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“Les tribulations d’un commissaire au “ Moto Tour 2004“

Dans les coulisses du Moto Tour 2004 :
 Michaël est commissaire de course depuis quelques décades, mais le Moto Tour était une première pour lui. Ses impressions.


“Les tribulations d'un commissaire au “ Moto Tour 2004“

Commissaire à la FFM depuis quelques 39 / 40 ans ( ! ), j’ai toujours eu un faible pour les Rallyes Routiers, depuis la glorieuse époque des “ Cannes-Genève-Cannes “, dans les années 50 / 60, des “ Tour de France Moto des années 70 et, dans les années 80, des “ Monte Carlo Moto “.
 Cette année, j’ai posé ma candidature comme commissaire au Moto Tour et elle a été acceptée.

Quelques jours avant le Rallye, j’ai reçu un courrier me confirmant le rendez-vous à Paris le 2 Octobre à 14 H, pour une prise en charge par bus pour nous emmener à Reims, lieu des vérifications administratives et techniques.

 Arrivés au Parc des Expositions, nous sommes chaleureusement accueillis par nos “ chefs “.
 On nous donne notre paquetage : 7 T-shirts et un anorak, tous siglés du “ Moto Tour “ et d’un nombre impressionnant de sponsors et une casquette.

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Quartier libre, qui permet de faire un tour voir les vérifications administratives et techniques, et de rencontrer plein de vieilles connaissances, tant officiels que pilotes et accompagnateurs.
 La balade dure jusqu’à l’heure d’un briefing ( où une sono aurait été utile ) puis on retourne dans le “ Village “ où chaque sponsor a sa tente, plus les concessionnaires moto locaux.

Ce samedi soir, nous avons dîné sur place, dans un des halls du Parc des Expositions de Reims, un repas chaud servi par un des partenaires du “ Moto Tour “ : les cafétérias Casino, puis nous avons été emmenés en bus à notre hôtel. Gag, nous n’allons pas au bon Campanile . . .
 Quelques explications plus tard, nous arrivons au bon. On partage une chambre à deux, le choix se fait un peu au hasard, je tombe bien, sur un commissaire venu de Moselle, Jean-Marie, très sympathique et qui ne ronfle pas trop . . .

Le Dimanche matin, nous retournons au Parc des Expos. où nous prenons notre matériel, il y a 2 “ grosses “ équipes de commissaires pour les “ Spéciales “ ( plus celles, plus “ légères “, pour les départs, les Contrôles Horaires et les arrivées ), chacune avec son bus, sa camionnette, ses 2 voitures, ses 3 chronométreurs, son médecin et 2 ambulances.
 Bus à nouveau, pour aller au village de Pevy sur les coteaux champenois, lieu de la seconde “ spéciale “ du rallye ( la première était sur le Circuit Carole ). J’y suis en poste avec une des ( trop ) rares femmes commissaires dans le milieu motard, Colette, du Doubs.

On nous distribue notre matériel, drapeau jaune et radio, et un sac avec 2 sandwichs, un fruit, une barre chocolatée et une petite bouteille d’eau. 2 petits bémols : Il y n’avait que 3 variétés de sandwich, donc on avait systématiquement au moins une fois le même que la veille, plus gênant, la date de péremption se rapprochait parfois du jour de consommation.
 Et une fois au moins, il n’y avait que les 2 sandwichs et l’eau . . . Un peu léger, non ?

On nous annonce à la radio le départ des “ motos ouvreuses “ N° 00 puis 000, nous ne verrons jamais la 0, et dans tous les rallyes, tant moto qu’auto, on part du 000 au 0.
 Nous ne verrons jamais de moto ni de voiture balai ! Au sujet des radios, les commissaires étaient sur la même fréquence que les chronométreurs de “ l’arrivée lancée “ et du “ point stop “. Bonjour les interférences . . . Plus grave, dans une spéciale au moins il n’y avait pas de liaison directe entre le départ et l’arrivée. Bonjour les problèmes en cas de besoin urgent d’interrompre les départs. Heureusement les commissaires ont observé une bonne discipline radio !

La spéciale terminée, ramassage du matériel, sauf les radios que nous garderons jusqu’à la fin, avec leurs chargeurs ( Gag : Dans certaines chambres d’hôtel, il n’y avait qu’une seule prise électrique. Heureusement les radios chargeaient en 4 ou 5 heures ) et départ pour Dijon.

Un petit regret : les radios n’avaient pas d”écouteurs / micro-casques, nous obligeant de les garder à la main.
 Très gênant en cas d’intervention, et il y a des messages qui n’ont pas besoin d’être entendus par les personnes voisines des commissaires.

A Dijon, nous sommes logés à l’Hôtel 1ère Classe, dans la banlieue dijonnaise. Ca sera le moins bon logement de la semaine. Nous n’avons même pas pu y prendre le petit-déjeuner. Par contre le soir de l’étape de nuit Thonon-Thonon, nous étions logés ( malheureusement pour la nuit la plus courte : couchés à 2 H.30, levés à 5 H. 30 - ça fait partie des contraintes de la vie des commissaires . . ) à Lullin ( 74 ) : 2 hôtels sympathiques, la Poste ( 04.50.73.81.10 ) et l’Union ( 04.50.73.81.02 ).
 Nous avons pris le temps de déjeuner dans le 1er nommé. On vous recommande particulièrement leurs “ diots “, de délicieuses petites saucisses typiques de Savoie. Dans le bus entre Lulli et Salon de Provence, fin de la 6e étape, nous avons bien dormi ! Entre la nuit très courte et la digestion, faites votre choix . . .

Un regret : Malgré plusieurs demandes, nous n’avons jamais pu avoir les classements ni les ordres de départ de l’étape, documents qui sont bien utiles aux commissaires . . .

Une découverte qui fait froid dans le dos et préfigure ce qui nous pend au nez dans un futur qui pourrait être proche : Dans le Village, près de la Direction de Course, un écran d’ordinateur indique les positions de 6 des principaux concurrents, utile sûrement, mais ce qui est très inquiètant, c’est que ce même écran montre aussi la vitesse instantanée du véhicule.
 A quand ce mouchard sur toutes nos motos ?

En définitive, on peut dire que le “ Moto Tour “ est un mélange de super-organisation et de petits ratés qui laissent un petit goût amer. Mais grâce à la bonne ambiance entre commissaires, et avec nos chefs d’équipe, nous sommes sans doute tous prêts à repartir pour la 3ème édition.

Au fait, savez-vous pourquoi on ne dit plus Tour de France ?
 C’est devenu une marque, déposée par les organisateurs du “ Tour de France Cycliste “ !
 Et ils poursuivent en justice ceux qui utilisent l’expression alors même que le Tour de France Automobile est plus âgé que le leur. Sportif, non ?

Alors, en 2005, ça vous dit ? Alors prenez une licence de commissaire à la FFM, et à bientôt au bord des routes et / ou des pistes.

Michaël Bret - correspondant 06 .

Thierry Leconte - 26/10/2004

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