Conduite moto : bien aborder un col de montagne

Par Jeff Copin

14 juin 2013

Rien de tel que la montagne pour incliner sa moto comme jamais. Mais cet environnement spécifique recèle de nombreux pièges. Astuces pour franchir un col sans encombre.

MONTER. Les autocars, grands camping-cars et autres engins forestiers ou agricoles négocient certaines courbes (surtout les épingles) en empiétant franchement sur la voie opposée (idem en descente). Jetez un œil vers le haut ou le bas pour anticiper leur arrivée (1), serrez à droite et préparez-vous à stopper au besoin. En épingle à droite, le relief crée une inclinaison de la chaussée qui réduit brutalement la garde au sol (2). Gare aussi aux cyclistes qui évoluent à très faible allure en gravissant les pentes (3).

DESCENDRE. C’est en descente que les freins peuvent faire défaut. En effet, dans ces conditions d’usage intensif, le phénomène de « brake fade » ou « fading » (évanouissement des freins) est plus fréquent. Il s’agit d’un échauffement excessif du circuit de freinage qui entraîne une perte quasi-totale d’efficacité (plaquettes glacées, ébullition du liquide). Ce dysfonctionnement est plus sensible sur le frein arrière. Pour profiter au mieux du frein moteur, n’hésitez pas à rétrograder 50 m au moins en amont des virages.

REGARD. Théoriquement, on porte son regard le plus loin possible, au minimum au virage suivant. Dans ceux dits « aveugles » (sortie visible après la moitié de la courbe), il s’agit donc de couper les gaz jusqu’à ce que l’horizon se dégage. Prévoir aussi que la visibilité puisse se dégrader subitement (voir « météo »).

ADHÉRENCE. Le gel peut laisser des stigmates piégeuses (ornières, faïençage, tassements, nids de poule…). Le ripage des pneus des véhicules lourds dans les virages serrés laisse un épais dépôt de gomme très glissant, surtout lorsque la chaussée est humide ou souillée de gasoil (4). En descente, le revêtement des zones de freinage est souvent fripé ou ondulé.

MÉTÉO. Selon l’humidité ambiante, la température varie de 0,5 à 1 °C tous les 100 m, à la baisse en montée et inversement en descente (prévoir un vêtement pour compenser).
À la sortie d’un tunnel ou au passage d’un col, la météo peut changer. Les variations sont aussi brèves que violentes (rafales de vent, orage, grêle, brume…) et peuvent entraîner moult débris sur la chaussée (boue, branches, cailloux, etc.).

ACCOTEMENT. Rarement praticables car mal stabilisés, étroits et trop inclinés, les accotements de montagne ne permettent pas de béquiller de façon stable ni de se garer en sécurité. Mieux vaut donc profiter des aires de stationnement aménagées (5)

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A retenir…

  • Consulter la météo locale avant le départ.
  • Aborder virages aveugles et épingles à faible allure.
  • Gare aux changements d’adhérence et/ou de visibilité.

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-*Le HS Tourisme 2012 de Moto Magazine

 

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