Sur une moto, l’unique source de l’énergie électrique est l’alternateur. La vérification de son débit est simple et facile. Le résultat obtenu vous éclairera sur la cause d’un éventuel défaut de charge.
Vous avez vérifié l’état de la batterie et la tension qu’elle reçoit du circuit de charge, et celle-ci se révèle insuffisante. Nous allons en cerner l’origine par vérification de l’alternateur. Dans leur immense majorité, ils sont dits triphasés, c’est-à-dire qu’ils comportent trois bobinages, avec une jonction centrale et trois sorties U, V et W (Étape 1). L’accès au cœur de l’alternateur s’effectue par la prise qui le relie au faisceau. Pour la trouver, repérez le câble directement à la sortie de l’alternateur (Étape 2). Il vous mènera à la prise située à son autre extrémité.
Les doigts dans la prise. Vous avez donc localisé et débranché la broche comportant les trois fils de même couleur venant de l’alternateur.
Bonsoir, Bel article, bien fait et bien illustré, merci. Le problème est juste que je fais tout ce qui est décrit (pas de masse, tensions alternatives OK sur les 3 phases et voisines SI le régulateur est débranché, résistances OK), et ça ne marche plus dès que le régulateur est branché (au niveau des (...)
L’alternateur est facile à vérifier à partir de sa prise.
Un multimètre basique à 10 euros suffit.
Les tensions en jeu sont sans danger.
1 L’alternateur est un organe simple. Le test A vérifie la tension alternative entre chaque paire de fils. Si un problème est détecté, le deuxième test (B) mesure l’isolation de chaque fil avec la masse de la moto. Un troisième test vérifiera la résistance interne de chaque paire.

2 Vous trouverez la prise pour effectuer les contrôles de l’alternateur en remontant le câble qui en part. Si le câble est trop dissimulé dans la moto, vous pouvez aussi vous connecter aux bobinages par la prise à la sortie du régulateur, souvent facile à trouver quand il n’est pas masqué sous un habillage.

3 L’appareil en fonction voltmètre (position AC, courant alternatif, par ex. 200 V), vérifier que chaque paire de fils délivre une tension d’environ 40 V à 4 000 tr/min, jusqu’à 70 V à plus haut régime. Les valeurs précises sont données dans le manuel d’atelier de chaque modèle.

4 La mesure d’isolation consiste à vérifier avec l’ohmmètre que chaque fil est bien isolé de la masse de la moto. L’appareil doit afficher une résistance infinie, comme quand les sondes ne touchent rien. L’inverse dénote un problème : fil dénudé, alternateur surchauffé dont l’isolant a fondu, etc.

5 Un deuxième test de confirmation de l’état des bobinages s’effectue en relevant la résistance entre les fils deux à deux. Les trois mesures doivent correspondre à la valeur de référence donnée dans le manuel d’atelier. Une valeur s’en écartant nettement explique à coup sûr les problèmes de charge.

Le premier test (A) vérifie la tension alternative entre chaque paire de fils, c’est-à-dire trois sources en tout. Le multimètre est positionné sur 200 volts alternatifs (200 V AC). Placez les sondes sur deux des trois fils, nommés arbitrairement U et V (Étape 3). Un aide démarre la moto et l’amène au régime voulu : la tension, ici non régulée, augmente avec le régime. Le manuel d’atelier donne donc une valeur, comme, par exemple, « de 40 à 50 volts à 4 000 tr/min ». Faites la même mesure entre V et W, puis entre U et W. Faute de manuel d’atelier, vous devez mesurer trois tensions supérieures à 30 V dès 4 000 tr/min, et surtout proches les unes des autres, pour que le test soit concluant.
Seulement trois de tension. Si la tension est insuffisante sur au moins l’une des paires, passez au test B, avec l’appareil positionné sur les mesures de résistance (ohmmètre). Il s’agit de vérifier que chaque fil est isolé de la masse de la moto en piquant une des sondes sur le fil U (puis V, puis W), et l’autre à la masse ou à la borne « - » (Étape 4). L’appareil ne doit pas réagir, preuve d’une bonne isolation. S’il indique une résistance mesurable, c’est que le fil est dénudé ou pincé sous le carter au remontage, ou encore que les bobinages surchauffés ont fondu.Un dernier test permet de vérifier la continuité des bobinages. Toujours avec l’ohmmètre, piquez les sondes sur chaque paire U-V, U-W et V-W comme lors du test A (Étape 5). La valeur de résistance d’origine (de 0,1 à 3 ohms, par exemple) est indiquée dans le manuel d’atelier. Si celle que vous relevez est inférieure, c’est que plusieurs spires sont court-
circuitées : les fils se touchent. Une valeur supérieure indique au contraire un mauvais contact : soudure défectueuse ou fil abîmé.
Mesures à prendre. Dans tous les cas négatifs, vérifiez d’abord la partie du câble qui chemine sur la moto. S’il n’est pas défectueux, démontez l’alternateur pour inspection ou remplacement. Si l’alternateur est en parfait état, reste à vérifier le régulateur.
Alternateurs autorégulés. Ces alternateurs caractérisent une proportion notable de japonaises des années 80 à début 2000. Ils se reconnaissent à leur montage non pas en bout de vilebrequin, mais sur les carters moteur, et à leur boîtier abondamment ventilé. Attention, certains alternateurs montés à cet emplacement sont de type classique (Yamaha XJ, par exemple). Comme leur nom l’indique, dans les alternateurs autorégulés, régulateur et redresseur sont intégrés à l’intérieur. Leur contrôle est substantiellement différent : il n’y a pas moyen de vérifier les bobinages à partir de la prise extérieure. Cette prise ne comporte que deux fils, dont l’un, généralement rouge, est le « + régulé » à destination de la batterie. Vous pouvez au moins tester la tension présente sur ce fil rouge, pour détecter un éventuel problème de connexion entre ce dernier et la batterie. Dans le second fil (marron en général), une fois le contact mis, vous devez trouver la même tension qu’à la batterie, à 0,2 V près, à cause des pertes dans les contacts. Sinon, vous avez déjà trouvé une partie du problème. Un manuel d’atelier complet détaille toutes les opérations et contrôles internes de ce type d’alternateur.
Guillaume de Crop - 10/05/2010
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