Bien choisir les protections de sa moto
Par Nicolas Baudon
Guillaume Dayan
12 février 2014
L’hiver approche. Avec ses facéties, dont la fameuse glissade sur sol givré. Les protections moteur peuvent nous venir en aide et éviter la casse… quand elles ne l’aggravent pas ! Un accessoire, donc, à choisir avec le plus grand soin.
À l’instar du plaisir de pencher, la chute fait partie des épisodes de notre vie. On a beau chercher à s’en prémunir, il y a toujours des graviers, une plaque de verglas ou simplement un antivol oublié pour nous rappeler les lois la gravité. Et comme une moto meurtrie entraîne souvent la signature d’un gros chèque au concessionnaire, l’envie de lui greffer des protections fait vite son chemin.
Du bon sens
Malheureusement, nombre d’entre elles sont incapables de limiter l’ampleur des stigmates. Pire, les plus mal conçues amplifieront les dégâts, au risque de faire passer la machine en épave. Cadre fêlé, moteur fendu : il faut donc redoubler de vigilance et trier le bon grain de l’ivraie. Une tâche délicate.
Vérifier d’abord ce qu’il faut protéger en priorité sur la moto. Inclinez-la au maximum pour savoir quelles parties touchent le sol en premier. Une protection digne de ce nom devra évidemment rencontrer le sol avant la pièce qu’elle est censée protéger. Dans certains cas, un simple top-case et des embouts de guidon suffisent pour éviter aux carters et/ou au radiateur de se chiffonner contre le bitume.
Le concept du fusible

Les protections monobloc, trop rigides, génèrent énormément de contraintes sur le cadre ou le moteur qui risquent de céder en cas de gamelle.
Une protection de bonne facture est conçue comme un fusible. Elle ne rompt pas au moindre impact mais cède si l’intensité du choc est trop élevée, sous peine d’entraîner des dégâts collatéraux en faisant éclater la pièce à laquelle elle aura été fixée. D’une manière générale, éviter les systèmes de fixation monopoint au profit des multipoints qui répartissent l’énergie de l’impact.
Du patin à la roulette
L’extrémité de la protection doit être en un matériau qui favorise le glissement tout en offrant une bonne résistance à l’abrasion. L’Ertacetal a cette propriété. Les patins sont préférables aux roulettes de petite taille (type skateboard) qui ont tendance à se « planter » dans le sol. Elles constituent alors un point de rotation autour duquel la moto bascule.

Des fixations multipoint répartissent l’énergie de l’impact en plusieurs endroits. Un patin bien dimensionné et taillé dans un matériau glissant est à privilégier.
Ce risque augmente proportionnellement à la longueur de la tige séparant le patin de la moto. Plus cette tige sera longue, plus le bras de levier sera important. Le patin (ou roulette) ne doit pas être maintenu au bout de son axe par la même vis que celle qui maintient ledit axe à la moto. La qualité de la visserie a son importance : une vis roulée offre une résistance à la traction de 30 à 40 % supérieure à celle d’une vis filetée.
Le tube de l’hiver
S’ils conviennent à votre machine, les pare-carters ou pare-cylindres en tubes d’acier constituent une bonne alternative. Eux aussi doivent posséder plusieurs points d’ancrage. Trois, si possible. Ces accessoires présentent aussi l’avantage de protéger les membres inférieurs en cas de choc latéral. Veillez à la qualité du traitement de surface si vous ne voulez pas voir la rouille s’installer au bout de deux mois. Pour des questions environnementales, il devient difficile de faire des chromages de qualité. Une bonne peinture époxy polyester est préférable. Les pièces en alu, elles, devront être anodisées.
A retenir…
L’esthétique ne doit jamais primer sur l’efficacité.
Mal conçue, une protection peut causer des dégâts au lieu de les éviter.
Ces organes peuvent éviter les griffures après une glissade à faible allure ou une chute à l’arrêt ; mais pas plus.






