Après un galop d’essai sur piste humide sur le circuit de Barcelone le lendemain du GP (8 septembre), Fabio Quartararo a disposé, lundi 15 septembre, d’une journée complète de conditions idéales à Misano afin d’évaluer la nouvelle M1 V4 Yam. Tandis que son co-équipier Alex Rins et son collègue de travail Jack Miller se partageaient le second proto V4 existant.

- Fabio enfourche le proto Yam V4 pour la seconde fois en l’espace d’une semaine. Il l’avait découvert il y a 8 jours à Barcelone lors de tests privés
Lors du debrief de fin de journée, Alex comme Jack, qui ont déjà piloté des V4 (Honda pour Rins, Ducati, KTM et Honda pour Miller) reconnaissaient un potentiel intéressant au proto Yam. Notamment une meilleure motricité, à l’accélération comme au freinage (le grip du pneu arrière participe aujourd’hui activement aux performances des protos MotoGP au freinage). Le manque de motricité étant actuellement la principale limitation de la M1 quatre cylindres en ligne.

- L’un des principaux intérets du V4, c’est que sa puissance supérieure (une fois développée) permet de « charger » davantage la moto en appendices aéro sans pénaliser la V-Max. On obtient ainsi plus de grip.
Jack Miller reconnaissait que le V4 « manquait encore de chevaux face à la concurrence, mais que c’était parfaitement normal à ce stade du développement moteur. » Mon collègue David Emmett soulignant le potentiel de ce jeune proto démontré aux essais du GP de San Marin par Augusto Fernandez, en se maintenant à 1,2 seconde de la pole établie par Marco Bezzecchi sur l’Aprilia officielle. Mais lorsque Fabio Quartararo a fait part de ses impressions au guidon du V4, c’était surtout pour faire part de sa déception.

- Avec ce V4 à la surface frontale plus réduite que celle d’un quatre cylindres en ligne, Yamaha prépare 2027 : ils pourront conserver les appuis aéros en dépit d’un carénage plus étroit par réglement. Ce qui aurait été impossible avec un quatre en ligne
Selon lui, le nouveau proto, « ne réglant aucun souci du quatre cylindres en ligne actuel, tout en montrant un potentiel inférieur. » Le communiqué de presse officiel (ci-dessous) est une version soft des dires de Fabio. Mais le Français était visiblement déçu à l’issue de ce second contact avec le V4. « C’est normal » expliquait Jack Miller. « Fabio connaît son potentiel. Il veut disposer d’une moto pour gagner, et le V4 n’en est pas encore là. C’est un proto en début de développement, et il va lui falloir du temps. La moto que nous testerons au essais post Valence sera différente, et il faut passer par toutes ces étapes avant d’avoir un résultat. »

- Notez l’impressionnant bras oscillant caissonné, les diffuseurs à l’avant du carénage façon Ducati, et l’échappement du banc de cylindres arrière qui débouche sous la selle, comme pour tous les autres V4 MotoGP.
Au vu des commentaires des uns et des autres, il apparaît que Yamaha a pris la bonne décision en ne faisant pas monter Fabio sur le V4 trop tôt (il roule depuis deux mois avec Augusto Fernandez en tests privés). Toute la difficulté pour le staff Yam lors de ces prochains mois sera de maintenir leur champion dans un état d’esprit positif alors qu’ils font progresser leur machine. Un exercice de haute voltige que pilotera Paolo Pavesio, le nouveau directeur du service course Yamaha, que vous retrouverez en interview exclusive sur le site internet de Moto Magazine la semaine prochaine. Stay tuned !
Fabio Quartararo, pilote officiel Monster Energy Yamaha MotoGP team
« C’était la première fois que les gens pouvaient me voir piloter la V4 en public, donc je pense qu’il est normal qu’il y ait beaucoup d’attention lorsque vous revenez après votre première course. Bien sûr, cette moto en est encore à ses débuts, il y a donc encore beaucoup de travail à faire. Nous n’avons pas eu les mêmes sensations qu’à Barcelone, mais il y a une marge de progression. Je n’ai aucun problème pour m’adapter au moteur V4. Mais je ne pense pas qu’il faille s’attendre à ce que le moteur résolve tous les problèmes d’un seul coup. Il y a également d’autres domaines clés, tels que les réglages et l’électronique, qui doivent être ajustés. Nous explorons actuellement son potentiel. »
Massimo Meregalli, directeur du team officiel Yamaha MotoGP
« Au cours des quatre derniers jours, cela a été la première évaluation du prototype équipé du moteur V4 parmi tous les autres concurrents et dans des conditions de course, ainsi que la deuxième occasion pour Fabio et Álex de parcourir quelques kilomètres sur la nouvelle moto. Nous en sommes aux premières étapes du développement de cette moto et nous ne pouvons pas utiliser les temps au tour comme indication objective de l’avancement de ce projet. En considérant ce GP et ces essais d’un point de vue objectif, il est établi que la base a du potentiel. Nous devons maintenant naturellement ajuster et perfectionner le prototype en fonction de nos conclusions. »
