Le but de cet article n’est pas de défendre les possesseurs de pot bruyants, où d’éviter d’être sanctionné lorsque l’on roule en dehors des clous ; Moto Magazine s’est déjà positionné dans ses colonnes sur le sujet. En revanche, il est important de rappeler comment les contrôles doivent se dérouler.

Rappel évident
On ne pouvait pas commencer cet article sans remettre les pendules à l’heure en ce qui concerne le bruit des motos. Nous avons vu trop souvent, lors de contrôles au sonomètre devant la presse, des personnes expliquant que les motos dépassaient les « normes d’homologation ». Pointant de l’index accusateur les 90 dB ou plus inscrits sur la carte grise (surtout des gros cubes), qui seraient bien supérieurs aux 77 dB de la réglementation. Donc, comme nul n’est censé ignorer la loi, surtout des pseudo spécialistes, un petit rappel s’impose.

Les règles de réception
Déjà on ne parle pas d’homologation mais de réception d’un véhicule. Donc pour la réception d’un véhicule, il ne faut pas que ses émissions sonores dépassent les 77 décibels (dB) exactement — le grand public lui, parle couramment de 80 dB. Ce chiffre correspond à la norme de réception d’un véhicule concernant ses émissions sonores en conditions de circulation.

Tests d’émissions sonores
Dans les faits, deux tests sont réalisés lorsqu’un constructeur ou son représentant fait une demande de réception de son véhicule, tous 2-roues confondus.
Le premier test, appelé « bruit du motocycliste en marche », est réalisé en dynamique. La moto roule en 3e, à 50 km/h, sur une piste d’essai. Lorsqu’elle passe devant la “zone de contrôle”, l’émission sonore de la moto ne doit pas dépasser les 77 dB (78 dB dans des cas particuliers). Vous comprendrez aisément que ce genre de test est impossible à reproduire sur la route.
C’est pour cette raison qu’il y a un second test, appelé « bruit émis par un motocycliste à l’arrêt », réalisé en statique, dont le but est de permettre aux forces de l’ordre de procéder par la suite à des contrôles routiers.
C’est cette valeur qui est retranscrite su votre carte grise dans le champ U.1, indiquant le nombre de dB maximum à contrôler. Le champ U.2 est également renseigné : il indique le régime de puissance auquel le test doit s’effectuer. Notez que la valeur indiquée dans le champ U.1 peut être largement supérieure aux 77 dB puisque ce test n’est pas réalisé dans les mêmes conditions (distance du sonomètre).

Procédure de contrôle par les forces de l’ordre

  • Utiliser un sonomètre au minimum de classe 2.
  • Les mesures sont faites sur le réseau de pondération « A » et avec la caractéristique dynamique « rapide » (Hi).
  • Le contrôle ne doit pas se faire dans une zone présentant des perturbations importantes (ex : route à forte circulation, carrefour, présence de travaux…).
  • 1 - Aucun obstacle ne doit figurer à moins de 3 mètres du contour de la moto.
  • 2 - Le pot d’échappement ne doit pas être à moins d’un mètre d’une bordure de trottoir.
  • 3 - Le sonomètre est placé à une distance de 50 cm de la sortie d’échappement, avec un angle de 45° par rapport à l’axe longitudinal du véhicule.
  • 4 - Le sonomètre cible le point supérieur de l’échappement. En aucun cas la hauteur ne peut être inférieure à 20 cm du sol.
  • 5 - La moto est au point mort, embrayée. Le moteur doit être porté à sa température normale de fonctionnement (ventilateur en fonctionnement).
  • 6 - Si le véhicule possède deux échappements, distant de plus de 30 cm, il faudra utiliser deux sonomètres. Seule la valeur la plus forte sera retenue.
  • 7 - Avant de procéder au contrôle, le niveau de bruit ambiant doit être mesuré. Il doit être inférieur de 10 dB au bruit à mesurer sur la carte grise durant les 3 essais.
  • 8 - Dans la zone de contrôle, il ne peut uniquement y avoir le conducteur et l’observateur (le policier).
  • 9 - Le moteur est amené au niveau de régime moteur figurant sur le champ U.2 de la carte grise. Dès que le régime stabilisé est atteint, la commande d’accélération est rapidement ramenée à la position de ralenti. Le niveau sonore est mesuré pendant une période de fonctionnement comprenant un bref maintien.
  • 10 - Seul le propriétaire de la moto est habilité à accélérer.
  • 11 - Trois mesures sont effectuées. Elles sont considérées comme valables, uniquement si l’écart entre les résultats des trois mesures est inférieur à 2 dB (ex : 95 ; 97 ; 95). C’est la valeur la plus élevée des trois qui sera retenue.
  • 12 - Il existe une tolérance de 5 dB.

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