Ventes en baisse, suicides au travail… Chez Renault, les employés sont quelque peu « pressurisés ». Alors, pour réduire les accidents de trajet domicile-travail, le constructeur auto propose un stage aux conducteurs de deux-roues. Interview de l’initiateur de cette bonne mesure.
Gilles Serré, chargé de l’Organisation et des Conditions de travail à la direction des ressources humaines de Renault, est à l’origine d’une journée de sensibilisation aux risques en deux-roues, organisée fin juin avec le concours du centre de formation La Conduite Préventive, à Montlhéry (Essonne), et de policiers de l’unité motocycliste du Val-de-Marne. Il nous explique son intérêt.
Pourquoi Renault propose-t-il à ses salariés ce module sur la conduite en deux-roues ?
L’un des objectifs de ma fonction est de développer les actions sociales dans l’entreprise. L’élimination du risque routier fait partie des droits sociaux fondamentaux. Nous avons constaté que, sur l’ensemble de nos sites, en France comme à l’international, 8 % des salariés venaient en deux-roues, et ce mode de déplacement représentait 32 % des accidents entre le domicile et le travail. Nous ne pouvions pas rester insensibles à ce constat.
Bonjour J’ai aussi suivi ce stage "2-roues" et précédement 4 roues. C’est une très bonne formation, les animateurs et policiers sont excellents. Même si c’est très bien il y a encore des voies de progrès : Il y a eu très peu de participants des sites de la région parisienne (...)
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À qui est destinée cette formation ?
300 conducteurs de deux-roues, employés dans douze établissements, la suivront, sur la base du volontariat. Chaque conducteur vient sur son deux-roues. Parmi les stagiaires, on dénombre 70 % de motocyclistes et 30 % de scootéristes.
Est-ce une proportion représentative de la réalité ?
Non, on estime que la répartition réelle est à 50 % de motos et 50 % de scooters. Mais les automobilistes passés à la 125 cm3 ont du mal à dépasser leur trajet quotidien, souvent urbain, pour se rendre à un centre de formation en empruntant les voies rapides. Ils préfèrent ne pas venir.
Organisez-vous un tel stage parce que les arrêts de travail représentent un coût financier inacceptable pour l’entreprise ?
Ce n’est pas qu’un problème financier. Nous avons vraiment la conviction qu’il faut tout faire pour que les salariés ne se blessent pas.
La sécurité routière chez Renault, c’est nouveau ?
Non, nous proposons des formations au risque routier depuis une quarantaine d’années. Et nous nous intéressons aux deux-roues depuis 2000.
Vous avez recours aux services de formateurs professionnels, mais aussi de policiers. Ces derniers peuvent-ils être de bons pédagogues ?
La brigade motocycliste du Val-de-Marne a, hélas, une bonne connaissance des accidents. La partie théorique est composée d’une présentation de cas d’accidents reconstitués, survenus dans des situations que tout conducteur rencontre un jour ou l’autre. L’intérêt, c’est que les policiers apportent des solutions pour les éviter. Nous devons faire évoluer nos habitudes et nos certitudes.
Renault se substitue-t-il aux motos-écoles ?
Certainement pas. Le stage ne dure qu’une journée. Nous souhaitons que les conducteurs repartent en faisant preuve d’humilité. Cependant, certaines techniques, comme le contrebraquage et le freinage d’urgence, je ne les ai pas apprises en passant mon permis moto.
Roulez-vous en moto ?
Je possédais un flat twin BMW R60-6, acheté en 1976 et vendu en 2004. J’aimerais me racheter une Harley, pour avoir une conduite cool.
Propos recueillis par Nicolas Grumel
Nicolas Grumel - 29/07/2008
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