Essai

Le choix du nom de son nouveau scooter à grandes roues en dit long sur les ambitions de Peugeot. En optant pour Belville, du nom de ce quartier populaire de l’est parisien avec une faute d’orthographe délibérée, la marque entend capitaliser sur le savoir-vivre et l’élégance à la française. Et même si la marque est passée sous le contrôle de l’indien Mahindra, elle se délecte du plaisir qu’auront les Italiens, Espagnols mais aussi Grecs, Vietnamiens ou Algériens à se targuer d’avoir acheté un « Belville » fut-il construit en Chine. Nul doute qu’il y a plus de glamour dans ce petit nom que dans « SH ». Reste à savoir si le recours à cette sonorité chantante et so frenchy suffira à détrôner le fameux Honda qui truste à lui seul 69% des 35 000 ventes de scooters à grandes roues en Europe.

Prix serré
Pour se faire une place au soleil avec des objectifs de ventes de 5 000 unités par an au niveau mondial, dont 10% pour le marché national, le Peugeot Belville mise sur un prix serré, un niveau d’équipement élevé et une certaine élégance donc.
Pour ce qui est du tarif, le 125 cm3 est proposé à 2 899 €, soit 700 € de moins qu’un Honda 125 SH et 450 € de moins qu’un Piaggio Medley, son second concurrent direct. Voilà de belles économies en perspective qui permettront, par exemple, de s’offrir un équipement complet. Les plus économes pourront toutefois regarder du côté du Piaggio Liberty 125 i-Get à 2 449 €.

Pratique ou sportif ?
Ce tarif de 2 899 € vaut pour les deux déclinaisons du scooter français entre lesquelles l’utilisateur devra trancher. L’Allure table sur la sobriété et la praticité avec son top-case d’origine. Le RS troque le top-case contre un brin de sportivité. On y trouvera donc, toujours pour 2 899 €, un disque pétale, un petit saute vent, des jantes noires à liseré rouge, des inserts alu et une selle bimatière. Les deux versions bénéficient du même feu arrière dont la signature - trois griffes lumineuses - joue la filiation avec l’univers automobile Peugeot. Côté partie cycle et motorisation, rien ne distingue les deux modèles.

Niveau d’équipement honorable
Pour ce qui est de l’équipement, Peugeot n’a pas à rougir de sa prestation. Le Belville est équipé de série de deux béquilles, d’un porte-paquet avec poignées passager, d’un tableau de bord full digital (peu lisible à cause des reflets - un défaut sur lequel la marque affirme avoir revu sa copie ; à vérifier), d’une boîte à gants dans le tablier avec prise USB et finition perfectible (le joint caoutchouc sort de son logement et les charnières semblent fragiles), d’un warning, d’un rappel sonore des clignotants et enfin - argument massue ! - d’un ABS (uniquement sur la roue avant).

L’argument sécurité
Peugeot compte beaucoup sur cet ABS pour faire la différence, à ce niveau de prix, avec la concurrence. En effet si depuis l’avènement de la norme Euro 4, le couplage frein avant et arrière est devenu obligatoire en 125, l’ABS reste facultatif et relativement rare sous les 3 000 €. À l’usage, cet ABS se montre peu intrusif ce qui s’expliquerait par la présence d’une roue phonique à l’arrière qui évite les déclenchements intempestifs. a contrario, le frein arrière, dépourvu d’ABS bloque facilement. Il manque de progressivité, ce qui impose d’autant plus de prudence que les pneus CST ne brillent pas par leur grip. Méfiance sur le mouillé.

Chi va piano
Si la position de conduite est bien droite, on regrette que la selle - ferme - soit trop inclinée sur l’avant. Sur les freinages appuyés, le conducteur a tendance à glisser vers le guidon. Quant au bloc moteur, il s’agit du nouveau Smartmotion, un monocylindre à refroidissement liquide développant 11,3 chevaux. Ce moteur compact qui aurait nécessité de gros investissements en R&D serait dès lors prédisposé pour Euro5. Environnement friendly, il ne consommerait pas plus de 2,5 l/100 ce que nous n’avons malheureusement pas pu vérifier pendant cet essai. Nous l’avons par contre trouvé assez bruyant et assez peu démonstratif, surtout à haute vitesse. S’il n’a pas de mal à s’extirper du flot de circulation au feu, il se montre plus à la peine sur les grands axes où les vitesses à 3 chiffres sont de rigueur. Le Belville conviendra donc pour un usage urbain et périurbain mais montrera clairement ses limites sur les trajets rapides. À condition donc de lui éviter la torture des grands axes, il saura donner satisfaction à son propriétaire grâce à son niveau d’équipement très honorable, à son tarif bien positionné et à son ABS qui apporte un vrai plus en termes de sécurité.

Fiche technique

Moteur
Type : monocylindre 4T refroidissement liquide, 2 soupapes
Cylindrée : 125 cm3 (52,4 x 57,9mm)
Puissance 8,0 kW (11 ch) à 7 400 tr/mn
Couple maxi : 10,4 Nm (1,02 m.kg) à 7 400 tr/mn
Alimentation : injection
Transmission automatique par variateur et courroie
Partie cycle
Freins Av : 1 disque de 260 mm ABS
Freins Ar : 1 disque de 220 mm (sans ABS)
Roues Av : 110/70/16 - Ar : 140/80/14
Empattement : 1 350 mm
Réservoir 7,5 litres
Poids à sec : 127 kg
Hauteur de selle : 790 mm.
Pratique
Coloris : noir, gris, blanc
Garantie : 2 ans pièces et M.O.
Prix : 2.899 € (novembre 2017)

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