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Essai Yamaha 125 DTLC : enduro civilisé Essai Yamaha 125 DTLC : enduro civilisé Essai Yamaha 125 DTLC : Paris-Dakar 1984 Yamaha 125 DTLC : moteur vivant

Commercialisée à partir de 1982, la Yamaha 125 DTLC reçoit des modifications radicales en 1984, pour répondre à la concurrence des MTX 125 Honda. Le bras de suspension arrière de type « cantilever » des premiers modèles cède la place à un élément classique mais en aluminium et de section rectangulaire.
Il est suspendu par un mono amortisseur vertical, dit « mono cross ». La roue avant se voit dotée d’un frein à disque hydraulique. Le moteur reçoit le système de valve à l’échappement YPVS. Si la 125 DTLC est d’abord vendue comme un trail destiné à un usage polyvalent, dès le premier regard, la filiation enduro est évidente.

Ergonomie à la japonaise

Compteur, compte tour, totalisateur général et journalier, température de liquide de refroidissement, voyants indispensables… Loin de l’accastillage rustique et sommaire des enduros purs et durs, le tableau de bord très lisible est quasi aussi encombrant que celui d’une 125 routière de l’époque, un bon point en ville et sur route, un appel à la prudence en off-road où une chute bénigne peut suffire à casser le cache compteur. Douces et ergonomiques à la japonaise, les commandes n’appellent pas de critique. Bien visibles malgré un volume contenu, les clignotants sont eux aussi assez exposés. Un porte-paquet permet l’emport d’un bagage ni trop lourd, ni trop volumineux. Le véritable aventurier voyage léger…

Une belle agilité en ville

Pour un deux temps, le moteur à admission par clapet et échappement régulé YPVS rend la 125 DTLC assez souple et facile à utiliser à bas régime. Son poids raisonnable (110 kg tous pleins faits) lui offre en ville une belle agilité, bien épaulée par la vivacité du propulseur. Depuis 1985, il en existe deux versions de 15 ch, celle de notre essai (accessible à partir de 17 ans avec le permis A1). Seuls les numéros de cadre de moteur et d’échappement arrière permettent de les distinguer. Si tout est réglé selon les données constructeur, à l’égal du bruit, les fumées d’échappement sont assez discrètes.

Aptitudes routières réelles

Les aptitudes routières réelles de la DTLC sont une bonne surprise. Grâce à des suspensions très souples, une selle moelleuse et une position de conduite naturelle, le confort est acceptable sur de longues étapes. Une vitesse de croisière de 110 km/h y est envisageable en solo tout en gardant une petite réserve pour dépasser sur le plat ou l’aiguille du compteur peut accrocher 140 km/h.

Plutôt bien pour un outil bridé à 15 ch (13 à la roue arrière). Cela donne une idée du brio des versions développant 18,5 et même 22 ch, accessibles avec les permis A (moto) ou B d’avant 1980. Confié à un disque, pincé par un étrier simple piston le freinage avant est sécurisant mais assez brutal car la fourche très souple s’enfonce vite et profondément. Tant pour la route et la ville que l’enduro, le recours à des ressorts adaptables plus progressifs s’impose. Le frein arrière à tambour paraît archaïque comparé à la modernité du reste de la machine. Sur route, c’est un complément indispensable pour limiter la plongée de l’avant.

« Moto des villes, motos des champs » (Moto Magazine n°32)

Honorable pour un trail, son rapport poids/puissance est aussi un bon atout hors-route où la DTLC s’avère être bien plus qu’un « tous-chemins ». « Moto des villes, moto des champs », titrait à son sujet Moto Magazine en octobre 1986. Moyennant une préparation très abordable de la partie cycle et du moteur, elle passe du trail à l’enduro comme de le dire et peut encore constituer en 2014 un bon outil pour débuter ou simplement participer.

Pour l’histoire, en 1984, un des premiers modèles, à suspension cantilever donc, piloté par Patrick Vallet, a même terminé le Paris-Dakar à la 40e place. L’amortisseur arrière d’origine (N.D.L.R. : de réputation médiocre) avait été remplacé par un modèle spécial fourni par Ohlins. Elle a été la première 125 à terminer dans les temps.

La Yamaha 125 DTLC en 2014

De 1982 à 1991, il s’est vendu en France 31.360 Yamaha 125 DTLC, cinq unités restantes ayant encore trouvé preneur en 1992. Il n’est donc pas impossible d’en trouver en assez bon, voir très bon état pour un tarif variant de 800 à 1.300 €.

Pour un usage loisir tranquille, privilégiez un modèle en parfait état d’origine totalisant moins de 30.000 km et révisé depuis peu, factures à l’appui.
S’agissant de préparer un enduro, un modèle moins beau et moins cher suffira, sachant que de nombreux éléments, comme le bloc de phare, celui de compteur, le feux arrière et les clignotants devront être remplacés par du matériel moins encombrant et moins fragile.

Pour plus de sureté, quelques frais devront être consacrés à la remise à neuf du moteur. La DT 125 LC (1984 -1991) est traitée dans la Revue Moto Technique n°58.

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