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Reportage

Un rallye touristique qui tient la route (52)

La cinquième édition du Rallye du cochon a réuni 900 participants à Montier-en-Der. Une ville où les idées reçues sur les motards reculent.


Un rallye touristique qui tient la route (52)

Les 27 et 28 mai, à Montier-en-Der (52), près de 600 motos et 900 participants ont été accueillis par le moto-club « les Pistons du Der ». Ses membres ont géré leur cinquième Rallye du cochon comme des pros.
 Une belle histoire de motards qui pourrait commencer par « il était une fois, dans la ville de Montier-en-Der, Jeff et son ami Feufeu, bikers purs et durs, Gilles, patron de la moto-école du cru et Guillaume le petit jeune roulant en sportive tout récemment sorti de l’école de maître Gilles... ».
 Les deux premiers ne connaissaient pas les deux autres. Pourtant, ils avaient déjà plusieurs points communs : la passion de la moto, de leur région et l’envie de créer une animation pouvant allier les deux.

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tres belle organisation et bonne esprit entre tous vraiment a faire merci a tous les organisateur on se revera en 2009

Georges, 70 ans : le vétéran passionné

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Side-remorque
Georges a possédé jusqu’à huit motos en même temps. La remorque derrière sa machine, c’est son lit !

« À vingt ans, on m’a envoyé en Algérie. Arrivé là-bas, l’armée m’a donné une 175 Peugeot pour passer les lignes de front et porter les messages aux avant-postes. C’était la première fois que je faisais de la moto. À mon retour en France et après des années à parcourir plusieurs millions de kilomètres de désert, j’avais attrapé le virus de la moto et je n’ai jamais plus arrêté de rouler. »

Du vétéran aux plus jeunes

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Émilie, 12 ans, avec son père Dominique. Elle participe au rallye depuis sa création, elle avait alors 7 ans. L’an dernier elle a reçu la récompense de la plus jeune participante.

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Cette année, c’est Lucas, fils de trikers de 7 ans, qui décroche le prix du plus jeune participant.

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Événements - Voyage

Tout a commencé en 2001. Jeff, militaire expatrié en Afrique, y fit la découverte d’un jeu de hasard, « le cochon ». Pratiqué par les Gi’s américains, il soulevait les passions et faisait changer les dollars de poches. Il consiste à lancer 3 cochons gros comme des dés. Les points se comptent selon la position dans laquelle ils retombent sur la table.

À son retour en France et à la vie civile, Jeff rapporta le jeu pour le faire connaître à ses amis. Plus tard, à la recherche de lots pour un rallye qu’il organisait, il poussa la porte de la moto-école de Gilles. « Je lui ai parlé de mon projet, il a été emballé. Nous avons tout de suite senti que nous pouvions faire quelque chose ensemble », relate Jeff. « Feufeu et moi travaillions à la mise en place du rallye. C’était difficile, nous manquions de moyens humains et logistiques. Avec Gilles, nous sommes passés à la vitesse supérieure pour l’organisation et la gestion de l’événement. » Le Rallye du cochon était né.

Quant à Guillaume, il a fédéré sur le projet les jeunes motards des environs et a ainsi donné à cette organisation une réjouissante mixité. Aujourd’hui, tous les âges, tous les genres de motards et de motos se côtoient avec beaucoup de plaisir et de respect.

Des débuts incertains

Tout n’a pas toujours été facile. Faire accepter aux autorités locales que la ville et ses environs allaient, pendant deux jours, devenir le terrain de jeux de plusieurs centaines de motards relevait de la prouesse diplomatique. « Il a fallu se faire accepter et montrer patte blanche. Un homme cependant, Régis Lafarge, président de l’office de tourisme, a eu confiance en nous et nous a pris au sérieux », se rappelle Gilles. « La première édition a réuni quatre-vingt-dix motards. Nous avons étudié tous les détails de l’organisation et du parcours pour limiter les écueils. Nos bénévoles allaient jusqu’à balayer les gravillons sur la route avant le passage des motards ! »

Cinq ans après la première salve, Patricia, la nouvelle présidente des Pistons, tient à ce que la sécurité des invités reste primordiale. Gilles a réuni tous ses élèves BSR, en cyclos, pour qu’ils sécurisent les carrefours de la ville. Mission accomplie avec sérieux et efficacité pour ces ados volontaires.

Annick et Eddy, chargés de la logistique et aidés par le reste de l’équipe des Pistons, doivent écourter leur balade. Ils devront en gérer l’arrivée et la déferlante des 900 motards. La salle pour le dîner et les pelouses pour le camping devront être prêts. L’hippodrome de la Crouée est prêté pour l’occasion par la Société des courses hippiques. La Mairie offre l’apéritif aux motards à l’issue des 180 km.

Les élus finalement rassurés et confiants

« Surprenant de voir le chemin qui a été parcouru depuis 5 ans, avouent les responsables du moto-club. Quand on pense aux réticences des élus aux prémices de l’aventure, nous n’aurions jamais imaginé avoir les relations et la qualité de collaboration actuelles. »
Ces rapports de confiance, les motards les ont tissés au fil des années : aucun incident ou accident à déplorer depuis la création de l’événement, une organisation parfaitement huilée et un sérieux reconnu par tous.

Les Pistons du Der devenus référence locale

Le moto-club est devenu une référence et est sollicité par d’autres associations du département. Car le Rallye du cochon est devenu le deuxième rendez-vous le plus important de la ville, derrière le Festival international de la photo animalière et nature. « Notre but n’est pas forcément d’atteindre des sommets de fréquentation, explique Patricia, nous voulons garder au rallye sa convivialité et son esprit. Cette année, nous ne pensions pas avoir autant de participants. Au-delà, il faudrait se regrouper avec d’autres moto clubs et ce n’est pas encore à l’ordre du jour. »

La journée s’est achevée par une remise de trophées aux gagnants des concours. La fête a battu son plein tard dans la nuit, donnant aux vertes pelouses de l’hippodrome recouvertes de tentes un air bon enfant de village gaulois.

Jean-Marc Belotti - 02/08/2006

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