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Dans le Gard, l’intersection de la route départementale (RD) 177, reliant Tavel à Pujaut, et de la RD 6580, reliant Bagnols-sur-Cèze à Avignon, est réputée pour sa dangerosité : deux simples panneaux stop (sur la RD 177) pour traverser une départementale très encombrée (la RD 6580) et au milieu, un tourne-à-gauche à haute tension…

Les accidents graves, entre véhicules de tous gabarits obligés de se croiser, y sont légion : 5 morts sont à déplorer en moins de trois ans. Le dernier a eu lieu le 3 mars 2017. Une automobiliste de 38 ans est décédée suite à un choc avec un poids-lourd.

Les motards en colère montent au créneau
La Fédération française des motards en colère du Gard (FFMC 30) a décidé de passer à l’action en organisant, le 1er avril, une opération pour dénoncer la dangerosité de l’intersection, et ainsi faire réagir la région Occitanie, qui en est le gestionnaire.

Les militants motards ont appelé à un rassemblement, via les réseaux sociaux, pour effectuer une opération de signalisation au sol. Opération qui est tombée à l’eau, dans le sens propre du terme, puisque les fortes pluies et le froid n’ont pas permis de souligner, à la peinture réfléchissante type « travaux », les dangers qui se présentent aux usagers de la route à ce carrefour.

Mais la détermination de la FFMC 30 a quand même porté ses fruits : Franck Bourgade, adjoint au maire de Tavel en charge de la voirie, et Pascale Bories, conseillère départementale du canton de Villeneuve-lès-Avignon, sont venus soutenir l’antenne et affirmer leur détermination pour que ce dossier aboutisse.

Un long dialogue de sourds
Depuis plusieurs années, les élus des communes de Tavel et Pujaut demandent à la région la création d’un rond-point à cet endroit. Ce, dans le but d’éviter d’autres accidents en « cassant » la vitesse par l’obligation de ralentir à l’arrivée sur l’infrastructure, et en limitant les croisements entre véhicules. Le montant des travaux de modification du carrefour est estimé entre 750 000 et 900 000 euros.

« Mais c’est un dialogue de sourds entre la Région et ces communes, déplore Jacques Barac, coordinateur de la FFMC 30. Nous avons donc décidé de prendre en charge ce dossier, car il y a eu déjà trop de morts et de blessés graves à cet endroit ».

Un motard amputé
Parmi la dizaine de motards qui étaient présents, Martine Michel et son compagnon Jean-Claude Cousin ont fait le déplacement. « C’est une présence émouvante, car ce couple a eu un accident à cet endroit en novembre 2015, raconte Jacques. Jean-Louis a été amputé d’une jambe et Martine a eu plusieurs fractures au tibia, péroné et malléole. Quand ils parlent de leur accident, ils s’estiment heureux d’être encore en vie, là où d’autres l’ont perdu ».

Martine et Jean-Claude circulaient à moto sur la RD 6580 quand une automobile qui arrivait en face et tournait à gauche, de la RD 6580 pour emprunter la RD 177 en direction de Pujaut, leur a coupé la route à l’intersection.

Le radar de la discorde
Il est à noter qu’à 150 mètres de ce croisement, dans le sens Bagnols-Avignon sur RD 6580, a été installé un radar fixe. « L’État fait du chiffre avec ce radar, et ne met aucun moyen dans la sécurisation du carrefour en créant un rond-point », constate avec colère et dépit la FFMC 30.

Une réunion doit se tenir le 24 avril au Conseil départemental du Gard, en présence de la FFMC 30 et des communes concernées, afin d’évoquer une nouvelle fois la sécurisation de ce carrefour meurtrier.

Les motards en colère comptent bien mettre la pression aux élus du département et de la région pour qu’une solution soit trouvée rapidement. Si ce n’était pas le cas, ils mobiliseront leurs adhérents, et reviendront sur ce carrefour, sous un climat plus propice à l’apposition d’une signalisation exprimant tout autant leur colère que leur exigence de sécurité.

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