Ce mardi 24 juin, sur le circuit Carole (93), l’une des nombreuses journées Open Mutuelle des Motards prenait place, en présence du team GMT94 et de la FFMC. Les 73 participants (sociétaires ou non) ont pu profiter de sessions pistes encadrées avec leurs propres motos (configuration route uniquement), ponctuées de cours par des pilotes-instructeurs professionnels. Rencontre, partage, prévention et apprentissage étaient les maitres mots.

- Laurent Brian, pilote-instructeur du groupe Open débutant, paré à accompagner ses élèves sur piste
Chacun des instructeurs brevetés d’état (Nathalie Betelli, Laurent Brian et Kenny Foray) encadrait un groupe de motards classé par niveau (débutant, intermédiaire et intermédiaire +). Les sessions se composaient de 20 minutes de roulage sur piste, puis de 20 minutes de débrief avec atelier pilotage (trajectoire, freinage, position de conduite, etc.).

- Nathalie Betelli s’occupait du groupe intermédiaire. Ici, ça cause freinage et position de conduite !
Tous les participants recevaient une attention particulière pour des conseils adaptés à chacun. À noter que, pour assurer la sécurité des 3 groupes, les roulages ne se faisaient jamais jusqu’à saturation de la piste, avec un nombre de participants bien répartis entre chaque session.
L’intérêt d’une journée Open est multiple : apprendre à piloter sur piste avec sa moto de tous les jours en toute sécurité, connaitre ses limites et celle de sa moto, mais aussi intégrer des mécanismes qui aideront sur la route. Les compétences et les bonnes pratiques de chaque pilote (la position de conduite notamment) progressent après une journée Open.
Enfin, sachez que les combinaisons piste peuvent être prêtées aux débutants par la Mutuelle des Motards, et que les journées Open existent aussi pour les motos typées trails (voir les Open Trails). Alors, tenté de participer à la prochaine ? Pour vous convaincre, on s’est rendu sur place pour questionner quelques participants.
Open Piste Carole 2025, interview des participants
Laurent S. et sa Suzuki GSX-R 750 de 2006
Moto Magazine : Laurent, tu es pigiste pour Moto Journal et tu participes aujourd’hui à une journée Open de la Mutuelle des Motards sur le circuit Carole. Ça fait combien de temps que tu roules la moto ? Tu as déjà participé à une Open ?
Laurent S : Ça fait 45 ans ! Je roule régulièrement sur Carole, mais c’est ma première participation à une Open.
MM : Quelles sont tes premières impressions après cette matinée de roulage ?
LS : Très bonnes ! La grosse différence avec les roulages libres, c’est que là, on est dans un groupe restreint suivant notre niveau. Nous ne sommes que 18 contre 30 habituellement, c’est beaucoup plus confortable.
MM : Que penses-tu de l’encadrement de la Mutuelle et des ateliers de conduite ?
LS : C’est très bien. Entre chaque roulage on remonte en salle avec Kenny Foray, qui roule avec nous également en s’adaptant à notre niveau. Il est très accessible, très pédagogue. Il fournit des conseils qui confirment ce que je savais déjà. Ce sont des conseils, qui en l’occurrence, sont vraiment bien pour se perfectionner. Le motard apprendra des choses qu’il ne verra jamais sur un roulage classique sur piste.
MM : Et que penses-tu du circuit Carole ?
LS : C’est le circuit qui est près de chez moi donc j’y viens souvent ! (rire) Il est formidable, d’abord parce que c’est un circuit régional qui en plus, offre des week-ends gratuits, ce qui est unique en France à ma connaissance. On est toujours très bien accueillis, il y a un bon environnement... C’est vraiment extraordinaire d’avoir ça en région parisienne.
Tu es venu rouler avec ta GSX-R, c’est ta moto réservée à la piste où tu roules tous les jours avec ?
LS : Alors je fais des balades avec pour la faire tourner, mais je m’en sers essentiellement sur circuit. Pour la vie de tous les jours, j’ai une Honda Hornet 750. Une moto fantastique pour le quotidien. Mais avec de bons pneus, on peut venir rouler ici ! C’est tout à fait adapté.
Edme L. et sa KTM 890 Duke de 2020
Moto Magazine : Salut Edme ! Tas déjà roulé sur circuit ?
