Mue par le bicylindre de la routière F 800 S, la BMW F 800 GS marche sur les plates-bandes des gros trails routiers. Son avantage : une vraie capacité à quitter le bitume. De quoi séduire les aventuriers allergiques aux trop grosses cylindrées. Secondée par une F 650 GS plus « light », la 800 GS vaut le détour.
| POUR | CONTRE |
|---|---|
| + Polyvalence | - Selle dure et haute |
| + Consommation | - Trop d’options |
| + Comportement routier |
Comment peut on rouler sur cette espèce de poutre métallique qui sert de selle ? Solution : rester toujours en suspension sur ses 2 pieds ! BM sort des selles de plus en plus inconfortables sur l’ensemble de sa gamme.
(données constructeur)
Moteur Type bicylindre parallèle refroidi par eau, 4T, 2 ACT et 4 soupapes par cylindre ; Cylindrée (al. x cse) : 798 cm3 (82 x 76,5 mm) ; Puissance maxi 85 ch (63 kW) à 7.500 tr/min ; Couple maxi 8,4 m.kg (83 N.m) à 5.750 tr/min ; Alim./depollution injection ø 46 mm/Euro 3
Transmission Boite de vitesses à 6 rapports ; Transmission finale par chaîne (16 x 42)
Partie-cycle Frein av (étrier a x pist.) 2 disques ø 300 mm (2 juxt.) ; Frein ar (étrier a x pist.) 1 disque ø 265 mm (1) ; Reservoir (réserve) 16 litres (3) ; Poids à sec 185 kg
Pratique Coloris noir et jaune, gris et noir ; Garantie 2 ans pièces et M.O. ; Prix 9.950 € (tarif 2008, hors options)
Le moteur de la F 800 S a été revu pour être logé dans le nouveau cadre tubulaire. Pour l’essentiel, le débattement des suspensions devait permettre les escapades TT, l’empattement devait être réduit : les cylindres ont été redressés pour y parvenir.
À l’intérieur du twin, peu de changements : arbres à cames modifiés au profit du couple et changement inédit du système d’équilibrage du vilebrequin pour annihiler les vibrations.
Loin de l’idéal en TT, la courroie crantée est remplacée par une chaîne, et les jantes à rayon et la roue avant de 21 pouces sont bienvenues.
Souple et coupleux, le twin reprend à 1.500 tr/min en 5e. Très linéaire dans ses montées en régime, il ne déchaîne pas les passions, surtout quand le tracé aligne de longues courbes sollicitant les relances.
Un défaut compensé par une disponibilité sans faille sur toute la plage d’utilisation (1.500 – 7.000 tr/min), le tout parfaitement dosable. Idéal à l’attaque d’un chemin.
Autre point fort : la consommation. À rythme soutenu, 5,5 litres aux 100 km ont été mesurés. On dépasse 260 km avant réserve.
La hauteur de selle (880 mm) peut gêner. Sans supplément de prix, la selle basse (850 mm) est disponible. Ouf ! Commandes « naturellement » disposées, distance selle/repose-pieds confortable pour les jambes : la prise en main ne pose pas de problème.
Avec sa roue avant de 21 pouces, la F 800 GS oppose une légère inertie à la mise sur l’angle. Mais le large guidon en alu offre le bras de levier nécessaire pour l’incliner sans effort.
Grâce à ses bonnes suspensions, la « béhème » colle à la route et au chemin avec rigueur. Le freinage, ici équipé de l’ABS, est progressif et rassurant ; l’arrière ne joue pas les figurants.
Verdict. La F 800 GS est une réussite, même si le comportement lissé de son bicylindre n’égaille pas la conduite. Elle vient jouer dans la cour des gros trails routiers, un atout supplémentaire dans ses bagages : sa réelle aptitude aux virées hors bitume. Seule dans son créneau au vu de sa cylindrée, elle se permet aussi une similitude de prix avec les « grosses ». Rare privilège.
La F 650 est une version soft de cette GS pour affronter la ville, ou mettre en confiance les débutants. Malgré l’appellation 650, c’est bien le 800 cm3 qui officie, dégonflé à 71 ch. Petite liste des différences.
Les premiers tours de roue démontrent que la 650 n’est pas une F 800 GS au rabais : le « truc » de ce trail, c’est l’accueil et la facilité. À 8.200 €, la BMW 650 GS est un ticket d’entrée raisonnable dans la famille BMW. Certes, son tarif dépasse de plus de 1000 euros celui de ses concurrentes, telles la Honda 700 Transalp et autre Kawasaki 650 Versys.
Mais ses bonnes aptitudes à déambuler en ville tout comme son couple nous ont enthousiasmées. Un comparatif s’impose donc.
Etienne Garcin-Marrou - 02/09/2008
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