Il est extrêmement délicat d’enseigner à aller vite à un pilote moto. La quantité d’informations qui arrivent au cerveau et les prises de décision qui s’ensuivent demandent des qualités de type réflexe plutôt que raisonné.
Notre discours sur le sujet s’oriente vers une réflexion sur la mise en condition avant chaque difficulté pour acquérir ou inhiber des réactions automatiques. Commençons par le début.
Vous n’avez besoin que d’une moto aux réglages dégrossis pour parfaire votre pilotage.
Ne cherchez pas tout de suite a effectuer une modification sur la moto avant d’essayer de corriger ou faire disparaître le souci en pilotant différemment.
La longueur de chaque séance d’entrainement peut varier mais elle doit obéir à deux critères :
le premier est de se rappeler que l’objectif est de bien figurer dans une course.
Cette course est généralement d’environ quinze à vingt minutes et il ne sert à rien de s’habituer à rouler avec une mise en train trop progressive.
le deuxième est que chacun a tendance à répéter les mêmes gestes dans les mêmes situations et un arrêt de temps en temps remet les compteurs à zéro.
J’ai eu l’occasion de faire un stage de pilotage à Carole il y a trois ans avec Christophe Guyot comme prof sur le circuit Carole. A l’époque je roulais avec une Triumph 800 Bonneville (vous avez bien lu). Au début, ça frottait partout et j’éytais à l’arrêt. A (...)
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On peut alors changer réellement un aspect de pilotage après avoir digéré l’essai précédent. Des séances de 5 à 10 tours consécutifs suffisent, pas plus. Au-delà vous sombrez à coup sûr dans la viscosité mentale !
Prenez des repères qui peuvent vous aider sur la direction à prendre pour progresser comme le régime atteint à certains endroits clés, vos changements de vitesse, les déclenchements de virage. Si un ami peut vous prendre des temps intermédiaires, c’est parfait.
Copiez
L’observation des autres pilotes permet aussi, en direct, de juger de l’efficacité du pilotage pour chaque secteur. L’avis de ceux-ci, s’ils veulent bien le donner, est utile.
Pour rester disponible, n’essayez pas 36 choses à la fois. Un ou deux aspects de pilotage à chaque séance vous feront progresser plus vite ; mais ne partez jamais sans rien essayer, c’est du gâchis !
Lorsque vous êtes bloqués dans une direction et que vous n’en sortez pas, faites varier un paramètre apparemment indépendant comme le régime de changement de vitesse ou bien imaginez une tache d’huile à un endroit dont vous voulez vous écarter.
"L’endurance nationale" est un excellent moyen de progresser. Il existe maintenant des courses réservées aux débutants où contrairement aux séances d’essais, la longueur des relais va vous être utile. Vous êtes en course, avec un stress minimum qui vous oblige à la concentration. Les autres pilotes vous obligent à modifier vos réactions et, petit à petit, vous acquérez des automatismes qui resteront.
Stages
Enfin, il y a les stages. ceux-ci donnent surtout l’occasion de se plonger dans le bain pour une période plus longue. C’est du même ordre que le voyage à l’étranger pour apprendre une langue.
Vous disposerez de personnes averties qui analyseront vos principaux défauts et essaieront de les corriger. Il existe maintenant plusieurs circuits permanents où ces stages se pratiquent. Certaines formules incluent aussi le prêt de la moto, ce qui à des avantages, mais aussi un prix !
Michel Robert - 07/04/2008
La préparation d’une moto d’endurance a ses spécificités, tout comme la conduite du pilote.
Dans les deux cas, il faut se préparer pour durer !
Un des points les plus impressionnants en course réside dans le premier virage généralement accompagné d’un premier freinage. C’est relativement plus facile si vous êtes devant, mais ce ne sera peut être pas le cas à vos débuts.
Il est statistiquement probable qu’une fois sur 10, il pleuve durant une course de moto. Idem pour les séances d’essais. Tant que vous n’avez pas acquis un certain contrôle du pilotage sur le mouillé, il vaut mieux accumuler de l’expérience plutôt que de se jeter dans une bataille qui a les chances de se terminer par terre.
Rappelons que pour participer à une course moto, vous devez être titulaire d’une licence, inscrit à un championnat et à l’épreuve à laquelle vous souhaitez participer (cf. administratif). Ne pas avoir rempli ces formalités en temps et en heure peut compromettre votre participation, surtout en catégorie Promosport.
Les motos de courses (piste ou TT) nécessitent des préparations qui la plupart du temps leurs interdisent de circuler sur la voix publique. Il faut donc transporter la bête.