Edme L. : Carole uniquement ! J’y vais environ 4 fois par an. Par contre c’est la première fois que je fais une Open.
MM : Ah ! Alors, quel est ton ressenti ? L’organisation l’encadrement ?
EL : J’ai commencé avec Nathalie, dans le groupe intermédiaire, elle nous a tout de suite pris en charge. Elle nous a expliqué plein de choses. Après, on a fait les trois sessions ce matin. Après chaque session il y a un débriefing où elle nous explique ce qui va bien ou pas : vitesse trop élevée, manque de chauffe de pneu, position trop raide... Elle nous donne pas mal de conseils !
MM : Quel conseil a chamboulé tes habitudes de conduite justement ?
EL : Après la première session, elle nous a expliqué comme placer nos pieds sur les cale-pieds. Quelque chose que je faisais mal ! J’étais trop sur la pointe. Or il faut caler ses cale-pieds sous la partie la plus large du pied. Alors c’est facile à dire, car une fois sur piste, c’est différent ! (rire) Bref, j’ai appris des choses "basiques", mais que je n’avais pas en fait. Rien que pour ça, cette journée Open vaut le détour, ça m’a permis de progresser rien qu’en une matinée. Je passe les virages plus vite et je me déhanche mieux.
MM : Tu reprends l’Open à 14h20 avec 3 sessions (il est 13h au moment de l’ITW NDR), on t’a annoncé ce que tu allais étudier ?
EL : Je pense qu’on aura des ateliers et des débriefings axés sur les trajectoires. Je connais un peu la théorie, moins la pratique. Je sais que là, dans le premier virage, la première fois que j’étais venu à Carole, on m’avait dit "il faut mettre le genou sur la plaque d’égout" (rire). Et souvent la plaque, elle passe à deux mètres de moi...
MM : Donc tu penses qu’à la fin de cette journée, tu seras un meilleur pilote ?
EL : Ah oui ! J’aurai appris les bases que je ne connaissais pas, même après des années de permis et 4 roulages libres. Connaitre les bonnes pratiques, c’est top. Je serai plus à l’aise quand je retournerai sur Carole !
Bruno H. et sa Yamaha Niken 900 de 2020
Moto Magazine : Salut Bruno ! Tu as 57 ans, tu fais de la moto depuis 35 ans. Tu roules souvent sur piste ?
Bruno H. : Non rarement ! Mais j’ai déjà roulé sur Carole, au Vigeant, au Mans. Et c’est la deuxième fois que je participe à une Open. La dernière fois c’était en 2010 avec une Honda CBF125 (rire). J’ai même une photo avec David Checa (pilote de vitesse et d’Endurance NDR) dessus.
MM : Mais là du coup, tu es venu en Yamaha Niken !
BH : Je voulais tester les capacités et de la machine... Et les miennes aussi ! Freinage, prise d’angle, accélération... sans mettre en danger les autres et moi-même.
MM : Oui tu as un peu fait comme les mecs qui viennent en Break routier au Nurburging...
BH : C’est ça, je dépose le top-case, je l’accroche au grillage et je vais sur circuit avec ma Niken ! (rire)
MM : Et alors, elle se comporte bien sur circuit, cette machine ?
BH : C’est pas mal ! C’est un peu lourd. J’ai dû déposer les ergots de béquille pour essayer d’arriver en butée sur la machine. Je suis le rythme, le moteur de la MT-09 marche super bien. Ça se conduit comme une moto, sauf que ça freine mieux et ça ne perd pas l’avant. C’est surprenant... même si c’est un peu de la triche ! (rire)
MM : Tu as suivi les briefings avec les pilotes. Qu’en as-tu pensé ?
BH : J’ai trouvé ça intéressant. On a parlé de la position de conduite, donc ça m’a permis de la corriger, on a parlé du freinage... Quand je retourne sur piste ensuite, j’applique un élément à la fois pour ne pas m’embrouiller. Et ça marche ! Je suis plus à l’aise sur la moto, je prends plus de plaisir. C’est le but. La performance non, mais te sentir en sécurité oui. Et s’amuser un peu avec sa moto, ce que tu ne peux pas faire sur la route. J’ai hâte d’aller au troisième atelier.
MM : Aucun regret donc !
