Essai
Article

En 2012, Mash créait la surprise avec sa Seventy One. La marque, alors nouvellement créée par La Sima, allait rafler la mise en 125 cm3 avec une recette simple : définir, en France, un cahier des charges qui emprunterait beaucoup à l’esthétique des 70’s et confier l’assemblage de la machine à la Chine. Voilà qui s’appelle avoir le nez creux.

En 2015, la Mash allait se classer en première position des ventes de 125 cm3 avec 1 816 Seventy Five écoulées. Un tel succès ne pouvait laisser la concurrence insensible.

Néo-rétro
2015, la Dip, qui importe notamment Royal Enfield, reprend la recette à son compte et décide de créer une néo-rétro sous sa marque Orcal, dont le catalogue jusqu’alors comportait des scooters. Un cahier des charges est établi en France.

Il comportera là aussi de bons morceaux de madeleine de Proust. Pour renforcer sa saveur vintage, l’Astor reçoit un kick (en plus du démarreur électrique), un phare rond, un pot saucisson, des soufflets de fourche, de belles jantes à rayons, des surpiqûres de selle, un réservoir joufflu bi-tons…

Bref, tout y est et l’illusion n’est pas loin d’être totale. Certaines pièces sont même de belle facture (jantes, guidon, tés de fourche) et la finition, plus soignée que sur les premières Mash. Côté motorisation, une copie sous licence du monocylindre de 9,6 ch de la Yamaha 125 YBR, prend place dans un cadre en tube d’acier, identique à celui de la Mash. Le tout, là encore, est assemblé en Chine avec un certain soin.

 

Posée sur l’une de ses béquilles (centrale ou latérale) l’Astor produit son petit effet. Esthétiquement c’est une réussite. Voyons ce qu’il en est en route. Le démarrage s’effectue sans peine à condition d’avoir relevé la béquille latérale, celle-ci faisant office de coupe-circuit. Pas très commode. Une fois le starter au pouce gauche activé (alimentation par carburateur oblige), il suffit d’actionner le démarreur électrique (ou le kick pour les nostalgiques). La moto s’ébroue.

Temps de chauffe
Par contre pas question de partir dans la seconde. Vintage jusqu’au bout du carburateur, l’Astor doit chauffer un certain temps, voire un temps certain, avant de s’élancer à l’assaut de la rampe de parking sans caler. Une latence à laquelle les motos modernes à injection ne nous ont plus habitués.

Une fois en selle, on a vite fait de se la rejouer ex-fans des sixties où sont tes années folles. Des airs de Birkin en tête, on aurait presque envie d’aller à Londres. Finalement on s’arrêtera à Saint-Denis Stade de France. D’abord parce qu’on a une course à faire chez Leroy Merlin (ça tombe bien il y de belles poignées latérales pour attacher le sandow) et puis Astor ne rime pas avec confort.

La position de conduite, bien droite, n’est pas en cause, même pour les grands gabarits. Par contre côté suspensions… Une (mauvaise) impression confirmée en duo. Ces amortos qui talonnent... Le passager pâtit aussi d’une selle courte et dure à la longue et d’une sangle de maintien assez chiche.

Le moteur souffre aussi d’un certain manque de souplesse. À bas régime, il est mollasson, ce qui ne le rend pas idéal en ville. Idem du faible rayon de braquage et du large guidon qui empêchent de se faufiler entre les voitures. À partir de 5000 tr/min le mono s’agite un peu mais devient alors bruyant. Comment espérer entendre la frêle voix de Birkin nous demander où sont passées nos idoles ?

Verdict
Pour ce qui est de nous replonger dans les 60’s, l’Astor tient ses promesses, tant d’un point de vue esthétique que mécanique. Les pneus glissouillent sur le mouillé, les freins ne sont pas très mordants, le moteur est mou et les suspensions sèches. Du revival en veux-tu en voilà.

Si vous envisagez de rouler un peu à son guidon, il faudra sans doute opter pour une nouvelle paire d’amortisseurs et de pneus. Et voilà un billet de 300 € à rajouter aux 2 320 € de la machine neuve. Soit un budget supérieur à celui d’une Yamaha YBR 125 (2 599 €) ou de la nouvelle Honda CB 125 F (2 499 €) qui ne vont sans doute pas aussi bien au teint des motards vintage mais jouissent d’une notoriété et d’un réseau de distribution autrement supérieurs.

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Fiche technique

Orcal Astor (données constructeur)
Moteur
Type : monocylindre refroidi par air, 4T, 2 soupapes, simple ACT
Cylindrée (al. x cse)  : 125 cm3 (54 x 54 mm)
Puissance maxi : 9,6 ch à 8 500 tr/min
Couple maxi : 9,5 Nm à 6 500 tr/min
Alim. / dépollution : carburateur/Euro 3
Transmission
Boîte de vitesses à 5 rapports
Transmission finale par chaîne
Partie-cycle
Frein Av (étrier à x pist.) : 1 disque de 300 mm / étrier double piston
Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque de 210 mm, étrier simple piston
Réservoir (réserve) : 16 litres (nc)
Poids tous pleins faits : 124 kg
Hauteur de selle : 780 mm
Pratique
Coloris : noir, gris
Garantie : 2 ans pièces et M.O.
Prix : 2 320 €

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