sur nombre de spécimens, preuve supplémentaire de l’excellente fiabilité mécanique de la grosse diversion.

Les points faibles

Ne remplace pas un mythe qui veut et la XJS en fait les frais. Le moteur, qui semble creux à bas régime, vibre de manière insistante jusqu’à 5500 t/mn. Comme sur la petite Diversion, ces vibrations s’amplifient dans le carénage et rendent la conduite pénible. Le vieux 900 cc du XJ se montrait bien plus agréable et coupleux.
-Le poids avec les pleins (260 kg), et la hauteur de selle excessive handicapent la maniabilité lors des manoeuvres, alors que la répartition des masses et le rayon de braquage sont plutôt favorables. Sur la route, la selle trop dure et la position, trop en appui sur les avant bras, fatiguent prématurément le pilote.
-La bulle trop basse et le carénage amputé de sa partie inférieure font râler les grands rouleurs invétérés.

Points à surveiller

Décelés par de nombreux propriétaires de XJS, des phénomènes désagréables de guidonnages, ressentis en dessous de 100 km/h, sont imputables à la détérioration rapide des roulements d’origine (tous ceux de la partie cycle). Certains ont même eu recours à l’adaptation de pièces issues de l’ancienne XJ pour résoudre le problème !
-Défaut de sous-traitance ou mauvais montage à l’importation, en tout cas la moto se trouve dangereusement déséquilibrée. Pour vérifier que vous avez trouvé un « bon numéro » (bien sûr, toutes les XJS ne sont pas atteintes par le mal…), testez en lâchant le guidon à 60 km/h. S’il se met à osciller instantanément, c’est perdu !
-Rattrapez le vite et rendez la moto à son vendeur. Les silencieux d’échappement se corrodent prématurément, surtout sur les motos utilisées par temps humide (mais c’est pourtant fait aussi pour ça, non ?).
-Observez qu’il n’y a aucune boursouflure sous les silencieux et à proximité de leurs soudures. Pensez à vérifier que l’amortisseur a été remplacé sur les motos totalisant plus de 40 000 km.

A l’usage

Pneu AV
de 6 000 à 20 000 km – moyenne 15 000 km
Pneu AR
de 5 000 à 18 000 km – moyenne 12 000 km
Plaquette AV
de 12 000 à 30 000 km – moyenne 20 000 km
Plaquette AR
de 10 000 à 25 000 km – moyenne 15 000 km
Cardan
vidange tous les 15 000 km
Conso moyenne
6,5 l/100 km

A saisir

Une machine totalisant 60 000 km, sortie de révision générale (distribution rénovée), équipée d’un amortisseur de qualité, d’un carénage et de valises.

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Les avis de

  • L’accro

Robert, 900 XJS de 95 (19 500 km)
J’utilise ma moto tous les jours pour me rendre au travail. Et malgré la pluie, la neige, le gel et toutes ces plaisanteries hivernales, la XJS, stationnée jour et nuit dehors, sans abri, démarre au premier coup de pouce, avec un tiers de starter. Moi je dis, chapeau ! Je n’ai plus aucune raison de chercher autre chose.

  • Le dégouté

Philippe, 900 XJS de 94 (25 000 km)
Elle bouffe ses pneus avant de travers, et se met à guidonner sur la moindre bosse en ville. Mon concessionnaire a remplacé les roulements de la colonne de direction dès 8 000 km ! Et il me conseille de passer à la casserole pour ceux de la roue avant d’ici peu, quelle arnaque ! En plus, les silencieux sont complètement pourris de l’intérieur… Et dommage qu’ils aient oublié d’y mettre un vrai moteur.

MEMO

-*Guidonnage : lors de l’essai routier, cherchez à débusquer les machines aux roulements lessivés. En lâchant le guidon à faible allure, rien ne doit bouger.

-*Pot d’échappement : les silencieux ont tendance à se désagréger rapidement. Traquez les boursouflures sous le pot et aux abords des soudures.

-*Moteur : surveillez le remplacement de la chaîne de distribution dès 50 000 km. Attention aux fuites suspectes sur le moteur (culasse, embase).

-*Carénage : les vibrations s’attaquent goulûment à ses pattes de fixation et à son matériau plastique cassant à souhait. Chassez les fissures et renforcez les silent-blocs au plus vite.

Fiche technique

Moteur
4 cylindres en ligne, refroidi par air, 2 ACT
Cylindrée (al. x cse) : 892 cm3, 2 soupapes par cylindre
Puissance maxi : 89,4 ch (65,8 kW) à 8 250 tr/min
Couple maxi : 8,5 mkg (83,4 Nm) à 7 000 tr/min
Transmission
Boîte de vitesses 5 rapports
Transmission finale par cardan
Dimensions / Poids
239 kg
Vitesse
environ 200 km/h

évolutions

94 Présentation de la XJS.
Le moteur, dérivé de l’ancienne XJ (bas moteur), conserve une culasse à 8 soupapes et une rampe de carburateurs de 34 mm. Cadre double berceau tubulaire, suspendu par un monoamortisseur (déb. 120 mm) et une fourche hydraulique (ø 41 mm, déb. 140 mm).
Montre, warning, jauge à essence et béquille centrale de série.
99 Présentation de la XJ 900 GT‑: carénage (trois pièces, vide-poches intégrés), grand guidon, antibrouillards, valises (Krauser, 24 litres) et pare-carters. Initiative de l’importateur. En 1997 et 2000, une série limitée Freeway reprend la formule simplifiée (bas de carénage disponible normalement en option, bulle haute, valises 42 litres et marquage antivol).

Consultez aussi :

-*L’essai de la Yamaha 900 XJS Diversion

 

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