BH : Je conseille les Open à tout le monde. Aller sur circuit, oui, mais dans le cadre des Open, c’est cadré, c’est pas dans un esprit de compétition, c’est plus détendu. C’est les motos de tous les jours, c’est plutôt sympa. Ça permet d’acquérir de bons réflexes au freinage, en courbe...
MM : Au delà du circuit, tu sens que tu seras plus à l’aise sur route avec ta Niken ?
Maintenant, je sais jusqu’où je peux aller en cas d’urgence : freinage, prise d’angle... Et ça, c’est vraiment bien.
Elsa G. et sa Suzuki GS500E de 2003
Moto Magazine : Salut Elsa ! Tu as 25 ans, tu es permis A2. Avec seulement 1 an et demi de permis, tu es venue rouler en journée Open sur Carole. C’est la première fois pour toi ?
Elsa G. : Oui tout à fait !
MM : Alors, comment tu l’as senti aujourd’hui, pas trop intimidant ?
EG : Un peu difficile, dans le sens où je passe de la route à la piste ! Mais une fois dans le bain, on s’amuse. On a des bons conseils des coachs pour apprendre. Aussi, quand on fait le baptême avec les pilotes, c’est tres formateur. J’étais avec Nathalie (pilote-instructeur du groupe intermediaire NDR), c’était incroyable. On est obligé de déhancher. On voit vite, au bout de trois virages, qu’on est obligé d’aller avec elle ! Et justement, ça nous apprend à déhancher dans les virages. J’ai eu un déclic... on se dit, c’est possible !
MM : Tu es avec le groupe des débutants, qu’est ce que tu as vu et appris, outre savoir te déhancher dans les virages ?
EG : Le regard ! Savoir où le placer. Je sais que le regard incite au mouvement, mais où le placer change tout sur circuit. Le freinage aussi. J’ai beaucoup appris, car c’était mon défaut. Autant les trajectoires tout ça je connaissais, je regarde beaucoup de courses. Mais le freinage, ça, c’est difficile mentalement. Au début on a tendance à lâcher les gaz, et freiner seulement après. Alors qu’il faut lâcher et freiner d’un seul coup. Ce n’est pas évident. Instinctivement, on se dit qu’on va se mettre au tas. Mais ce n’est pas le cas !
MM : Tu es satisfaite de ta GS500 sur circuit ?
EG : C’est très maniable ! Les motos me doublent dans les lignes droites, mais dans les virages, je ne suis pas si à la ramasse que ça avec cette moto (rire). Je peux la jeter dans les virages, contrairement à d’autres qui restent sur l’extérieur de la parabole, comme s’ils avaient du mal à rentrer dans le virage. Sur route, je ne sentais pas l’avantage de cette moto, je préférais ma moto de moto-école. Mais depuis que j’ai fait de la piste avec, je l’adore, cette GS500.
MM : Tu as gagné en confiance avec cette moto... et tu vas probablement gagner en confiance sur route !
EG : Complètement. J’avais peur de freiner sur route, j’aurai moins peur maintenant. Je connais ses limites. J’ai mieux compris ma moto, jusqu’où je peux aller avec. Avant, je freinais trop de l’arrière, mais depuis l’Open, je vais mieux freiner de l’avant.
MM : Donc globalement tu es satisfaite de cette journée Open. Tu souhaites en refaire une ?
Ah oui ! Pour apprendre des éléments supplémentaires dans un groupe de niveau supérieur, avant de me lancer dans des sessions "libres". Mais est-ce que j’aurai le niveau suffisant ? Où dois-je me réinscrire dans un groupe débutant ?
MM : Il faudra que tu en discutes avec les pilotes-instructeurs, ils sauront analyser tes compétences et t’orienter. D’autant plus que tu peux changer de groupe à la volée si ça ne convient pas. Donc ce n’est pas un problème, ne t’en fais pas. C’est modulable.
C’est bon à savoir. Et puis malgré les appréhensions, j’ai qu’une envie, c’est d’y retourner ! Je voulais changer de moto, mais maintenant je me dis que je vais surement la garder encore un peu pour profiter de tout ce que j’ai appris.
Open Mutuelle des Motards : tarifs et infos supplémentaires
70€ pour les sociétaires
100€ pour les extérieur
Les Open se déroulent sur piste (Open Piste) , mais aussi en tout-terrain (Open Trails)
Plus d’infos sur le site officiel des Open Mutuelle des Motards






