Le CETE Normandie-Centre lance un prototype de moto censé analyser les comportements des motards sur la route. Une première en France : un reportage exclusif de motomag.com.
À partir de la fin de l’année 2008, le Centre d’études techniques de l’équipement (CETE) de Normandie-Centre, basé à Grand-Quevilly dans la banlieue de Rouen, devrait faire rouler un prototype bien particulier. Du nom de « Moto d’analyse du comportement du conducteur » (MACC) son rôle est « de développer la connaissance du comportement motard sur route », explique Dominique Delouis, chef de division.
Cette moto est une Suzuki 600 Bandit « S », soit une machine basique « roadster » qui est le juste milieu entre les motos de grosse cylindrée et la moto de moyenne cylindrée, un poil sportives.
Pour l’instant, les ingénieurs du CETE Normandie-Centre ont décidé de ne retenir que 6 paramètres pour débuter. Tout d’abord l’enregistrement des échelles d’accélération, puis du freinage avant et arrière, de la vitesse, de la position GPS, les rapports de boîte et l’angle du guidon.
Enfin, un ensemble de cameras vidéo sera aussi installé pour filmer l’environnement proche du motard. « Ce système permettra de savoir comment le motard perçoit la route et s’il est proche d’une voiture etc. etc. », explique Pierre Rajezakowski, ingénieur des TPE.
Je le connais le résultat du test : Ca passera dans un article d’un magasine de moto (le votre certainement) mais les automobilistes et les concepteurs de structures routières qui eux ne lisent pas nos revues n’en n’entendront jamais parlé et ne changeront pas de (...)
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« L’objectif est avant tout de trouver une méthodologie pour concevoir des infrastructures, comme les giratoires, les intersections et autres, qui ne lèsent pas les motards », précise Eric Evain, partie prenante du projet. « On n’a pas pour vocation de tester les points noirs de France et de Navarre. Cela prendrait beaucoup trop de temps ! »
Pour tester ce système, « on va choisir des trajets définis entre deux points A et B qui peuvent être distants de 4 à 5 km, et qui peuvent atteindre 40 km », détaille Mme Dominique Delouis.
Sur cette portion de route, la Suzuki-MACC sera confiée à un panel d’une trentaine de motards (de tous âges). Ils devront rallier le point B en partant du point A, avec pour seul objectif « de conduire comme il le font tous les jours ».
Pierre Rajezakowski explique que dans l’itinéraire choisi, « il y aura les points que l’on veut étudier tout particulièrement : intersections, giratoires, ponts, etc. Mais on ne le dira pas aux motards testeurs, histoire de na pas biaiser les résultats ».
C’est assurément un nouveau défi pour l’équipe des 3 ingénieurs (stagiaires) du CETE dirigée par Peggy Subirats, second chef de projet. « En effet, il faudra loger tous ces éléments, et voire d’autres dans le seul top case ».
Pas question donc de voir des motards bardés de capteurs et de fils sur une moto digne des films de science fiction. A contrario, « tout devra être soigneusement camouflé pour ne pas gêner le motard dans sa conduite et avoir une moto qui n’attire pas l’attention ».
Cette démarche est d’autant plus intéressante que cette initiative, est unique en France et devrait durer quelques années : « Les instruments de mesure que nous voudrions mettre sur cette moto n’existent pas ou pas dans la forme souhaitée », explique Peggy. « Alors ce sera un travail de longue haleine, avec beaucoup d’initiatives à prendre, mais passionnant. »
Ce n’est pas un hasard si des directives ont été données pour étudier le comportement des motards. « Les statistiques du pourcentage des tués chez les motards reste constant, voire est en légère augmentation, tandis que celui des automobilistes est en nette régression depuis 2001 », conclut Eric Evain.
Thierry Leconte - 20/08/2008
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