Après une brève présentation lors du Salon Intermot de Cologne, Bering a dévoilé plus en avant son airbag. Les technologies employées sont uniques sur un produit destiné au grand public.
On en sait un peu plus sur le gilet airbag de Bering. À l’occasion d’une conférence de presse, jeudi 16 octobre, les différents partenaires techniques ont détaillé les solutions mises en œuvre.
Petit rappel, cet équipement de protection autonome, dont la commercialisation devrait débuter en septembre 2009 (date du Mondial du deux-roues), utilise une technologie sans fil. Les coussins se déploient en un temps maximum de 80 ms, soit avant que le conducteur ne soit éjecté. Le prix envisagé devrait être inférieur à 500 €.
Ce projet, qui arrive dans une phase concrète, a réclamé 4 années de travail. Quatre années pendant lesquelles l’équipe mise en place pour l’occasion (une filiale, API r&d, a spécialement été créée) a exploré un terrain (presque) vierge.
« Le premier travail a été consacré à l’acquisition des connaissances nécessaires », rapporte Fabien Dufour, chef du projet. L’aide obtenue auprès des services de l’État a dans ce domaine été précieuse. L’Inrets* a notamment étudié la corrélation entre la typologie des accidents et la nature des blessures.
J’ai acheté un gilet airbag chez Helite, qui nécessite de se "clipser" à une attache arrimée au cadre de ma moto, lors de chaque départ. On peut considérer cela comme contraignant, pour ma part cela me prend 2 secondes à chaque fois et je me sens plus en sécurité. Je ne considère donc pas cela comme (...)
(*) INRETS : Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité
Salon moto de Cologne : les nouveautés équipements
Résultat : 80,6 % des accidents se déroulent à l’avant de la moto et plus de 50 % des blessures mortelles sont localisées sur la partie supérieure de l’organisme. Le premier modèle d’airbag a donc été développé dans le but de protéger selon cette double constation.
Les constituants doivent répondre à une situation particulièrement complexe : faible distance entre le pilote et la roue avant, temps de déclenchement très court, exposition du matériel aux intempéries, diversité des situations d’accident (percussion, glissade)...
Ainsi, les techniques et le savoir-faire issu de l’univers automobile ont été privilégiés et adaptés aux spécificités des deux-roues. Exemple, le coussin de 60 litres, qui se déploie en moins de 80 ms par l’intermédiaire de deux générateurs de gaz, doit rester gonflé 6 secondes pour amortir les impacts de la chute ; une contrainte inédite pour l’équipementier (Zodiac Automotive) chargé du développement.
La détection du choc est confiée à des accéléromètres 3D attaché à chacun des fourreaux de fourche. Cette fixation permet de préserver l’intégrité – mais pas l’esthétique – de la moto. Ils sont reliés à une centrale électronique par une liaison radio. Les risques d’interférences sont éliminés par un système d’identification et d’appairage comparable au Bluetooth.
Un système « d’autodiagnostic » signale sur un boîtier l’état de forme du système. L’autonomie est assurée par deux piles qui doivent être remplacées chaque année.
Le déclenchement intervient seulement en cas de choc extrême. Ainsi, les caractéristiques des dos d’âne, nids-de-poule ou montées de trottoirs ont été intégrées pour prévenir tout gonflage prématuré.
Par conséquent, en cas de glissade, le gilet se gonfle uniquement si la moto heurte un obstacle et si le pilote se trouve à portée des capteurs (10-15 m maxi). Les renforts d’articulations ont toujours leur utilité !
À noter que cet airbag est comparable à la boîte noire d’un avion. Les informations dynamiques sont enregistrées, et récupérables, pendant les 100 ms qui précèdent et suivent l’accident. Ces données sont destinées à alimenter la base de données du constructeur. Espérons qu’elles resteront confidentielles et ne tombent pas entre les mains de la justice ou des assureurs.
Le gilet sera disponible en trois tailles et deux coloris (noir ou jaune fluo). D’autres développements (vestes, sac à dos...) devraient intervenir dans la foulée.
Yannick Leverd - 16/10/2008
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