Choisir son antirouille moto

Par Nicolas Baudon

Guillaume de Crop

8 octobre 2013

Suite à une usure de la peinture ou à un éclat, les métaux ferreux mis à nu sont en proie à l’oxydation. L’effet proliférant de la rouille ronge alors le métal. Avant qu’il ne finisse en dentelle, un traitement s’impose.

Si l’hiver est peu apprécié des motards, les machines y subissent également des agressions. Routes humides et le cas échéant salées, rayons de soleil timides ou encore stationnements prolongés sans traitements préventifs, les conditions « idéales » y sont réunies pour faire apparaître la rouille ! Disgracieuse, cette dernière fragilise également le métal et possède la fâcheuse propriété de proliférer.

Mais à moins d’opter pour le « tout plastique », certains produits permettent de stopper cette gangrène. Pour moins de 15 € le bidon (souvent en 250 ml), il existe essentiellement deux catégories de produits permettant de combattre la rouille : les convertisseurs et les suppresseurs. Les propriétés diffèrent entre ces deux types, mais la mise en application, la durabilité du traitement ou encore l’aspect final également. Avant d’arrêter son choix, quelles sont donc ces différences ?

Le convertisseur

Il représente une solution rapide. Avec un traitement de ce type, la prolifération est stoppée. La rouille est isolée sous une couche hydrophobe (une espèce de résine) peu esthétique, et peut très bien ressortir « un jour ». La mise en œuvre est en revanche simple. Il suffit en effet de gratter la couche superficielle de rouille avec une brosse métallique (ou un abrasif), puis d’appliquer le convertisseur à l’aide d’un pinceau. 

Ce procédé ne nécessite donc pas de décapage complet, et peut se faire sans démontage. Mais son aspect peu discret le réserve davantage aux parties peu visibles (béquilles, boucle de cadre, etc.) qu’aux éléments de carrosserie.

Le suppresseur

C’est un traitement de fond. Il est moins facile d’utilisation, et la pièce incriminée doit de préférence être démontée puis sablée (ou poncée avec soin) pour éliminer le maximum de rouille avant d’être traitée. L’application se fait également à l’aide d’un pinceau. Ces destructeurs sont à base d’acide phosphorique. Un acide qui présente l’intérêt de stabiliser le processus. La suite logique d’un tel traitement est une nouvelle mise en peinture (préalablement apprêtée). Si la corrosion est totalement éliminée, cette solution plus professionnelle peut également demander d’immobiliser la moto. Elle relève plus de la restauration que du dépannage.

Bien vu

  Certains convertisseurs résistent bien aux températures élevées (applicable sur échappements). 
  Selon les marques, ils ont un temps de séchage plus ou moins rapide (minimum 4 heures).

Mal vu

  Les suppresseurs qui demandent d’être abondamment rincés à l’eau pour stopper le travail de l’acide. 
  L’acide de certains suppresseurs attaque la peinture des parties saines (protection obligatoire).

A retenir…

  Les convertisseurs de rouille (type Frameto) bloquent la prolifération de la rouille qu’ils transforment en une couche sombre assez épaisse. Comme un pansement, ils sont faciles à mettre en œuvre. Le temps de séchage est rapide mais la finition est basique. 
  Les suppresseurs (type Restom PAC 2030) sont des « dérouillants-phosphatants ». Ils éliminent totalement le processus mais leur utilisation est plus exigeante et réclame une mise en peinture de finition.

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