MM : Pourtant Jonchiere et Barrier sont plus rapides que toi sur la piste ; comment peut-on bien régler une moto si l’on est moins rapide ?
SS : Je ne me fie jamais à la poignée de gaz, autrement dit au chrono d’un tour. Ce qui compte c’est tout le travail en amont. Bien percevoir les réactions de la moto en telle ou telle autre situation et chercher à la corriger ensuite, c’est ce qui te permettra ensuite de faire un tour canon. Mais n’oublie pas qu’un Bol dure 24h et que la moto doit surtout être préparée pour courir toute la distance et non pas uniquement un super chrono pendant un tour.

MM : Au rythme où vont les meilleurs et donc votre Honda, ce n’est pas difficile pour toi qui ne fais plus que de l’Endurance ?
SS : Bien sûr que c’est difficile, car il a aussi l’âge. Ce n’est pas que je n’arrive pas à mettre la moto sur son angle maximum, mais c’est la rapidité qui n’y est plus.

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MM : Parlons de ce Bol 2010 et des forces en présence. Quel est pour toi équipe favorite ?
SS : Je suis partagé entre plusieurs équipes, mais je crois à la fin que la Suzuki du SERT et la Kawasaki du GSR restent les grands favoris de ce 74e Bol d’Or. Les deux motos sont au top, même si la Kawa est un peu meilleure en préparation. Les pilotes et les équipes aux stands sont très affûtés. Chez Kawa, ils surfent sur la vague de la victoire au Mans et n’ont pas la pression du championnat, mais le SERT reste une valeur sûre. Il y a aussi la BMW qui cartonne aux essais, qui est une moto très rapide, avec des super pilotes et les meilleurs pneus (Michelin). Mais malgré tout ça, je crois que l’équipe BMP ne possède pas toute l’expérience nécessaire pour faire une course en tête et la moto doit encore montrer sa fiabilité sur 24h.

MM : Tu places donc les autres grandes équipes telles le GMT 94, le YART ou le Bolliger Team en outsider ?
SS : Oui et je t’explique pourquoi. Le GMT a fait un pari fou en choisissant en début d’année Bridgestone qui n’avait pas beaucoup d’expérience en Endurance. Maintenant, ils sont en Michelin et c’est bien, mais on ne règle pas une moto du jour au lendemain avec des nouveaux pneus ; sans parler des pilotes qui doivent s’habituer…Concernant le YART, pour qui j’ai couru pendant deux saisons, ils sont champions du monde en titre, mais leur équipe fonctionne moins bien cette année. Il n’y a pas, je crois, la même cohésion que l’an dernier et c’est un paramètre important quand on veut être devant. Quant aux suisses du team Bolliger, ils ont certes une bonne moto, mais ils sont dans une logique de championnat et non pas de gagner le Bol.

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Sébastien et son épouse

MM : Concernant les pneus, il y a-t-il une vraie différence au point de conditionner la victoire finale ?
SS : Michelin possède actuellement les meilleurs pneus pour l’Endurance, surtout sous la pluie. Mais comme tout pneu performant ils sont très « pointus » et tout le monde ne s’adapte pas. Ils sont très sensibles aux changements de température, et gérer les différents types de gommes ça doit être un vrai casse-tête pour les techniciens de la marque ; surtout qu’ils ont un bon nombre de bonnes équipes maintenant. Les Dunlop ou le Pirelli sont plus faciles.

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