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Moto Tour : Denis Bouan sur route Moto Tour 2009 : Denis Bouan sur Honda Moto Tour 2007 : Denis Bouan sur Buell Moto Tour 2012 : ITW de Denis Bouan le vainqueur

Motomag.com : À aucun moment tu ne t’es senti menacé pour la victoire finale ?

Denis Bouan : Tu sais, sur une course d’une semaine, avec tous les aléas de la route, d’une navigation au road book, de la météo, de la mécanique et je ne sais pas quoi encore, rien n’est acquis à l’avance. Mais dans l’ensemble, non, je ne me suis jamais senti menacé. Mathieu Gines, qui est un ami, est l’un des meilleurs pilotes de vitesse en France, et c’était logiquement mon principal adversaire sur ce Moto Tour 2012. Il disposait d’une bonne moto (Honda CBR 600) et pouvait me battre sur les circuits. Mais il a encore des progrès à faire sur route… Il me rappelle un peu Manoël Delaval, un des concurrents les plus difficiles que j’ai eu à « gérer ». Mathieu, outre son potentiel dans les spéciales sur circuit, sait gérer la course et il ne lui manque plus qu’à progresser sur route.

Autrement j’ai vu un très bon Julien Toniutti, le champion de France des rallyes routiers. Il a progressé à tous les niveaux, y compris sur circuit, et il n’est pas exclu que des pilotes de rallye comme lui ne viennent à l’avenir jouer le titre. Les pilotes Kawasaki aussi ont été très forts, William Milios en particulier. La seule chose que je n’ai pas aime dans ce Moto Tour, c’est de voir certains pilotes tricher avec la puissance des motos. Je ne te donnerais pas de noms car j’ai parlé avec eux et je leur ai dit ce que j’en pense. Pour moi, la plus belle des valeurs en compétition, c’est de se battre à armes égales.

Motomag.com : Comment as-tu trouvé cette édition du Moto Tour sans GPS et quels
sont tes projets d’avenir ?

Denis Bouan : Comme j’ai dit, j’ai trouvé cette édition du Moto Tour vraiment « super »
au niveau du parcours et des spéciales. Quant au road book et même si je comprends les
amateurs purs et durs de rallye, je trouve qu’il n’apporte pas vraiment plus de difficultés, à part se faire ch… le soir à monter ses feuilles. On devrait laisser ce type de navigation uniquement pour les étapes marathon, mais pas pour le reste.

En ce qui concerne l’autre grand changement de cette année, autrement dit les départs tous les 30 secondes au lieu d’une minute, je suis partagé. J’ai parlé avec un directeur de spéciale et il m’a dit qu’à ce rythme, il n’avait pas le temps de contrôler si chaque pilote avait sa dorsale, son casque bien attaché ou que la moto ne perdait pas d’huile… Il était aussi angoissé de savoir que sur une spéciale de 3,9 km il puisse y avoir la bagatelle de 7 concurrents dans le parcours et il estimait que 30 secondes ne suffisent pas aux commissaires pour dégager la moto d’un concurrent qui a chuté. C’est sûr que les départs toutes les 30 secondes
permettent à l’organisation de mieux gérer 220 concurrents, mais ça pose des problèmes.

Autre chose, je ne comprends toujours pas pourquoi il n’y a pas de moto n°0 qui devance le premier pilote qui s’élance dans une spéciale : je te jure, en partant premier, j’ai failli avoir des cartons avec des commissaires ou des spectateurs qui ne m’avaient pas entendu arriver !

En ce qui concerne mon avenir sportif, je vais continuer à courir au Moto Tour et en vitesse… Mais ma décision est prise : en 2013, je m’engage au Tourist Trophy ! J’ai longuement parlé avec John McGuinness, il m’a conseillé, nous avons partagé des bons moments sur les spéciales du Moto Tour et… il m’a poussé à franchir le pas. Je vais certainement louer un petit appartement dans l’Île de Man bientôt, pour m’entraîner et rentrer « à fond » dans l’esprit de cette course que je n’ai jamais vue, par ailleurs.

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