Peinture moto : effacer les rayures

Par Nicolas Baudon

Phil Defer

1 juillet 2014

Sur une peinture abîmée, les défauts les plus visibles ne touchent, la plupart du temps, que la couche superficielle. Aussi, avant d’envisager une remise à neuf, sachez que l’on peut restaurer soi-même l’aspect de sa moto, pour un résultat souvent surprenant.

Deux types de peintures sont utilisées en carrosserie. Celles dont la couche visible est la peinture elle-même (comme la « brillant direct », la plus courante) et celles, plus élaborées (la métallisée, par exemple), qui comportent une teinte mate recouverte d’un vernis transparent. Dans les deux cas, lorsque la peinture est abîmée, c’est souvent la seule couche brillante qui est dégradée. Or l’épaisseur de la peinture, ou celle du vernis, permet de restaurer cette couche brillante, de redonner un aspect flatteur à la surface, ou de supprimer une grande partie de ses défauts.

Décrassage et inspection

Commencez par un nettoyage de la pièce avec un détergent ménager et une éponge, et poursuivez par un rinçage soigné. Il s’agit de ne laisser aucune poussière qui, par la suite, provoquerait des rayures. Observez alors la surface peinte. Si elle ne comporte que des zones dépolies ou des dépôts dus à un frottement, ils disparaîtront au polissage. En revanche, si vous sentez certains défauts en y passant votre doigt, commencez avec un papier abrasif, qui lissera la surface à traiter.

Le papier abrasif

Celui-ci se caractérise par son numéro ou par son « grain ». Un grain 800 ou 1 000 est le minimum à employer pour ne pas labourer la surface. Il permet d’égaliser rapidement les défauts (Étape 1). Passez ensuite, pour lisser, à un grain plus fin : 1 600 ou 2 000 Ces abrasifs spécialisés sont vendus à la feuille en comptoir auto (et non en grandes surfaces) et s’emploient avec de l’eau. Utilisez un support qui répartira la pression des doigts : éponge ou bloc de mousse. Rincez fréquemment pour travailler avec un papier propre.

Les polish

Le terme polish est souvent employé abusivement, notamment lorsqu’il figure sur les flacons vendus en grande distribution et qui ne sont que des cires, à l’action décapante faible, voire nulle. En gros, elles font briller les défauts ! Un vrai polish est constitué d’abrasifs très fins, mais efficaces, qui suppriment les aspérités (Étape 2). Le brillant final est obtenu par polissage de la surface si l’épaisseur de la peinture le permet. Le rendu est aussi incomparable que durable. Ce polish de carrossier ne se trouve lui aussi qu’en comptoir auto. Comptez 20 euros pour un gros flacon.

L’application

Le polish liquide s’emploie sur une surface parfaitement propre et appliqué sur un tampon d’ouate ou un morceau de tissu. Procédez par petites surfaces d’une vingtaine de centimètres (Étape 3). Après quelques minutes de ce traitement, briquez la surface avec de la ouate propre, puis scrutez-la à la lumière (Étape 4). Recommencez si nécessaire, jusqu’à obtenir un net contraste avec la surface non traitée .

La finition

Une fois la pièce entièrement polishée, puis nettoyée, vous pouvez effectuer un lustrage de finition pour parfaire le brillant, avec un produit lustrant professionnel ou de grande distribution (Étape 5). Sa qualité conditionne le rendu final, mais aussi la protection de la peinture face aux agressions ultérieures (UV, pollution…).

Peinture : effacer les rayures en 5 étapes

1) Si la surface a des déformations perceptibles au doigt, restaurez-la avec un papier abrasif de carrossier, de grain fin : 800, puis 1 600 ou 2 000 pour le polissage final. Un rinçage fréquent à l’eau le maintient propre. Ne le tenez pas avec la main, mais avec un support souple pour répartir la pression.

2) Les polish professionnels sont les seuls qui restaurent réellement les peintures ou les vernis, en leur redonnant un lissé miroir. Un produit de grande surface peut ensuite être utilisé pour le lustrage final, ou en entretien et protection de la peinture.

3) Avec un polish professionnel, de la patience et beaucoup d’huile de coude, les défauts de surface disparaissent. La peinture ou le vernis retrouvent un joli brillant. Procédez par petites surfaces en réhumectant le tampon au besoin.

4) Après le lustrage de la zone avec de la ouate propre, estimez le degré de finition, et recommencez si besoin. Les gros défauts et rayures profondes ne sont qu’atténués, mais l’aspect d’ensemble est récupéré, avec un brillant flatteur.

5) Les produits de lustrage de supermarché vendus sous le nom « Polish » ne sont en général que des cires de brillantage. Ils peuvent néanmoins être utilisés pour briquer la pièce rénovée, et ils laissent parfois un film protecteur, selon leur qualité réelle.

À retenir…

Un polissage soigné peut restaurer une peinture de façon spectaculaire et pour un prix dérisoire.
Le véritable polish est un produit professionnel ; les autres ne sont que des brillanteurs.
 Les habillages plastique sont très cassants sous 15° C. Au remontage, un point de graisse sur les tétons facilite la mise en place et le démontage suivant.

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