Remonter les files en moto sans risque

Par Nicolas Baudon

Jeff Copin

30 avril 2016

Concentration maximale ! La remontée de file en zone urbaine, aux feux ou dans la circulation, est une manœuvre a priori évidente. Or, profiter de la mobilité de la moto est un exercice complexe qui nécessite une attention de tous les instants. D’autant que cette pratique n’est que partiellement tolérée.

Profitant (à tort) de ce pseudo instant de répit, les automobilistes choisissent souvent la file d’attente pour passer un coup de fil, consulter leur GPS ou SMS, régler la clim’, se passer un coup de peigne ou retoucher leur mascara… Bref, tout sauf surveiller la circulation dans les rétroviseurs où justement nous nous profilons.

Une attention surmultipliée

Heureusement, notre instinct de conservation affûté nous incite à établir derechef une redistribution des rôles en traquant les regards (ou plutôt l’absence de regard) dans les rétros des véhicules à la queue leu leu. Et aussi injuste que cela puisse paraître, nous devons aussi surveiller les clignotants (quand ils ne sont pas oubliés) et le sens de braquage des roues des autres usagers, en plus de gérer notre propre engin. Une attention surmultipliée qui permet d’éviter la majorité des chausse-trappes survenant en remontant une file.

Première au hit-parade des mauvaises surprises, la manœuvre de « tourne à gauche », trop souvent effectuée au dernier moment et sans clignotant, représente plus de 30% des causes de collision.

Mais il faut aussi compter sur les écarts et coups de frein intempestifs, la portière qui s’ouvre ou le véhicule forçant la priorité à droite en coupant la file…

Un biotope complexe

La partie la plus à gauche de la chaussée cumule en outre d’autres particularités qui décuplent sa dangerosité.
• D’abord, le revêtement s’avère être la zone la plus grasse de la voie, sujet à moult projections qui rendent le freinage scabreux (côté de la trappe de réservoir de carburant de la plupart des véhicules et des sorties d’échappement, surtout des camions). Ensuite, et contre toute attente, il s’agit d’un milieu très fortement peuplé !
• Non seulement il s’agit de surveiller les piétons « classiques », qui n’aspirent qu’à se rendre de l’autre côté de la chaussée, et les cyclistes et trottinettes qui profitent, comme nous, de leur surcroît de mobilité pour remonter au feu.


• Mais il faut aussi scruter la présence des professionnels de la file d’attente que sont les laveurs de pare-brise ou autres quémandeurs, trop affairés pour faire vraiment attention à la circulation.
• Voilà largement de quoi nous occuper lors d’une manœuvre de prime abord simple et partagée par tous nos confrères à deux roues.
• Justement, il reste encore à surveiller tous ceux qui profitent des mêmes circonstances dans le sens opposé de circulation !
• Les rencontres entre motards autour d’un constat amiable ou d’une ambulance sont rarement de bons moments… d’autant que les assurances vous considèreront le plus souvent en tort pour cette manoeuvre pas inscrite dans le code de la route.

S’il ne fallait retenir que cela…

• Les accidents dus aux automobilistes qui soudain tournent à gauche sans prévenir sont des plus fréquents.
• Les véhicules « dépassés » masquent les risques venant de la droite (piétons, portière impliquant un écart, feux rouges, etc.).
• La partie proche de la ligne médiane est souvent glissante.

Le phare allumé permet d’être plus vite repéré, mais n’oublions pas que nous devons redoubler de vigilance et remonter en douceur les files. Cette pratique est partiellement tolérée, en cas d’accrochage, le motard est considéré en tort.

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