Xénon ou H4 + : comment améliorer l’éclairage de sa moto

Par Nicolas Baudon

Aldo Fusco

7 décembre 2014

Pour réduire le risque et la fatigue des trajets nocturnes en moto, un éclairage performant est incontournable. Il existe pour cela différentes solutions, aux coûts et technologies variés.

Quelque soit la saison, (l’hiver, la nuit tombe dès la sortie du boulot et l’été on roule plus tard à la fraîche), rouler en moto de nuit est inévitable. Et notre phare – souvent unique sur une bécane –, la myopie nocturne comme la disparition des reliefs n’arrangent rien.
Heureusement, la technologie vient à notre secours pour améliorer l’éclairage. Certains équipementiers proposent des systèmes avec lampe au xénon (qui ont fait leurs preuves en automobile) ; d’autres des ampoules classiques (à incandescence), dites « plus ». Mais entre coût, efficacité et législation, il est parfois difficile de faire la part des choses…

Efficacité et technologie

Avec une ampoule au xénon, l’éclairage produit est très blanc et très puissant. Le gain de luminosité est flagrant. Mais cet éclairage, généré par un arc électrique qui excite les particules de gaz (le xénon), nécessite une forte puissance électrique, et en conséquence l’installation d’un ballast qui permet ce surcroît d’énergie.

Il existe pour cela des kits, coûteux (entre 100 et 150 €), qui adaptent cette technologie aux motos. Autre solution, les ampoules dites « plus ». Comparativement aux ampoules standards, elles apportent une réelle amélioration (40 % de lumière supplémentaire et une projection allongée de 10 à 20 m). Elles utilisent la classique technologie du filament de tungstène porté à incandescence.
Ce sont la qualité et la finesse du filament qui influent sur les performances d’éclairage. Leur prix va de 9 à 40 €.

Confort

De l’avis de nos essayeurs, une ampoule au xénon (plein phare seulement) procure un grand confort de vision grâce à un éclairage très blanc, puissant et large. En revanche, la profondeur du champ est diminuée et la limite entre la zone éclairée et la zone sombre est très tranchée. Ce point négatif serait dû (selon un technicien de Hella) à une optique (réflecteur, verre) non adaptée. Pour compenser cette « perte », il faudrait relever l’angle d’éclairage, ce qui conduirait à éblouir de façon certaine les conducteurs croisés.
Si vous préférez la simplicité d’une ampoule « plus », il faut savoir qu’il existe de vraies disparités d’un modèle à l’autre et que l’amélioration fournie concerne majoritairement le plein phare. Certaines relèvent plus du gadget (halo bleu) que du gain d’éclairage.

Par ailleurs, le passage du feu de croisement au feu de route puissant peut provoquer un contraste plus brutal. Sur ce point, toutes les ampoules ne procurent pas non plus le même confort. Lors de nos tests, c’est la Philips Motovision H4 qui a obtenu les meilleurs résultats.

Xénon : que dit la loi ?

L’homologation des ampoules xénon (en auto) est assujettie à l’ajout d’un système de correcteur d’assiette et d’un lave-glace dédié pour éviter l’éblouissement. En moto, il n’existe rien de tel et, en théorie, les optiques sont homologuées uniquement pour des ampoules halogènes et reçoivent un numéro d’agrément. L’obligation se limite à la distance d’éclairage (30 m minimum) et le fait de ne pas éblouir. Aussi ceux qui proposent le xénon jouent-ils sur un flou de la loi : l’équipement lui-même est « homologué » mais son usage théoriquement interdit…

A retenir…


 Les ampoules au xénon, en code, éblouissent les conducteurs croisés, comme ceux qui roulent juste devant. 
 Les ampoules au xénon, efficaces, sont coûteuses, nécessitent la pose d’un ballast et ne sont pas légales en adaptable. 
 La modification du système électrique de la moto peut entraîner la déchéance de la garantie sur les composants électriques,
et affaiblir les alternateurs. 
 Les ampoules « plus » sont bon marché et efficaces à condition de bien les choisir.

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