Selon l’agence Xinhua, la mort d’un conducteur de moto dans la ville de Shenshen (35 km au nord de Hong Kong) a déclenché un véritable début d’émeute, vendredi 7 novembre 2008.
Plus tôt dans la matinée, un conducteur de moto, M Li Guochao a tenté de se soustraire à un contrôle de routier de police, alors qu’il ne possédait pas de permis approprié. Dans sa fuite, il a percuté un réverbère et est mort des suites de ses blessures. Cet accident serait sans doute resté sans conséquences si les autorités locales n’avaient pas entretenu le flou artistique le plus complet sur les conditions du décès du motard.
En effet selon elles, « il n’y avait pas de policiers » à ce barrage routier. « Le seul policier présent était à 300 mètres de là ! » M Li Guochao aurait donc fuit un contrôle de police qui n’existait pas et percuté volontairement un réverbère pour mourir ?
N’acceptant pas ces explications un peu alambiquées, une trentaine de personnes ont accompagné la famille de la victime et ont assiégé le poste de police local, vers 14h30. Ils ont commencé à « caillasser » la façade et ont jeté des pétards avant de retourner une voiture de police.
À 17h00 la foule était estimée à 400 personnes entourée par 2000 spectateurs. Finalement les autorités locales ont calmé le jeu en offrant 200.000 yuans à la famille de l’accidenté (23.080€).
La foule ne s’est dispersée que le samedi 9 novembre, vers 14h00.
Cette « mini émeute », dans une ville prospère comme celle de Shenzhen (elle a été l’une des premières villes déclarées zone économique spéciale, par Mao lui-même dans les années 70), montre que les populations chinoises en ont assez de l’arbitraire policier, y compris dans leur vie quotidienne.
Thierry Leconte (11/11/2008)