Une centaine de conducteurs de motos-taxis ont manifesté le 9 avril, place de la Concorde à Paris. En cause, un manque de reconnaissance par les autorités de cette profession sans réel statut. L’occasion de faire le point sur une activité en plein essor.
Non, ce n’était pas le Goldwing Club de France qui défilait, mercredi 9 avril sur la place de la Concorde en plein centre de Paris, mais une manifestation de motos-taxis. Des professionnels en colère, car leur activité se développe, prend de l’ampleur comme en Ile-de-France, mais n’est pas reconnue des autorités.
Plus cher, mais pour arriver à l’heure
Face aux bouchons inextricables, notamment entre les centres d’affaires de la capitale et les gares ou aéroports, un nombre toujours croissant de passagers pressés ont recours à la moto plutôt qu’à l’auto.
Le forfait est un peu plus cher que la course du taxi traditionnel, mais ils ont l’assurance d’arriver à l’heure à l’embarquement, même s’il est parfois difficile pour les conducteurs des Goldwing de se faufiler entre les files de voitures. Ces petits entrepreneurs plébiscitent malgré tout le vaisseau amiral de Honda pour le confort et le sentiment de sécurité qu’il offre au passager.
je suis client depuis maintenant 3ans, été comme hiver, aller et retour, le 15eme arrondissement roissy CDG.Pour ne pas les citer (ABB), et d’autres.A la place de les verbaliser pour stationnement interdit, il faut les aider à se dévelloper, leurs donner des emplacements pour attendre (...)
Concurrence « déloyale »
Mais tout le monde ne se satisfait pas de l’apparition de cette nouvelle race de transporteurs. Les taxis auto savent défendre leur corporation, on l’a vu récemment. Ils se plaignent d’une concurrence inattendue jugée déloyale car les motos-taxis n’ont pas les mêmes contraintes. Les deux-roues ne payent par exemple pas de droit au stationnement à la Ville de Paris. Les heurts deviennent incessants entre chauffeurs de taxi automobile et motards.
La police attise les tensions
Au lieu de pacifier la situation, la police l’envenime. Ainsi, mercredi matin au terminal 2F de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (Val-d’Oise), les forces de l’ordre ont verbalisé le gérant d’une compagnie de moto-taxi et envoyé son véhicule à la fourrière. Motif, il n’avait pas le droit de stationner à l’endroit où il attendait un voyageur.
D’ordinaire, la tolérance est de mise, à condition que les motos-taxis ne prennent pas un client au vol – ce qui est interdit – mais qu’ils attendent un passager ayant réservé son véhicule par téléphone.
Elle demande que l’on arrête ces verbalisations, qu’on laisse cette activité s’organiser, elle qui reste génératrice d’emplois. La coordination de ces très petites entreprises semble indispensable afin de trouver une légitimité auprès des pouvoirs publics.
La profession doit en effet progresser, notamment en matière de formation. Dans la plupart des cas, les conducteurs de motos-taxis sont recrutés sans apprentissage spécifique. Ce qui peut être nuisible aux passagers, et à une profession pleine d’avenir.
Nicolas Grumel - 10/04/2008
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