La dernière tendance des Journées des Professionnels de la Moto et du Scooter se traduit par le phénomène des mini-bike.
Pour la 5e année consécutive, les acteurs du monde motocycliste se sont retrouvés lors des Journées des professionnels de la moto et du scooter (JPMS) les 4 et 5 février 2007 à Lyon. L’occasion pour les marques de présenter certaines nouveautés, de chercher des partenariats commerciaux, mais aussi de faire le point sur les dernières tendances.
Ces engins sont dangereux en partie parce que le quidam qui n’y connait pas grand chose confond ces motos avec l’inofencivité d’un jouet. Grave erreur !
Loi des 100cv : Une hypocrisie bien française

On le sait, tout deux-roues circulant en France ne doit pas excéder la puissance de 100ch. Ce qu’on connaît moins, c’est l’article L317.5 du Code de la route, qui dit qu’un professionnel qui participe à la modification de puissance d’un véhicule est passible de deux ans d’emprisonnement et/ou de 30 000€ d’amende.
« Cette loi est un véritable scandale » s’insurge François Cominardi, président de l’Ofdam (Observatoire francophone de la distribution des accessoires moto). « Cela veut dire que celui qui vend un filtre à air, celui qui installe une chaîne de transmission adaptable, ou celui qui répare le pneu d’une moto en full power risque la prison ! » Maître Gautier, avocat de l’Ofdam, va plus loin : « C’est d’une hypocrisie totale. Cette loi est contraire au droit européen, qui prévaut sur les différents droits nationaux. Une plainte auprès de la Commission européenne va être déposée dans les semaines qui viennent, et l’Etat français risque bien de se retrouver hors la loi. »
Face à ce problème franco-français, s’il y en a au moins un qui ne sent pas concerné par cette restriction de puissance, c’est le représentant Yoshimura France, M. Rousset : « On ne peut plus nous accuser de vendre des pièces compétition pour un usage routier », assure t il. « Les temps ont changé ! Pour avoir une moto de course sur route, il suffit d’avoir un coupe-ongle, et de couper un seul fil à l’allumage. Plus personne ne veut dépenser des milliers d’euros pour gagner 5 ou 6 chevaux sur une machine qui en fait déjà 160. »
« Au yeux des politiques, les problèmes des motards sont considérés comme marginaux », conclut M. Cominardi, « on n’a pas de poids en comparaison du lobby automobile, par exemple, qui lui n’est soumis a aucun souci de bridage. »

Sur les 200 constructeurs, équipementiers et spécialistes de l’habillement présents sur l’unique salon dédié aux professionnels en France (les JPMS) , force est de constater que les constructeurs de "dirt bike" ont le vent en poupe (voirMotomag n°233). En effet, ces répliques de motos tout-terrain en miniature, appelées aussi "pit bike", étaient présentes en masse sur le salon.
Face à la mort annoncée du 2-temps et à la montée en puissance des scooters 4-temps venus des pays asiatiques, certains préparateurs de 50cm3 commencent à s’y mettre. Tel est le cas de M. Bidalot, propriétaire de la marque du même nom : « Le manque de fiabilité des scooters chinois et coréens nous a poussé à développer ce type de machine 100% loisirs. Et les clients répondent présents. »
Ce marché est bien connu des constructeurs asiatiques qui proposent des machines esthétiquement similaires aux concurrentes, mais affichées au tiers du prix, avec une qualité de fabrication quelquefois loin des standards admis.
« Nos machines ne sont pas des sous-produits », assure un représentant de la marque Moorea-Bikes, à l’initiative du MiniMoto SX Tour. « Le problème vient aussi de l’utilisation que l’on en fait. Certains concessionnaires sont trop excités à l’idée de vendre, et ils en oublient de dire au clients les précautions liées à l’usage d’un tel engin, notamment qu’ils doivent impérativement rouler sur un terrain privé. »
Le tout terrain toujours dans la tourmente
Les amateurs de tout-terrain connaissent bien la problématique des terrains privés. « Depuis la circulaire Olin voir dossier motomagTT, qui assimile la balade sur les chemins à du hors-piste, beaucoup d’utilisateurs préfèrent rouler dans l’illégalité plutôt que de se faire verbaliser en respectant la loi ! » assure Charles Péot, porte parole de Codever(Collectif pour la défense des loisirs verts). « On a obtenu, grâce à l’arrêt du Conseil d’Etat, la condamnation du ministère de l’Ecologie. Mais on ne baisse pas les bras ! La hausse des verbalisations continue, et on est désormais rejoint par des cavaliers et des cyclistes, qui eux aussi sont victimes de cet acharnement contre les loisirs verts. »
Une situation que confirme un responsable de GasGas France sous couvert d’anonymat : « En 2005, certains usagers sont venus chercher dans le tout-terrain la liberté que la politique de répression leur avait enlevée sur la route. Avec la directive Olin, on ne peut plus rouler du tout. » Et de conclure : « En ces temps de période électorale, il serait bon que nos futur(e)s élu(e)s expriment clairement leurs positions là-dessus. »
site officiel JPMS
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Voir aussi le "Spécial nouveautés 2007 : guide critique des nouveautés
Pascal Percie du Sert - 06/02/2007
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