En images

Refus de la délocalisation
Si le monde de l’accessoire moto se comparait à l’empire romain, la ville de Mollet de Valles, proche de Barcelone, en serait le village gaulois. A l’heure où de nombreuses entreprises ont déserté l’Europe pour produire en Chine, la marque espagnole Shad persiste à jouer les résistants en refusant toute délocalisation.

Ici, dans son centre de production, 250 personnes, incluant huit entreprises sous-traitantes, travaillent à concevoir, fabriquer et commercialiser une gamme complète de top-cases, valises latérales, bagages souples (sacoches de réservoir, sacs étanches) et selles exclusivement destinées à nos motos.

Du tracteur à la moto
Cette spécialisation n’a pas toujours été l’apanage de cet équipementier. A ses débuts, en 1973, Nad, la maison-mère de Shad, fabriquait des housses et des selles pour les tracteurs et les vélos. Ce n’est qu’en 1992 que le fondateur, M. Serrano, un ancien designer pour Derbi puis pour une sellerie industrielle, décide de se consacrer exclusivement à la moto avec un succès jamais démenti depuis. La marque Shad était née.

Un quart de siècle d’histoire
Cette année, Shad fête ses 25 ans. Un quart de siècle qui a vu cette entreprise familiale —le fils Jaime épaulant le père— devenir l’un des acteurs majeurs de l’accessoire aux côtés de concurrents comme l’Italien Givi. Une dimension qui s’appuie sur les partenariats noués entre NAD et les constructeurs de nos motos. Ainsi, exception faite de Ducati, la majorité des marques européennes s’approvisionnent en selles auprès de l’entreprise espagnole. De fait, Shad avait déjà un pied dans la porte pour proposer, en complément de ses selles, son offre de valises et top-cases.

Disposant de son propre bureau d’études et de style depuis 2014, Shad est en mesure de personnaliser son offre pour les constructeurs moto à partir d’un modèle de grande série. L’équipementier espagnol a aussi toute latitude pour concevoir des modèles originaux et novateurs comme les BMW Vario, des valises latérales dotées d’un soufflet d’extension.

Top-cases modulables
Un succès en appelant d’autres, Shad a conçu depuis ses top-cases 58X et 59X Adv basés sur le principe de modularité. Si les ingénieurs ont fait leurs preuves, le département design n’est pas en reste après avoir été récompensé par le Reddot award, une distinction confidentielle pour le grand public mais faisant référence dans la profession. Dans le monde de la moto, seul le fabricant d’échappements Akrapovič peut également s’enorgueillir d’une telle reconnaissance. Le Slovène nous avait fait visiter son usine l’an dernier.

Entre 12 et 30 heures sont nécessaires pour développer un top-case ou une valise, selon son degré de complexité. Si la conception par ordinateur est utilisée, elle ne supprime pas pour autant des étapes manuelles comme la planche à dessins, la maquette en polystyrène expansé ou en argile, voire le carton et les épingles utilisés pour visualiser la course de certaines articulations.

Les prototypes sont ensuite soumis à des évaluations aussi variés que des essais routiers, des tests d’étanchéité et même des séances de table vibrante simulant les soubresauts de la moto à raison de 300 000 mouvements. De quoi mettre à mal tous les mécanismes comme les serrures. A ce propos, Shad travaille à développer un modèle plus résistant à l’effraction, un fléau contre lequel aucune marque n’a trouvé de parade efficace. Jusqu’à présent ?

Optimisme de rigueur
En dépit d’un ciel assombri pour la pratique de la moto, Shad envisage l’avenir avec sérénité. Tout d’abord, car l’entreprise pose des yeux gourmands sur un marché sud-asiatique en plein essor. Elle dispose d’ailleurs de sites de production en Chine et en Indonésie destinés à approvisionner les marchés locaux en modèles d’entrée de gamme, bien éloignés des standards européens rassurent-on chez Shad.

Quant à nos contrées, l’engouement des pouvoirs publics pour les deux-roues électriques est une aubaine pour Shad qui voit là l’occasion d’équiper ces véhicules dont l’espace sous la selle est comblé par les batteries.

Publicité

Commentaire (0)

Publicité