Récit de voyage : «Berezina» de Sylvain Tesson, en side-car Oural avec Napoléon
Par Patricia Potelle
28 février 2015
Motard et baroudeur invétéré, l'écrivain voyageur Sylvain Tesson raconte un trip de 4.000 km dans un froid glacial, retraçant la retraite de Russie de l'armée de Napoléon, de Moscou à Paris. Une prouesse de motard bien racontée l'auteur.
En automne 1812, Napoléon est contraint de replier son armée vers la France. C’est la retraite de Russie, une course à la mort dans le froid glacial des steppes orientales.
Deux cents ans après, Sylvain Tesson se lance le défi de parcourir les 4.000 km de l’itinéraire de l’armée agonisante, cette fois non pas à cheval, mais avec trois side-cars Ural chargés ras la gueule. Au départ de Moscou, en plein hiver évidement.
Camions fous
Mordus par le froid, bravant les camions fous et les pannes mécaniques, trois Français et deux Russes (Sylvain l’auteur, le géographe Cédric Gras, le photographe Thomas Goisque et deux amis russes, Vassili et Vitali) se réchauffent le cœur dans de vieux hôtels de l’ère soviétique à grands coups de vodka.
Au fil des étapes, l’auteur convoque Caulaincourt et Tolstoï pour nous faire revivre l’enfer vécu par les troupes françaises et l’héroïque traversée de la rivière Berezina, mais aussi pour nous aider à comprendre l’âme russe, mystique, fataliste et réfractaire à la nationalité occidentale. Un livre rafraîchissant et décapant !
Ces side-cars Ural défient en permanence les lois de la mécanique. Durant les 4.000 km de ce trip hivernal, l’auteur déroule le parcours entre Moscou et Paris où l’Empereur arrivera le 15 décembre 1812, laissant derrière lui son armée en lambeaux.
Le soir, c’est vodka et à l’aube, gaz vers une nouvelle étape. Smolensk, Minsk, Berezina, Vilnius. Sous les casques, les pensées vont bon train. Napoléon était-il chef sanguinaire ou visionnaire génial ?
La mécanique rappelle les motards voyageurs à la réalité, un cylindre vient de serrer, la nuit tombe et la route est couverte de glace…
Dans la Boutique Motomag.com
- Retrouvez le portrait de Vitali, motard russe qui a suivi Sylvain Tesson dans son périple, dans le n°319 de Moto Magazine (juillet-août 2015), p. 24-25

- Sylvain Tesson et Cédric Gras passent devant le monastère de Borodino.










